Facebook est en train de mettre sur pied une « salle de crise » (war room) installée au siège social du groupe, destinée à déjouer « en temps réel » les tentatives de manipulation des élections, ont annoncé des responsables du groupe américain.

AGENCE FRANCE-PRESSE

« Nous construisons une salle de crise à Menlo Park [où est situé le siège social de Facebook, au sud de San Francisco] pour les élections au Brésil et aux États-Unis », a expliqué mercredi Samidh Chakrabarti, responsable « élections et engagement civique » lors d'une conférence téléphonique consacrée aux mesures prises par Facebook pour limiter, voire empêcher la manipulation politique de scrutins par l'entremise des publications circulant sur la plateforme.

Cloué au pilori depuis deux ans pour ne pas avoir su combattre ces campagnes de désinformation, en particulier pendant la présidentielle américaine de 2016, Facebook n'en finit plus de promettre de faire mieux et détaille régulièrement ses différentes mesures.

Facebook est « en permanence » à l'affût de des campagnes de désinformation dans le monde entier et passe son temps à supprimer faux comptes et contenus litigieux, mais ce « centre de commandement » sera en mesure « de prendre des décisions en temps réel » en cas du « pire des scénarios », comme des afflux de messages trompeurs à l'approche des élections ou le jour même du scrutin, a expliqué M. Chakrabarti.

Il a cité comme exemple des messages erronés indiquant que l'on pouvait voter par messages textes, comme cela s'est produit lors de scrutins précédents.

La salle devrait être opérationnelle pour l'élection présidentielle au Brésil, dont le premier tour est prévu le 7 octobre. Les élections de mi-mandat aux États-Unis doivent se dérouler le 6 novembre.

Des campagnes de manipulation politique, prenant le plus souvent la forme de publications sur des sujets polémiques dans le but de diviser encore davantage la société, ont été attribuées par Facebook a une officine russe, elle-même liée au Kremlin, selon les services de renseignements américains.

Facebook a aussi récemment détecté des tactiques similaires venant d'Iran.

Le réseau est « mieux préparé » contre les tentatives de manipulation d'élections, avait une nouvelle fois assuré son patron, Mark Zuckerberg, dans un long texte sur le sujet diffusé la semaine dernière.

Pour autant, avait-il poursuivi, « nous faisons face à des adversaires sophistiqués et bien financés. Ils ne lâcheront pas et continueront à évoluer ».