(Zhangjiakou ) « Lamb, lamb, lamb ! » Un employé en combinaison blanche arrive de la gauche, un autre de la droite, et ils entourent Simon. Voyons, ont-ils peur que mon collègue saccage le buffet ?

Publié le 19 février
Émilie Bilodeau
Émilie Bilodeau La Presse

Non ! Ils sont juste hyper enthousiastes de lui décrire la nature du plat qui se trouve devant lui, de l’agneau. Pourtant, le nom de chaque mets est écrit en blanc sur un carton bleu devant les réchauds.

Cette scène n’a plus rien d’inhabituel. Malgré la froideur de leur one-piece de protection contre les matières dangereuses, les Chinois se montrent chaleureux et accueillants.

On entend parfois qu’ils sont forcés par le gouvernement d’être bénévoles aux Jeux. Dans des entrevues effectuées avant de m’envoler pour la Chine, on m’avait aussi mentionné que le peuple pouvait se montrer distant face aux étrangers.

Ce n’est pas ce qu’on constate dans la bulle olympique.

Un journaliste qui cherche un renseignement devient magnétique. Où sont les toilettes ? Trois Chinois accourent pour trouver la réponse. Quand passera la prochaine navette ? Un attroupement de bénévoles se forme, encore.

À l’hôtel à côté du nôtre, où l’on mange au restaurant, les préposés à l’accueil nous saluent toujours dynamiquement. C’est rendu un running gag à savoir qui d’entre eux ou de nous feront les plus grands signes des bras et des mains. On rit !

À la Saint-Valentin, une équipe très énergique pour l’heure matinale nous a offert une rose, juste avant notre test de dépistage de la COVID-19.

Lors d’une journée plus tranquille au centre de presse du parc à neige Genting, j’ai demandé s’il restait du thé pour me réchauffer après l’entraînement de l’équipe canadienne de ski cross. Une bénévole a sorti un sachet de son sac personnel. « Oui, mais celui-ci est meilleur, m’a-t-elle dit. Il est chinois. »

Un soir, une bénévole est venue m’offrir un repas parce que j’étais l’une des dernières journalistes au centre de presse. Une autre m’a donné une collection de cartes postales à rapporter à la maison. Une plus jeune s’est timidement approchée de moi pendant que j’écrivais un article : « Vous avez de beaux cheveux », a-t-elle dit, les siens coiffés en deux longues « lulus » noires.

Lou, la francophile dont Simon a parlé dans une carte postale, nous a attendus devant la porte de notre chambre pour nous remettre un mystérieux sachet d’infusion. Elle dit avoir fait le pied de grue pendant une heure pour être sûre de ne pas nous manquer. Pourquoi n’a-t-elle pas cogné ? On l’ignore.

Peut-être qu’il y a des bénévoles contraints de travailler aux Olympiques, mais que ce soit lorsqu’on partage un ascenseur, lorsqu’on commande un repas au restaurant ou lorsqu’on traverse le détecteur de métal à la sortie de l’hôtel, ils se montrent toujours courtois et dévoués. Ils ont même l’air de sourire derrière leur masque.

Mais évidemment, ce sont des exemples à l’intérieur de la bulle olympique. Qui sait ce qui se passe à l’extérieur ?