(Tokyo) Née au Japon il y a tout juste 13 ans, elle pourrait devenir la plus jeune championne olympique des JO d’été : la planchiste Sky Brown, en lice dans l’épreuve du parc à Tokyo sous les couleurs britanniques, est déjà une grande vedette de sa discipline.

Julie DEMARCY Agence France-Presse

Les rêves olympiques de l’adolescente ont pourtant failli s’envoler le 28 mai 2020. Alors qu’elle s’entraînait sur une rampe chez la légende du skate Tony Hawk, elle a décollé, perdu le contrôle et chuté très lourdement.

Fractures du crâne et du bras droit, œil au beurre noir : assise sur son lit d’hôpital, l’adolescente est apparue quelques jours plus tard sur Instagram pour rassurer ses nombreux admirateurs.

« Incassable », a-t-elle écrit en légende de sa vidéo, qui s’ouvrait sur son vol plané à plusieurs mètres de hauteur et son évacuation par hélicoptère.

« C’était un accident assez grave, j’ai été assommée pendant 12 à 16 heures », a raconté Brown au Guardian. « C’était un moment très difficile, mais j’ai récupéré très vite. Je me suis sentie plus forte après ça », a-t-elle assuré.

À peine sortie de l’hôpital, celle qui a remporté le Danse avec les stars junior américain était déjà sur pieds et se dandinait sur le réseau TikTok, le bras dans un plâtre rose. Un mois après sa grave chute, elle retrouvait sa planche et le bol de la station californienne d’Encinitas, haut lieu du surf et du skateboard.

Encensée par Tony Hawk

Sky Brown est née à Miyazaki, au Japon, d’une mère japonaise et d’un père britannique, et partage son temps entre le Japon et la Californie, destination incontournable pour les meilleurs planchistes mondiaux.

Mais c’est la Grande-Bretagne qu’elle a choisi de représenter. Aux Jeux de Tokyo, elle est la plus jeune sportive de la délégation britannique.

Si elle remporte la médaille d’or mercredi, elle deviendra la plus jeune championne olympique de l’histoire des Jeux d’été. Le record de précocité est pour l’instant détenu depuis 1936 par l’Américaine Marjorie Gestring, sacrée au plongeon à 13 ans et 267 jours.

Surdouée, actuellement au troisième rang mondial et victorieuse à la mi-juillet aux X Games, Sky Brown figure parmi les grandes favorites pour le sacre olympique.

« Elle a un potentiel incroyable », a déclaré Tony Hawk à ESPN. « Elle pourrait assurément être l’une des meilleures planchistes de tous les temps, si ce n’est l’une des meilleures planchistes polyvalentes, tous sexes confondus. »

L’une des principales concurrentes de Brown aux Jeux sera la Japonaise Sakura Yosozumi, qui est aussi son amie. La Nipponne de 19 ans a devancé la Britannique lors du dernier Dew Tour aux États-Unis, autre rendez-vous majeur du skateboard.

Ado reine des réseaux

Mais les deux planchistes, rivales dans le bol, affichent régulièrement leur complicité en dehors, à l’image de leurs stories Instagram où on les voit prendre les navettes et déambuler dans les allées du Village olympique.

Brown, chef de file des planchistes adolescentes, incarne en effet la nouvelle génération de sportifs hyperconnectés. Plus de 1 million d’abonnés sur TikTok, presque autant sur Instagram, la Britannique est aussi une grande vedette des réseaux sociaux.

Skateboard, surf, danse, complicité avec son jeune frère Ocean, sorties avec ses amies, placement de produits : l’ado au teint hâlé et aux mèches blondes inonde ses comptes de stories et de publications, le tout sans jamais se départir de son large sourire.

Interrogée par ESPN sur ses pays préférés, elle répond : « l’Australie et Paris », avant d’être reprise par son père. « Sky, Paris n’est pas un pays. » « Oh, oui. Eh bien, j’adore quand même la nourriture là-bas, surtout les croissants, et la langue est si jolie. J’ai envie de l’apprendre », rétorque Brown.

Il lui reste trois ans pour maîtriser le français et partir à la conquête de ses deuxièmes Jeux, à Paris.