Qu’est-ce qu’un XTRA?
XTRA est une section qui regroupe des contenus promotionnels produits par ou pour des annonceurs. Les journalistes et photographes de La Presse n’ont pas collaboré à ce contenu promotionnel.
Texte : Julie Chaumont
Est-ce que ces espaces d’échange et de discussion offrent un soutien nécessaire aux mamans en congé parental (et dans les années qui suivent), ou est-ce que c’est plutôt un nid à jugements qui fait culpabiliser les jeunes mères à travers la province ?
Karine a accouché de son premier enfant il y a bientôt cinq ans. Dans notre gang d’amies rapprochées, elle arrivait bonne dernière. Les nuits infernales, les couches qui débordent, le mal aux nipples… on était déjà toutes passées par là. Bien que ça nous faisait plaisir de l’écouter et de la conseiller, elle a trouvé plus de réconfort dans son groupe de moms.
Je suis tombée sur le groupe des Mamans de Rosemont pendant mon congé de maternité 2019-2020 et ça a cliqué tout de suite », raconte-t-elle.
Ce qui est le fun avec le groupe de Karine, c’est qu’il compte juste 446 mamans – ce qui est bien peu comparé aux 8 500 des Mamans de Verdun, LaSalle et environs ou aux 3 000 des Mamans du Saguenay–Lac-Saint-Jean. En partageant avec des mères qui ont toutes accouché à peu près en même temps qu’elle, Karine a pu tisser des liens avec des femmes qui vivaient la même chose, au même moment.
« On parle même de séparation, de sexualité… de plein de sujets qu’on vit à travers nos maternités. C’est vraiment bienveillant. C’est un safe space. »
Quand le safe space devient le wrong space
L’expérience d’Élise a été moins plaisante que celle de Karine. Elle en a d’ailleurs long à dire sur le groupe Les parents de Rosemont, qu’elle « fréquentait » quand ses enfants étaient jeunes.
Les publicités de Parents gonflables de Naître et Grandir, c’est inspiré de ce groupe-là », dit-elle.
C’est d’ailleurs là le « danger » de ces nombreux groupes Facebook qui se veulent bienveillants. « Quand on rentre dans les comparaisons, il y a un risque associé », souligne la psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier. « Si c’est une comparaison qui vient normaliser, c’est une chose, mais si c’est finalement pour me comparer et me diminuer, ou chercher à être comme l’autre, c’est là qu’il faut faire attention. »
Élise raconte qu’il lui est déjà arrivé de retirer des posts parce que les commentaires qu’elle recevait lui faisaient plus de tort que de bien.
Avec le temps, j’ai compris que j’étais mieux d’aller chercher de l’info pertinente ailleurs et que pour mon ‘’village’’, j’étais mieux entourée par mes voisines et mes amies.
La psychologue Geneviève Beaulieu-Pelletier mentionne qu’il n’est parfois pas facile de quitter un groupe qui, malgré ses défauts, a pu nous apporter du soutien. « Quand on voit que ça nous cause plus d’anxiété, ou qu’on est rendu à avoir une vision plus négative quand on a consulté notre fil d’actualité et qu’on a vu certains posts du groupe, c’est bon de prendre une pause. » Encore faut-il s’en rendre compte…
Groupe privé… ouais, ouais
Même s’il faut répondre à quelques questions pour être admise dans un groupe de mères sur Facebook, c’est facile de bullshitter. Il ne m’a fallu que quelques heures pour être admise dans le groupe Les mamans de Villeray et Petite-Patrie alors que je n’habite même pas dans ce quartier.
On ne sait jamais vraiment qui se trouve sur les différents groupes « privés » et si ce qu’on post ne pourrait pas se retrouver ailleurs, genre sur des groupes créés pour rire des autres.
Le segment de l’émission Même le week-end au 98,5, avec le journaliste Frédéric Labelle au sujet d’un groupe de ce genre m’a un peu donné mal au cœur. On raconte qu’on y a ri d’une maman qui parlait du deuil de son bébé en commentant : « Ça va faire de la place en garderie », et qu’on ne s’y gênait pas pour partager des screenshots d’enfants qu’on trouve laids juste pour se moquer.
Alors, toxiques, les groupes Facebook de mamans ? À l’occasion. Mais sur Internet, il n’y a pas grand recoin qui n’a pas le potentiel de devenir un terrain glissant. Suffit de faire attention.