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SPVM: un ex-enquêteur dénonce du racisme et du harcèlement

Le sergent-détective Larbi Amine Zouaoui, ex-enquêteur des Affaires... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le sergent-détective Larbi Amine Zouaoui, ex-enquêteur des Affaires internes du SPVM, a envoyé au patron du service de police, Philippe Pichet, une longue lettre dans laquelle il se plaint de ses supérieurs. La Presse a obtenu une copie du document.

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Daniel Renaud
La Presse

Racisme, harcèlement psychologique, abus du droit de gérance, vol de temps, traitements de faveur, règlements de comptes, etc. : un ex-enquêteur des Affaires internes du SPVM s'attaque à ses patrons et dresse un portrait très négatif de son ancienne section, qui serait lentement devenue dysfonctionnelle et invivable à partir de 2015, décrit-il.

Ce policier est le sergent-détective Larbi Amine Zouaoui qui a envoyé au début du mois de juillet au chef du SPVM Philippe Pichet une longue lettre de plainte de 15 pages dont La Presse a obtenu copie.

Le policier, qui est en congé de maladie depuis mai dernier, a aussi déposé un grief, confirme le SPVM, dans lequel il affirmerait avoir fait l'objet de discrimination, de harcèlement psychologique et d'abus du droit de gérance de la part de ses anciens patrons. Il demanderait au SPVM d'agir de façon à mettre fin à cette situation, de lui accorder des dommages punitifs avec intérêts - dont le montant ne serait pas précisé - pour atteinte à la dignité et à la réputation et de lui rembourser toute perte de salaire subie.

LONGUE LISTE D'ALLÉGATIONS

Dans sa lettre de plainte, le sergent-détective écorche plusieurs collègues et dénonce une série de situations qu'il considère comme problématiques.

Il dit avoir été victime de propos racistes venant notamment de deux collègues qu'il avait dénoncés parce qu'il les estimait incompétents et qu'ils auraient volé du temps, motifs contre lesquels ses patrons n'auraient pas voulu sévir.

Il affirme avoir fait des pressions « à au moins huit reprises » sur un inspecteur, qui était son patron, pour qu'une enquête soit déclenchée sur un commandant qui aurait consulté une banque de données policières sans autorisation, mais que l'inspecteur n'aurait pas donné son feu vert parce que l'autre était son ami.

M. Zouaoui ajoute que ce même inspecteur et la nouvelle supérieure de ce dernier ont agi de façon à le discréditer et à l'inciter à partir. Il accuse le premier d'avoir « promis sa tête à des amis » et la seconde d'avoir nui à ses chances de promotion et de l'avoir laissé à lui-même lorsqu'il a dû se trouver une nouvelle affectation après que la Sûreté du Québec eut hérité de toutes les enquêtes internes et spéciales du SPVM dans la foulée des allégations de fabrication de preuve.

« J'ai vécu mon assignation comme un échec de carrière incroyable. Une humiliation évidente. Un lynchage sans équivoque. »

- Extrait de la plainte de Larbi Amine Zouaoui

Plus loin, il déclare qu'un commandant des Affaires internes lui doit encore 3000 $ pour une moto Harley-Davidson qu'il lui a vendue 20 000 $ en 2009 et énumère une série d'allégations concernant ce même cadre.

ESCOUADE EN DIFFICULTÉ

Dans sa plainte, M. Zouaoui souligne également les tensions qui ont commencé à apparaître au sein des Affaires internes lorsque leur grand patron, l'inspecteur-chef Costa Labos, a fait l'objet de reportages dans les médias pour une enquête dont il faisait l'objet à la Sûreté du Québec et pour laquelle il a depuis été blanchi.

« Cette situation créait une tension supplémentaire au sein de l'unité versus le reste du service de police et de ses employés qui en profitaient pour nous stigmatiser encore plus », affirme le policier dans sa plainte. Il en rajoute lorsqu'il aborde la difficulté qu'il a eue à se trouver une nouvelle niche après le transfert des dossiers d'enquêtes internes du SPVM à la SQ. 

« Règle générale, nous sommes des persona non grata dans l'ensemble des unités et cela est encore plus vrai depuis les derniers événements et que des pétitions circulent dans toutes les unités contre nous. »

- Extrait de la plainte de Larbi Amine Zouaoui

« Le SPVM a reçu le grief en question et le processus suit son cours. Des documents ont été envoyés à la Sûreté du Québec afin d'enquêter [sur] certaines informations qui s'y trouvent. Le SPVM attendra la fin de l'enquête pour bien évaluer la suite des choses », a répondu par écrit un chargé de communication de la police de Montréal à la suite de l'appel de La Presse.

Personne à la Fraternité des policiers et policières de Montréal n'était disponible ces derniers jours pour commenter le dépôt de ce grief.

Dans sa lettre, Larbi Zouaoui parle également des enquêteurs Normand Borduas et Iad Hanna, au coeur de l'enquête Escouade qui a mené à l'affaire des mandats lancés contre le chroniqueur de La Presse Patrick Lagacé. Zouaoui, Borduas, Hanna, Labos et au moins trois autres personnes nommées dans la plainte jointe au grief ont aussi pris part à l'enquête et font l'objet de reproches croisés dans le document. Trois d'entre eux sont en congé de maladie. Au moins six policiers du SPVM, dont Larbi Zouaoui, impliqués dans le projet Escouade font ou ont fait l'objet d'allégations donnant lieu à des enquêtes de la SQ.

Il y a quelques semaines, l'enquêteur Iad Hanna a lui aussi déposé un grief réclamant 250 000 $ au SPVM pour atteinte à la vie privée et à la réputation.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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