Michelle Bouchard, 40 ans, est ménopausée depuis quelques mois. Une ménopause qu'on peut qualifier d'artificielle, induite par la chimiothérapie et la médication.

Publié le 9 déc. 2013
Sophie Allard LA PRESSE

Michelle a reçu un diagnostic de cancer du sein en mai 2012. Trois mois plus tard, elle a eu ses dernières menstruations. Depuis, plus rien. «La ménopause s'est installée subitement. Du jour au lendemain, j'ai cessé d'avoir mes règles, j'ai eu des chaleurs incroyables la nuit pendant cinq mois. Je n'y croyais pas.» La mère de Michelle est morte du cancer du sein à l'âge de 48 ans. Par prévention, Michelle avait un suivi médical serré. Une chance. Une mammographie de routine a révélé deux masses cancéreuses dans un sein. En juin, elle était sur la table d'opération: mastectomie complète. La chimiothérapie a suivi.

Dès la première séance, ses ovaires ont cessé de fonctionner. La ménopause s'est installée brusquement. «Tout arrivait en même temps, j'ai trouvé ça très gros à gérer, confie cette maman de deux adolescents. L'infirmière me parlait de chimiothérapie, de ménopause, de sécheresse vaginale, de lubrifiant. Je tenais la main de mon conjoint, j'en oubliais des bouts.»

Un espoir malgré tout

La ménopause précoce peut être déclenchée par la chimiothérapie, par la radiothérapie et par certains médicaments. Plus la patiente est âgée, plus l'aménorrhée - et l'insuffisance ovarienne - tendent à être irréversibles.

«Certaines patientes retrouvent le fonctionnement de leurs ovaires après les traitements. Les cycles menstruels reviennent», précise la Dre Sylvie Dodin.

Par contre, c'est souvent définitif, puisque la réserve ovarienne ne sort pas intacte de ces traitements-chocs. Plusieurs oeufs sont détruits. Et quand une ovariectomie bilatérale s'avère nécessaire, il n'y a aucun doute, c'est la fin de la vie reproductive.

Michelle a terminé ses traitements de chimiothérapie. Elle est sous médication et elle se porte bien. Ses symptômes de ménopause ont diminué au rythme où ses cheveux ont poussé. «Depuis trois mois, j'ai complètement retrouvé mon énergie. Je cours avec plus d'aisance, moins de fatigue. Je suis en parfaite maîtrise de moi-même. Je suis la même personne qu'avant. Un sein en moins.»