(Melbourne) Pour une deuxième année consécutive, Félix Auger-Aliassime sera de la deuxième semaine des Internationaux de tennis d’Australie.

Mis à jour le 22 janvier
Stephanie Myles La Presse Canadienne

Le Montréalais de 21 ans, neuvième tête de série, a aisément vaincu le Britannique Daniel Evans 6-4, 6-1, 6-1 dans un match de troisième ronde samedi à Melbourne Park.

« Je ne pourrais pas être plus heureux. On a disputé une première manche très serrée. Savoir que j’ai si bien servi pendant tout le match et que j’avais de bonnes sensations, ça me permet de croire que si je continue comme ça, de bonnes choses vont arriver », a expliqué Auger-Aliassime en conférence de presse.

Même si les attentes sont élevées, le demi-finaliste aux plus récents Internationaux d’Australie essaye de profiter le plus possible de chaque minute passée sur le terrain, sans trop penser aux conséquences de ses victoires. « C’est difficile de se projeter trop loin. J’aurais très bien pu perdre mes deux premiers matchs. Rien n’est garanti dans ce sport. »

En huitièmes de finale, lundi, Auger-Aliassime croisera le fer avec le vétéran croate Marin Cilic, classé 27e. En fin de soirée samedi, Cilic a éliminé le Russe Andrey Rublev (5e) 7-5, 7-6 (3), 3-6, 6-3.

Ce sera le quatrième duel entre Auger-Aliassime et Cilic, et le Croate a gagné les trois premiers. La plus récente victoire de Cilic face au Québécois remonte à juin dernier, en finale du tournoi de Stuttgart, sur gazon.

PHOTO ANDY BROWNBILL, ASSOCIATED PRESS

Marin Cilic

Dans un autre match du simple masculin, le Russe Daniil Medvedev, deuxième tête de série, a vaincu le Néerlandais Botic van de Zandschulp 6-4, 6-4, 6-2. Au prochain tour, il se mesurera à l’Américain Maxime Cressy, qui a éliminé l’Australien Christopher O’Connell 6-2, 6-7 (6), 6-3, 6-2.

Le Grec Stefanos Tsitsipas (4e) a également eu besoin de quatre manches pour vaincre le Français Benoit Paire 6-3, 7-5, 6-7 (2), 6-4. Il retrouvera l’Américain Taylor Fritz, qui a pris cinq manches pour prendre la mesure de l’Espagnol Roberto Bautista Agut, 6-0, 3-6, 3-6, 6-4, 6-3.

L’autre duel de quatrième tour réunira l’Italien Jannik Sinner (11e) et l’Australien Alex de Minaur (32e), qui ont respectivement éliminé le Japonais Taro Daniel et l’Espagnol Pablo Andujar.

Dimanche, en quatrième ronde, le Canadien Denis Shapovalov, 14tête de série, affrontera l’Allemand Alexander Zverev, classé troisième, dans un duel qui ne commencera pas avant 23 h, heure du Québec.

Davantage à sa place

C’est la quatrième fois à ses cinq dernières tentatives que Auger-Aliassime accède à la deuxième semaine d’activités d’un tournoi du Grand Chelem.

Ce palmarès inclut des présences en demi-finale aux Internationaux des États-Unis, en septembre dernier, et en quarts de finale des Internationaux de Wimbledon, en juillet 2021.

Ça commence à ressembler à un territoire qui lui est de plus en plus familier.

« C’est comme toute chose dans la vie. Lorsque vous atteignez de nouvelles étapes, vous ne vous sentez pas, disons, aussi à l’aise, ou vous avez l’impression de vous trouver hors de votre zone de confort. Maintenant, bien sûr, en jouant de plus en plus de tournois du Grand Chelem et après avoir participé à une demi-finale, je me sens davantage à ma place », a observé Auger-Aliassime.

Le tennisman montréalais a survécu à deux matchs éprouvants à ses deux premières sorties à Melbourne Park cette année. Lors du premier tour, mardi, il accusait un recul de deux sets à un avant de venir à bout du Finlandais Emil Ruusuvuori en 3 h 40 minutes de jeu.

En deuxième ronde, deux jours plus tard, il a eu besoin de 4 heures 20 minutes pour prendre la mesure de l’Espagnol Alejandro Davidovich Fokina en quatre manches qui ont toutes nécessité des bris d’égalité.

Evans présentait un défi différent.

Il y a un an à Melbourne Park, le Britannique avait corrigé Auger-Aliassime 6-2, 6-3 en finale d’un tournoi préparatoire en vue des Internationaux d’Australie.

Pour le Québécois, il s’agissait alors d’une septième défaite en autant de tentatives à une finale d’un tournoi (il en a ajouté une huitième depuis). Et pour Evans, alors âgé de 30 ans, il s’agissait d’un premier titre en carrière à un tournoi de l’ATP.

Un an plus tard, même s’il est toujours à la recherche de ce premier titre, le mûrissement du Canadien est évident. Dans une situation d’une envergure bien plus élevée, il a produit un résultat nettement plus positif.

« Je n’avais pas l’attitude dont j’avais besoin [l’an dernier]. Je n’avais pas l’envie. Je ne servais pas aussi bien. Mon niveau de jeu, la personne que j’étais, alors, n’a aucune ressemblance à ce que je suis aujourd’hui », a décrit Auger-Aliassime au sujet de cette finale.

Aujourd’hui, je suis plus stable mentalement. Je sais ce que je veux faire sur le court. Je suis prêt à faire face à différentes situations. Et aujourd’hui [samedi], les choses se sont bien passées pour moi. J’ai bien servi du début à la fin. Un premier set serré, mais après ça, deux bons sets. Je ne peux pas en demander davantage.

Félix Auger-Aliassime

Dans sa victoire samedi, Auger-Aliassime a produit des statistiques étincelantes. Il a claqué 16 ans et n’a commis que trois doubles fautes. Il a accumulé 40 coups gagnants et n’a commis que 21 erreurs directes.

« Deux fois plus de coups gagnants que d’erreurs est un très bon ratio. Comme joueur, si vous pouvez demeurer dans cette zone où vous pouvez vraiment frapper, faire mal à votre adversaire, tout en limitant les erreurs à un minimum — c’est l’idéal », a-t-il noté.

Avec la contribution de John Pye de l’Associated Press