Un recours collectif contre des prêtres pédophiles déposé à Montréal

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La Presse Canadienne
Montréal

Un homme qui affirme avoir été victime de prêtres pédophiles alors qu'il fréquentait l'Institut des sourds et muets de Montréal entre 1967 et 1982 a déposé une requête pour autorisation d'exercer un recours collectif contre l'institut et la Congrégation des Clercs de Saint-Viateur de Montréal.

L'individu exige 600 000 $ pour lui-même mais le montant global du recours collectif pourrait s'élever à plusieurs centaines de milliers de $ puisque pour chaque victime, on réclame une somme de 100 000 $ à titre de dommages moraux, plus des montants en compensation selon la nature des actes commis.

Dans le document déposé mardi devant la Cour, on y racontre les détails sur les actes de fellation, d'attouchements et de séances de masturbation qui auraient été commis sur au moins deux jeunes garçons sourds et muets.

Le requérant, Serge D'arcy, demande l'autorisation d'intenter le recours pour lui et toutes les personnes qui auraient été abusées physiquement ou sexuellement par tout membre de la congrégation religieuse alors qu'elles étaient pensionnaires à l'institution. M. D'arcy a été pensionnaire au Centre durant les années 1964 à 1972.

Dans le document déposé par Me Pierre Boivin, Serge D'arcy affirme qu'environ un an après son admission au Centre, il a commencé à subir des abus physiques et sexuels de la part de religieux membres de la Congrégation, qui enseignaient et travaillaient au Centre

A la suite d'abus commis entre 9 et 15 ans, le requérant affirme vivre un sentiment de peur, d'angoisse et de honte. Il dit avoir gardé un lourd secret, bien enfoui, par peur d'être jugé, et ne sachant pas comment, ni à qui faire les dénonciations.

Me Boivin estime qu'en raison de ces abus physiques et sexuels, le requérant a subi de nombreuses séquelles, des troubles, des dommages et des inconvénients directs, ayant complètement désorganisé sa vie, ce qui l'a amené dans l'alcool et la drogue durant plusieurs années. On souligne même que la victime a pensé au suicide à trois reprises.

Ce n'est qu'après avoir appris que son meilleur ami eut dévoilé cet été qu'il aurait été lui-même victime d'abus sexuels de la part de religieux membres de la Congrégation, alors qu'il était pensionnaire au centre, et qu'il y aurait eu plusieurs autres victimes d'abus similaires, que le requérant a entrepris les démarches judiciaires.

Selon le requérant, l'Institut n'a rien fait pour protéger les membres du groupe des abus commis par les religieux.

L'institut était fréquenté par environ 280 jeunes par année à l'époque.

M. D'arcy évalue à 250 000 $ la perte de revenus passés et futurs, perte de productivité et perte d'avancement dans ses emplois, à 250 000 $ ses pertes non pécuniaires relativement à la souffrance physique et psychologique et 100 000 $ à titre de dommages punitifs et exemplaires.

Me Boivin espère que les procédures seront lancées dès cet automne.

Du côté des Clercs de Saint-Viateur, on n'avait pas eu connaissance du dépôt de la requête lorsque les responsables ont été rejoints par La Presse Canadienne en après-midi, mardi. Le porte-parole, Gérard Whissell, a indiqué qu'advenant la réception d'un tel document, il serait peu probable que la congrégation réagisse.

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