Les attentes particulièrement élevées des acheteurs et des investisseurs envers son nouvel iPhone n'ont pas suffi à faire broncher Apple.

Alain McKenna, collaboration spéciale LA PRESSE

Refusant d'embarquer dans le jeu de la surenchère technologique de ses rivaux, Samsung en tête, le fabricant californien a dévoilé mercredi un iPhone 5 qui mise plutôt sur la force de son écosystème de services et de contenu numérique.

Le nouvel iPhone 5, qui sera mis en marché au Canada dès le 21 septembre, constitue une évolution logique du design qui a jusqu'ici défini son produit par rapport à ses rivaux, à système Android et BlackBerry surtout: élégant boîtier en aluminium offert en blanc ou en noir, écran Retina Display de 4 pouces, connexion cellulaire LTE de quatrième génération (4G) et nouveau processeur A6 multicoeur assurant une performance accrue et une autonomie prolongée.

Sa fiche technique n'a peut-être pas tout ce qu'il faut pour rendre jaloux Samsung et son Galaxy S3, numéro un dans marché des téléphones intelligents, mais ce sera suffisant pour attirer de nombreux acheteurs dans les boutiques Apple, assure Frank Gillett, analyste principal chez Forrester Research.

«Ce n'est peut-être pas tout à fait ce que les inconditionnels espéraient, mais les attentes sont toujours démesurées quand Apple prépare un lancement de nouveau produit. Je pense que là où Apple tire son épingle du jeu, c'est du côté de l'expérience d'utilisation au quotidien. Grâce à son intégration avec le logiciel et la boutique iTunes, au service iCloud et à l'écosystème d'accessoires conçus sur mesure, l'iPhone 5 marque un très grand pas en avant pour Apple et pour ses nombreux clients», dit-il.

Comme plusieurs de ses homologues, qui prédisent la vente de 10 millions d'iPhone 5 la première semaine de sa mise en marché seulement, M. Gillett demeure optimiste pour Apple.

«Le marché des téléphones intelligents est en croissance, Apple est en croissance, et voir l'attention qu'on lui porte, l'iPhone connaîtra lui aussi une forte croissance au chapitre des ventes cet automne.»

Une des caractéristiques absentes du nouvel iPhone est, notamment, la technologie NFC, une puce qui, selon plusieurs, devrait ouvrir le marché des transactions mobiles. iOS 6, le logiciel qui anime l'appareil, est doté d'une application de portefeuille électronique, Passbook, qui devait justement en profiter.

Cette absence ne refroidit pas l'ardeur des nombreux commerçants qui misent sur ce service afin de renforcer la relation avec leur clientèle.

«L'application pour iPhone est de loin la plus populaire de toutes nos applications», assure Adam Brotman, directeur des opérations numériques chez Starbucks. Depuis un an, la chaîne de café américaine affirme avoir effectué 64 millions de transactions par l'entremise de ses applications, une majorité à partir de l'iPhone, d'Apple.

Passbook utilise le capteur GPS du téléphone afin de deviner que son propriétaire se situe en succursale et qui, automatiquement, fait surgir à l'écran son code de fidélité pour un paiement accéléré. M. Brotman ne voit que du positif dans ce nouveau service.

«Ça renforce la loyauté de nos clients, c'est certain: le service est plus rapide et le traitement de la commande est moins compliqué. Je pense que l'iPhone 5 devient instantanément le moyen le plus rapide de payer pour un café chez nous.»

Plus de films et de jeux sur les iPod

Le thème de la conférence d'Apple devait être la musique. Ça a surtout été un prétexte pour dévoiler une nouvelle gamme d'iPod plus polyvalente, axée sur le jeu vidéo.

Sur scène, le PDG, Tim Cook, a rappelé qu'iTunes offre quelque 175 000 jeux pour iPhone et iPod Touch.

Eddy Cue, son bras droit responsable des baladeurs numériques, a aussi insisté sur les talents multimédias de ses nouveaux jouets, qui incluent un iPod Nano à petit écran «panoramique» et un iPod Touch reprenant l'essentiel des caractéristiques de l'iPhone 5.

«L'iPod Touch n'est pas seulement un baladeur, c'est la console de jeu vidéo la plus vendue au monde, et elle est désormais sept fois plus rapide que le modèle précédent», a-t-il affirmé.