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AMF: la Vérificatrice générale dans une position délicate

Guylaine Leclerc, vérificatrice générale du Québec... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE )

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Guylaine Leclerc, vérificatrice générale du Québec

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE 

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Denis Lessard 
La Presse

Chargée de vérifier les affirmations d'Annie Trudel quant à l'existence d'un stratagème impliquant des employés de l'Autorité des marchés financiers (AMF) qui aiguilleraient vers des firmes-conseils les entreprises qui se sont vu refuser une approbation pour faire des affaires avec l'État, la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, est dans une position délicate.

La comptable-vedette a travaillé de 2006 à 2011 chez Navigant Conseil, puis chez Accuracy, une autre firme importante, jusqu'en 2015, au moment où elle a été nommée, par un vote unanime de l'Assemblée nationale, Vérificatrice générale du Québec.

Quand elle était chez Navigant, Mme Leclerc s'est vu confier les deux plus importants contrats accordés à une firme juricomptable externe par l'AMF pour les dossiers Norbourg et Mount Real. Deux dossiers pour lesquels les honoraires dépassaient le million de dollars. Des sources proches de l'AMF soulignent toutefois qu'il est bien exagéré de croire que l'évaluation de Mme Leclerc pourra être altérée par un mandat qui remonte à 12 ans.

Au début des années 2000, alors qu'elle était dans sa propre firme, Leclerc Juricomptable, elle avait décroché un contrat lucratif à la Sûreté du Québec, un engagement qui s'est prolongé sur plusieurs années.

LIENS D'AMITIÉ

Mme Leclerc avait développé des liens d'amitié avec Nathalie Drouin, ex-chef du contentieux à l'AMF. Mme Drouin est devenue par la suite sous-ministre à la Justice, puis sous-ministre adjointe au ministère fédéral de la Justice à Ottawa. Elle y a recruté Ian Paquette, directeur des enquêtes à l'AMF. Ce dernier, devenu responsable du programme de remboursement volontaire (PRV), a accordé un contrat, de gré à gré, de près de 3 millions de dollars à Accuracy.

Devant ces faits, au cabinet de Mme Leclerc, on a prévenu que celle-ci ne ferait pas de commentaires. Elle n'intervient publiquement qu'au moment où elle dépose son rapport à l'Assemblée nationale, explique sa chef de cabinet, Line Bergeron.

Jeudi, Mme Leclerc demandait avis aux membres de la Commission de l'administration publique pour le mandat que lui avait confié cette semaine le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand. 

Pour la vérificatrice Leclerc, il sera difficile d'avancer dans ce mandat tant qu'elle ne saura pas à quelle firme Annie Trudel faisait allusion dans l'entrevue accordée aux quotidiens de Québecor.

Comme juricomptable pendant 20 ans, Mme Leclerc est susceptible d'avoir traité avec des firmes soupçonnées par l'analyste Trudel.

« Ce n'est pas le genre de mandat qu'un vérificateur aime avoir », confie un spécialiste qui s'est déjà retrouvé en pareille situation. Mme Leclerc a évoqué la possibilité de confier le travail à un de ses adjoints, tout en restant responsable du dépôt du rapport. Elle devrait se distancier totalement de cet exercice, suggère-t-on.

L'AMF REVIENT À LA CHARGE

Visée par les allégations de Guy Ouellette et Annie Trudel, l'Autorité des marchés financiers est revenue à la charge hier. Dans une lettre publiée dans la section Débats de La Presse+ aujourd'hui, le président-directeur général Louis Morisset souligne que les accusateurs n'ont pas mis sur la table un seul fait pour appuyer leurs dires. 

« Une seule et réelle question demeure : avons-nous le début d'une preuve concrète, de faits précis, concordants et probants de ce qui est avancé ? La réponse est non. »

- Extrait de la lettre de Louis Morisset

« L'Autorité des marchés financiers l'a dit et le redit, il n'y a actuellement, pas plus qu'il n'y a eu dans le passé, aucun stratagème de collusion entre l'AMF et l'UPAC pour faire profiter une ou des firmes de consultants externes en particulier », insiste M. Morisset.

Il n'y a pas davantage de « "système de référencement" où l'AMF fournirait une liste de consultants aux entreprises qui font face à un avis de refus de notre part ». Bien sûr, ces firmes peuvent juger nécessaire le recours à des consultants externes pour les aider à préparer leur dossier.

Depuis l'adoption de la loi 1, sous le Parti québécois, l'autorité a reçu 4850 demandes d'autorisation. Seulement 340 avis défavorables ont été rendus pour des firmes qui avaient eu des démêlés avec la justice. Après des démarches de « réhabilitation » - des changements de dirigeants le plus souvent -, seulement une vingtaine d'entreprises se sont vu refuser leur autorisation, explique le PDG Morisset.




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