L'ancien patron de Google en Chine, Lee Kai-Fu, s'est déclaré mardi optimiste sur l'avenir de l'immense communauté des internautes chinois, malgré l'implacable censure dont il est devenu lui-même la dernière victime.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Cet Américain né à Taïwan est l'une des personnalités les plus suivies sur les réseaux sociaux chinois, avec 30 millions d'abonnés sur Sina Weibo et 24 millions sur Tencent Weibo, les deux poids lourds des services de microblogues en Chine.

Dans un message publié dimanche sur Twitter, M. Lee a annoncé que ses comptes Weibo avaient été neutralisés depuis trois jours, un bannissement qui a provoqué pas mal de remous chez ses dizaines de millions d'admirateurs.

L'influent homme d'affaires ne s'est pas privé par le passé de critiquer la censure en Chine. Il a également longuement décrit et commenté l'élection présidentielle à Taïwan, alors que le régime communiste à Pékin juge non transposable un tel un scrutin démocratique en Chine continentale.

Mardi, dans un message publié sur le réseau professionnel LinkedIn, Lee Kai-Fu a reconnu avoir été «ces trois dernières années l'un des membres des réseaux sociaux chinois qui se sont le plus fait entendre».

«Je ne suis pas un militant et je ne poursuis pas de but politique. Je suis considéré comme un microblogueur modéré mais direct», a-t-il ajouté, en s'abstenant de toute critique frontale des autorités.

«Malgré les revers et les obstacles, je suis convaincu qu'émerge en Chine une population importante de cybercitoyens responsables, qui vont façonner l'avenir de la Chine», a également écrit M. Lee. «J'ai hâte de revenir quand prendra fin cette pause».

En Chine, la censure est très active sur l'internet pour empêcher toute critique du gouvernement ou mention de la question des droits de l'Homme. La Toile est expurgée de sites politiquement sensibles et Pékin contrôle étroitement la communauté des plus de 560 millions d'internautes.