Quand l’auteur des Rivières pourpres s’allie avec un photographe ayant ses entrées dans la face cachée de Tokyo, le résultat est forcément écarlate.

Publié le 29 avril
Sylvain Sarrazin
Sylvain Sarrazin La Presse

Jean-Christophe Grangé et Patrick Siboni, tous deux passionnés de la culture et de la contre-culture nippones, nous plongent à travers textes et images dans les rues de la capitale, d’abord sages et conventionnelles, pour devenir au fil des pages de plus en plus interdites.

L’écrivain, qui avait sondé les secrets nocturnes de la ville lors de recherches pour l’un de ses ouvrages, en décrit et décortique tous les aspects, mettant la table avec l’hallucinante gastronomie locale, embrayant sur le contraste entre culture traditionnelle et culture pop, pour finalement plonger tête première dans les zones rouges d’un Tokyo déjà sur les braises.

Érotisme déjanté, corps striés de cordes, hommes de latex tenus en laisse… Tandis que Grangé nous apporte de sidérants éclairages sur les mécanismes sociaux et culturels qui font tourner cette machine obscure, l’objectif de Siboni se glisse dans les lieux les plus interdits pour en tirer des clichés ne pouvant laisser indifférent.

La beauté et la variété de ces images tantôt tamisées, tantôt électriques, alliées aux textes fouillés et instructifs de l’ouvrage, font de ce Tokyo pourpre un voyage à paliers nous enfonçant toujours plus profondément dans un état de fascination.

Tokyo pourpre

Tokyo pourpre

Albin Michel

304 pages