Le chef de la CIA John Brennan a apporté mercredi son soutien au FBI, engagé dans un bras de fer juridique et médiatique avec Apple sur l'accès aux contenus d'iPhone dans des enquêtes judiciaires.

Publié le 24 févr. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je pense que le FBI est clairement légitime lorsqu'il cherche à savoir ce qu'il y a dans un téléphone dans le cadre d'une enquête très active» comme celle de la tuerie de San Bernardino, a déclaré M. Brennan dans une interview à la radio publique américaine NPR.

«Je ne pense pas personnellement qu'il doit y avoir un endroit où les terroristes, ou les criminels, ou toute autre personne cherchant à violer la loi, puisse bénéficier d'une totale impunité», a-t-il estimé.

Apple se retrouve au coeur d'une bataille juridique après qu'une juge américaine a exigé qu'il aide la police fédérale (FBI) à accéder au contenu crypté de l'iPhone d'un des auteurs radicalisés de la fusillade de San Bernardino, qui avait fait 14 morts début décembre en Californie.

Les enquêteurs veulent pouvoir accéder au contenu de l'iPhone 5c de Sayed Farook, un Américain auteur avec sa femme, Tashfeen Malik, de cette tuerie.

Mais la firme à la pomme s'oppose à cette requête, ainsi qu'à d'autres requêtes judiciaires du même type, au nom du droit à la vie privée et de la sécurité des propriétaires d'iPhone.

Elle est soutenue par des dirigeants du secteur, comme le patron de Facebook Mark Zuckerberg ou ceux de Google, Yahoo, Mozilla et Twitter.

Le cofondateur de Microsoft Bill Gates s'est toutefois dissocié du soutien de la Silicon Valley à Apple, reconnaissant que les géants technologiques devraient être forcés à coopérer avec la police.

Pour John Brennan, le cyber-environnement et ses messageries et sites de stockages de données ne peut pas constituer un monde à part, échappant à l'autorité des gouvernements et des États.

«Le gouvernement veut assumer ses responsabilités dans ce domaine, tout comme il les assume dans le domaine réel», a-t-il estimé.

«Que diraient les gens si une banque avait un coffre (...) auquel l'autorité publique ne pouvait avoir aucun accès (...) et que les criminels, terroristes, etc., pourraient utiliser ?», a-t-il demandé.