Les médias iraniens s'intéressent au printemps érable

Armés de casseroles, des centaines de manifestants ont... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Armés de casseroles, des centaines de manifestants ont répondu à l'appel de la CLASSE, le 22 juin dernier, pour défendre le droit à l'éducation et pour s'opposer à la loi 78 en marchant dans les rues du centre-ville de Montréal.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

(Téhéran, Iran) Anarchopanda, le carré rouge et les casseroles, symboles du mouvement de contestation étudiant au Québec, continuent d'attirer l'attention de plusieurs médias étrangers, dont ceux de la République islamique iranienne, qui voient dans les événements récents le talon d'Achille des autorités canadiennes.

«Presque tous les soirs à la télévision d'État, on voit des images des policiers en train de réprimer durement les manifestants étudiants. C'est un peu surprenant pour un pays prétendument démocratique», a dit à La Presse Massoumeh, jeune femme rencontrée lors de la grande prière du vendredi, qui se tient au coeur du campus de l'Université de Téhéran.

Les images des manifestations étudiantes et de l'affrontement entre contestataires et policiers sont diffusées presque quotidiennement par Press TV, chaîne iranienne diffusée en anglais, et intéressent l'agence de presse FARS, sous le contrôle des Gardiens de la révolution. Cette grande force paramilitaire, fidèle à l'ayatollah Ali Khamenei, a joué un rôle central dans la répression des manifestations qui ont fait rage en Iran après le scrutin présidentiel de 2009. Selon Amnistie internationale et de l'aveu même de l'Iran, au moins 43 personnes ont trouvé la mort aux mains des forces de l'ordre au cours de la contestation qui a suivi la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

«Notre agence s'intéresse aux mouvements sociaux nord-américains», soutient Mostafa Afzalzadeh, un journaliste de FARS qui a récemment consacré un documentaire à Occupy Wall Street. «Il semble que plusieurs idées avancées par les manifestants aux États-Unis comme au Québec rejoignent le discours iranien, notamment sa composante anti-impérialiste», note-t-il.

Dénoncer le Canada

Les autorités iraniennes, de leur côté, ne manquent pas de mettre en lumière les récents événements canadiens. «Vous voyez comment votre police agit à Montréal? Et les manifestations entourant le sommet du G20 à Toronto ont aussi été réprimées par des policiers pas très sympathiques. Nous avons même entendu qu'une femme a été violée par la police à cette occasion», énumère Ramin Mehmanparast, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l'Iran, en faisant référence à une journaliste, Amy Miller, qui a accusé les policiers torontois d'avoir menacé de la violer au cours de son interrogatoire. Faute de preuves, l'affaire ne s'est pas rendue devant les tribunaux.

L'Iran croit que les nombreuses allégations de brutalité policière rendent illégitimes les résolutions onusiennes condamnant la situation des droits de l'homme en Iran, que le Canada réussit à faire adopter annuellement devant l'Assemblée générale des Nations unies.

«Le Canada pourrait nous donner des leçons si le pays n'avait pas de problèmes lui-même en matière de droits de la personne. Même chose pour les États-Unis. Qui a ouvert la prison de Guantánamo? Qui a torturé des prisonniers en Irak et en Afghanistan?», demande M. Mehmanparast.

Relations glaciales

Les relations diplomatiques entre l'Iran et le Canada sont glaciales depuis la mort, il y a exactement neuf ans aujourd'hui, de la photojournaliste montréalaise Zahra Kazemi. Cette dernière a trouvé la mort lorsqu'elle était détenue à la prison d'Evin de Téhéran pour avoir pris des photos. Depuis cette tragédie, le Canada et l'Iran ont respectivement retiré leurs ambassadeurs.




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