Une récente publication sur l'utilisation de vitamine C injectable par des gens atteints de cancer a mis le feu aux poudres

JEAN-THOMAS LÉVEILLÉ LA PRESSE

Le pharmacien, blogueur, auteur et animateur télé Olivier Bernard se dit victime « de menaces, d'attaques et de tentatives d'intimidation » en lien avec ses écrits.

Celui qui est mieux connu sous le pseudonyme Le Pharmachien a dénoncé la situation dans une longue publication sur les réseaux sociaux, hier midi, annonçant par le fait même avoir « besoin d'une pause ».

En plus de menaces directes à son intégrité physique, il évoque également des appels à porter plainte contre lui à l'ordre professionnel des pharmaciens, des pressions faites sur Radio-Canada, qui diffuse son émission, la publication de l'adresse de son lieu de travail, ou encore des appels au boycottage des livres de sa conjointe India Desjardins, qui « n'a absolument rien à voir là-dedans ».

Sans identifier nommément qui s'en prend à lui, il pointe les « gens qui soutiennent la cause de la vitamine C injectable pour le cancer » et qui lui reprocheraient une publication récente sur le sujet, dans laquelle il fait état de l'absence de preuves scientifiques sur son efficacité.

Olivier Bernard a aussi « émis certains doutes » concernant le fait que le député caquiste Youri Chassin parraine une pétition demandant à Québec d'autoriser les médecins à prescrire la vitamine C en complément de traitements contre le cancer et que le tout soit payé par la Régie de l'assurance maladie.

« Je vous épargne évidemment les pages et les pages d'insultes, où on me souhaite entre autres d'avoir un cancer, où on rit de mes problèmes de fertilité avec ma conjointe », écrit-il dans sa publication, qui a généré près de 10 000 réactions et quelque 2500 commentaires.

Il précise avoir conservé ces messages « au cas où [il devrait] prendre les mesures légales nécessaires pour que ça cesse ».

Olivier Bernard n'avait pas rappelé La Presse au moment d'écrire ces lignes.

Youri Chassin n'était pas non plus joignable pour commenter la nouvelle, son bureau ayant indiqué à La Presse qu'il était à l'extérieur du pays.

Besoin d'une pause

Olivier Bernard dit bien connaître « ces stratégies d'intimidation », qui sont « les mêmes qui ont été bien documentées comme les armes de prédilection du mouvement anti-vaccins aux États-Unis ».

Il explique que ces stratégies consistent à décrédibiliser les opposants auprès de leurs employeurs, à s'en prendre à leurs proches et à révéler publiquement leur adresse personnelle ou professionnelle, un phénomène baptisé « doxxing » en anglais.

« On me demande souvent pourquoi il n'y a pas plus de scientifiques qui s'impliquent en communication et en vulgarisation auprès du grand public. Voilà pourquoi », dit-il.

À la suite de cette vague de menaces, Olivier Bernard dit avoir « atteint la limite de ce [qu'il est] capable de prendre psychologiquement dans cette affaire ».

Par conséquent, il indique qu'il ne se consacrera plus à ce sujet, disant « avoir besoin d'une pause » et concluant son message en écrivant : « Oui, ils/elles ont gagné en ce sens ».