Elizabeth Hosking a fait de l’effet dans son cercle d’amis quand elle a annoncé qu’elle participerait aux X Games.

Publié le 20 janvier
Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

« Les X Games ? 

— Oui, oui, les X Games… »

Pour la première fois, la planchiste de 20 ans s’alignera dans la compétition culte des sports extrêmes, dont le volet hivernal se déroulera de vendredi à dimanche à Aspen, chic station du Colorado.

« Dans notre sport, les X Games, c’est gros, a-t-elle noté en entrevue lundi. Mais pour moi, qui suis seulement une sportive qui adore regarder les Jeux olympiques, qui adore regarder tous les sports, les Jeux olympiques, c’est quand même plus gros. C’est un rêve de jeunesse. »

Car non seulement elle est l’une des huit spécialistes de la demi-lune à avoir reçu une invitation pour les X Games, mais elle sera du grand voyage pour les Jeux olympiques de Pékin.

Canada Snowboard a officiellement dévoilé son équipe par communiqué lundi. Avec un total de 19 athlètes – ou riders… –, le contingent compte sur ses têtes d’affiche habituelles, dont les médaillés olympiques Laurie Blouin, Sébastien Toutant, Mark McMorris et Maxence Parrot, qui, lui, était déjà qualifié.

Plus jeunes membres de toute l’équipe olympique canadienne en 2018, Éliot Grondin et Elizabeth Hosking, 16 ans à l’époque, disputeront déjà leurs deuxièmes Jeux olympiques.

Cette fois, ils peuvent chacun prétendre au podium. En bronze aux derniers Championnats du monde, Grondin, un Beauceron de Sainte-Marie, a remporté deux autres médailles en snowboard cross sur le circuit de la Coupe du monde cet hiver.

Hosking, de Mille-Isles, est une étoile montante de la demi-lune. Elle a terminé quatrième et cinquième à ses deux départs en Coupe du monde cette saison. Ces sommets personnels lui ont permis de cimenter sa place pour les Jeux.

Elle a obtenu la confirmation de sa sélection dans un courriel la semaine dernière. En 2018, elle avait reçu sa veste olympique dans le cadre d’une petite cérémonie dans son programme sport-études à l’école polyvalente Saint-Jérôme.

« Cette année, tout le monde est dans le même bateau : il n’y a pas de grande annonce ou de célébrations officielles. […] Quand j’ai appelé mes parents, ils étaient bien contents eux aussi. Ils ont dit : on va garder ça secret ! Ben là, vous pouvez le dire, c’est pas grave ! J’ai bien hâte de pouvoir célébrer avec eux à mon retour. »

En bulle

En compétition et à l’entraînement dans l’Ouest américain depuis le début du mois, Hosking rentrera au Québec seulement après les Jeux. Avant son départ le 29 janvier, elle participera à un stage final à Calgary.

Pour se prémunir contre une infection par le virus de la COVID-19, elle évolue dans une bulle sanitaire serrée avec son entraîneur Brian Smith. Chaque sortie est calculée, comme à l’épicerie, qu’ils visitent à des heures de moindre affluence selon un itinéraire précis pour réduire le temps passé à l’intérieur.

« On accepte les risques, mais on ne rentre jamais dans le chalet de la station, on ne va pas au resto, on ne se fait même pas livrer de nourriture, détaille Smith, qui accompagnera sa protégée aux Jeux. On fait très, très attention. Ce n’est pas ce qu’on voit de tout le monde [dans le milieu]. »

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Elizabeth Hosking et son entraîneur Brian Smith

Invitée surprise à PyeongChang, Hosking ne cache pas ses ambitions cette fois. La maîtrise récente d’une nouvelle manœuvre – le 1080 avec une prise de planche au talon – l’autorise à rêver à une médaille.

Pression ? « Si on parle des attentes des autres, je pense que tout le monde veut juste que je performe bien. C’est seulement d’apprendre à gérer une nouvelle situation. C’est vrai que je peux vraiment aspirer au podium : on l’a vu à deux reprises. Je veux me mettre dans cette position-là le plus possible pour gérer ce stress de mieux en mieux. Et atteindre le podium comme je le souhaite. »

Hosking bénéficie d’un avantage non négligeable par rapport à ses principales rivales : elle a pris part à une Coupe du monde sur le site de Secret Garden. Elle y a terminé septième en décembre 2019. Les Mondiaux de 2021 devaient être disputés au même endroit à titre d’épreuve-test, mais ils ont été déplacés à Aspen en raison de la pandémie.

« C’est très venteux, très froid aussi. La neige est très abrasive. Je sais également que la demi-lune est ferme et glacée. C’est une demi-lune d’hiver. À ce qu’on entend, la Chine a construit une infrastructure pour essayer de couper le vent. »

La jeune femme s’était fracturé un os de la cheville sur un mauvais atterrissage à Secret Garden. Ce n’est plus qu’un lointain souvenir. La manœuvre sur laquelle elle s’était blessée, le 900, elle ne la fait plus. Elle est passée directement au 1080…

Sept Québécois sur 19

Avec Arnaud Gaudet (slalom géant parallèle) et Audrey McManiman (snowboard cross), ils seront sept planchistes québécois aux Jeux de Pékin. Sébastien Toutant, médaillé d’or en grand saut à PyeongChang, ne semble pas trop stressé avant son départ, comme en témoigne cette vidéo tournée après la tempête à Montréal.

L’équipe canadienne de surf des neiges à Pékin

Demi-lune

Brooke D’Hondt (Calgary, AB) Elizabeth Hosking (Longueuil, QC) Derek Livingston (Aurora, ON)

Slalom géant parallèle

Megan Farrell (Richmond Hill, ON) Arnaud Gaudet (Montcalm, QC)

Slopestyle/Big Air

Jasmine Baird (Georgetown, ON) Laurie Blouin (Québec, QC) Brooke Voigt (Fort McMurray, AB) Mark McMorris (Regina, SK) Max Parrot (Bromont, QC) Darcy Sharpe (Comox, C.-B.) Sébastien Toutant (L’Assomption, QC)

Snowboard Cross

Zoe Bergermann (Erin, ON) Tess Critchlow (Big White, C.-B.) Meryeta O’Dine (Prince George, C.-B.) Audrey McManiman (St-Ambroise-de-Kildare, QC) Eliot Grondin (Sainte-Marie, QC) Kevin Hill (Vernon, C.-B.) Liam Moffatt (Truro, N.-É.)