(Montréal) Que peuvent bien avoir en commun Wayne Gretzky, Sidney Crosby, Mike Tyson, Floyd Mayweather, Pele et Lionel Messi ? Réponse : ils figurent tous parmi les plus grands de leur discipline, historiquement, sans avoir été les plus grands, physiquement.

Michel Lamarche
La Presse canadienne

Ces six illustres athlètes servent d’inspiration pour la Québécoise Leylah Annie Fernandez qui, à cinq pieds quatre pouces — elle gagnera peut-être encore un pouce, croit son père Jorge — et à l’âge de 17 ans, n’en a pas moins de grandes ambitions au moment où sa carrière ne fait que commencer sur la scène du tennis féminin international.

« Je lui ai montré les meilleurs champions au monde qui ne sont pas plus grands que la norme. En fait, qui sont plus petits que la norme. J’ai commencé avec Mike Tyson. Il était un poids lourd, mais il était petit. Messi est très petit, mais c’est un monstre au niveau international. Je lui ai montré aussi Floyd Mayweathyer », a expliqué Jorge au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne depuis Boynton Beach, en Floride.

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Lionel Messi, du FC Barcelone, lors d’un affrontement contre l’Atletico Madrid, en janvier dernier

Au-delà de leur taille inférieure à la moyenne de leurs coéquipiers et rivaux, le point commun de tous ces athlètes, renchérit le paternel, est leur intelligence.

« C’est leur habileté à analyser ce qui est en train de se passer dans le moment et d’avoir une solution au problème qu’ils sont en train d’affronter. Ce sont d’excellents étudiants du jeu, ce sont d’excellents techniciens et ils ont, dans la plupart des cas, un jeu complet », ajoute-t-il.

« C’est là où l’apprentissage franchit une autre étape. On commence par analyser pourquoi ils se sont rendus là : vitesse, comment analyser les angles, avoir à cœur de ne jamais abandonner, la mentalité forte, de toujours être courageux et d’aller chercher la victoire. Il y a beaucoup de choses qu’elle a pu apprendre à travers ces analyses. »

Leylah avoue qu’au début, elle ne saisissait pas nécessairement le lien entre ces athlètes et le tennis.

« Pourquoi me parlait-il de boxeurs, de joueurs de foot ? Bien sûr, j’aime bien les regarder, mais je n’avais aucune idée pourquoi. Mais au cours des années, j’ai compris ce qu’ils avaient en commun et j’ai compris ce qu’il veut que je regarde, que j’analyse pour implanter dans mon jeu. »

Cette intelligence dont parle son père est déjà très présente dans le jeu de Fernandez, affirme Sylvain Bruneau, l’entraîneur de Bianca Andreescu.

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Bianca Andreescu et son entraîneur, Sylvain Bruneau

« Elle a un super beau jeu. C’est un tennis intelligent, très varié. Ce n’est pas juste du tennis en puissance. »

Bruneau est également impressionné par son attitude d’inlassable combattante, au point de la qualifier de guerrière et il a la conviction qu’elle parviendra à faire sa place sur l’échiquier du tennis féminin.

« Elle ne donne pas un pouce, elle a une résilience, une combativité exceptionnelle. Dans son cas, ça va un peu avec son style de jeu. Tout a été bien conçu, bien pensé, bien modelé. C’est un peu sa nature, sa personnalité d’être comme ça. C’est une qualité qu’on peut améliorer, mais je pense que c’était en elle, point à la ligne », ajoute Bruneau, lui-même un adepte de biographies, que ce soit des sportifs, des politiciens, des artistes ou des philosophes.