Sur papier, le casque de réalité virtuelle le plus avancé n'a pas été conçu aux États-Unis ou en Asie, mais plutôt rue Sainte-Catherine, à Montréal. Le Totem, de Vrvana, se distingue de ses concurrents par son ambition.

Publié le 12 févr. 2016
Jean-François Codère LA PRESSE

C'est que le Totem n'est pas qu'un « casque de réalité virtuelle ». Il fait aussi dans la réalité augmentée, grâce à ses deux caméras placées à l'avant, une particularité unique.

La réalité virtuelle isole l'utilisateur du monde qui l'entoure. La réalité augmentée, elle, ajoute des éléments virtuels à l'environnement réel. Le Totem peut jouer sur les deux tableaux, selon que l'on utilise ou non ses caméras à l'avant.

« C'est le premier élément qui nous distingue de nos concurrents », explique Marc-Olivier Lepage, chef des opérations et cofondateur de l'entreprise.

« Ça permet aussi de revenir rapidement à la réalité en cas de besoin en activant les caméras avec un bouton, plutôt que de devoir enlever le casque. »

Les caméras permettent aussi au Totem de se repérer dans l'espace et, donc, de mieux reproduire les déplacements, sans employer d'appareil externe, comme ses rivaux Oculus Rift et HTC Vive.

Mais ce n'est pas la seule différence. Même les casques de réalité virtuelle les plus évolués ne sont essentiellement constitués que d'un écran et de capteurs. Le Totem, lui, ajoute un processeur qui lui permet de réduire certains délais de traitement d'image, entre autres.

Dans le monde de la réalité augmentée, le Totem devra notamment rivaliser avec HoloLens, de Microsoft. Il dispose pour cela d'un avantage technique important, puisque son champ de vision est nettement plus grand.

DEUX MARCHÉS, DEUX STRATÉGIES

À quand la mise en marché d'un premier Totem ? La réponse dépend du client. C'est que Vrvana cible deux marchés, celui des consommateurs et celui des entreprises.

« Pour les consommateurs, ce sera difficile d'y aller par nous-mêmes. Notre plan est de nous associer à un grand fabricant pour faire soit un ensemble complet, soit un ensemble auquel on ajoute un téléphone intelligent comme le Gear VR. »

De sérieuses démarches sont déjà en cours en ce sens. Les cofondateurs de Vrvana ont passé les trois derniers mois de 2015 dans la Silicon Valley et l'un d'eux est en Asie, précisément dans ce but.

« Tout dépend de la vitesse à laquelle on pourra en venir à une entente, indique M. Lepage. Si tout va très bien, peut-être qu'on pourrait lancer quelque chose à la fin de l'année. »

Dans le marché des entreprises, les possibilités sont nombreuses : simulation, formation, travail collaboratif, etc. De grandes entreprises ont déjà manifesté leur intérêt et Vrvana estime qu'elle pourra faire cavalier seul dans ce créneau.

La prochaine étape sera la production d'une petite série d'un nouveau prototype, à la fin d'avril ou au début de mai.

LE TOTEM DE VRVANA

Confort 

Le modèle testé s'ajuste bien et est léger. La possibilité de voir devant soi par le truchement des caméras aide à se sentir à l'aise.

Équipement nécessaire

Un ordinateur puissant

Prix

Inconnu

Qualité générale

L'équipe de Vrvana a encore certains problèmes à résoudre, et il faudra voir le prix, mais son produit se distingue par son ambition.