Les Shafia réclament un nouveau procès

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Affaire Shafia

Toutes les nouvelles concernant l'affaire Shafia et la mort de quatre femmes de cette famille. »

Diana Mehta
La Presse Canadienne
Toronto

La famille Shafia, dont le père, la mère et le fils ont été reconnus coupables du meurtre prémédité de quatre personnes, demande au plus haut tribunal de l'Ontario d'ordonner un nouveau procès.

Dans des documents déposés à la Cour d'appel de l'Ontario, Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya et leur fils Hamed plaident, entre autres, que le juge à leur procès n'aurait pas dû considérer les preuves d'une experte sur les crimes d'honneur.

Les trois accusés avaient été condamnés en janvier 2012 pour quatre chefs d'accusation de meurtre prémédité en lien avec la mort de trois filles de la famille, Zainab, 19 ans, Sahar, 17 ans et Geeti, 13 ans, et de la première femme de M. Shafia, Rona Amir Mohammad, 52 ans.

Les corps des victimes avaient été trouvés le 30 juin 2009 dans une voiture au fond du canal Rideau à Kingston, en Ontario.

La Couronne avait affirmé au procès que les meurtres avaient été commis parce que les jeunes filles avaient fait honte à la famille, notamment en fréquentant des garçons. Mme Amir Mohammad aurait simplement été éliminée en même temps.

Lors de leurs témoignages, Mohammad Shafia et Tooba Yahya ont nié toute responsabilité dans la mort des quatre victimes. L'avocat de Hamed a dit à la cour que le fils avait affirmé à un détective privé opérant sous couverture qu'il était présent lorsque la voiture transportant les victimes est entrée dans le canal et qu'il avait été témoin d'un accident tragique, mais n'avait pas appelé la police à ce moment.

Le juge au procès a décrit les meurtres comme étant motivés par un «un concept tordu d'honneur».

Dans leur requête de 110 pages devant la Cour d'appel qui examine méticuleusement les détails de l'affaire, M. Shafia, sa femme et leur fils arguent par l'entremise de leurs avocats qu'ils ont pâti de «stéréotypes culturels» à leur procès.

Ils ont déploré en particulier l'admission au procès du témoignage d'une experte sur les soi-disant crimes d'honneur, soit celui de Shahrzad Mojab, professeure à l'Université de Toronto.

«Les appelants font valoir que le témoignage de Mme Mojab posait un préjudice accablant et n'aurait pas dû être admis», affirment leurs avocats.

«Son témoignage invitait le jury à conclure de manière inappropriée que les appelants avaient une prédisposition à commettre un homicide familial en raison de leur appartenance culturelle et à rejeter leur affirmation selon laquelle ils avaient un éventail différent de croyances culturelles.»

Les avocats ont aussi fait valoir que le jury avait été amené à comparer les événements dans cette affaire à des récits anecdotiques de Mme Mojab sur des meurtres sans aucun lien avec la cause courante.

Ils ont également soutenu que le juge au procès n'avait pas évalué adéquatement l'admissibilité de certaines déclarations relatées des quatre victimes avant leur mort, et n'avait pas donné les instructions appropriées au jury sur cet aspect.

M. Shafia, Mme Yahya et M. Hamed sont en détention depuis leur arrestation le 22 juillet 2009, et devront passer au moins 25 ans derrière les barreaux à partir de cette date avant de pouvoir demander une libération conditionnelle totale.

La famille avait immigré au Canada en provenance de l'Afghanistan et s'était établie à Montréal, où M. Shafia était un homme d'affaires accompli.

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