(Tokyo) La septième devra attendre. Le début du scénario ressemblait pourtant à s’y méprendre à la finale de Rio. Le dénouement n’a pas été aussi heureux.

Simon Drouin
Simon Drouin La Presse

Septième au virage comme en 2016, Penny Oleksiak n’a pas été en mesure de reprendre toutes ses concurrentes en finale du 100 m libre, vendredi matin, au Centre aquatique de Tokyo.

Les journalistes avaient pris l’habitude d’attendre Oleksiak de longues de minutes, pour ne pas dire une heure, dans la zone mixte. Le temps qu’elle aille chercher ses médailles à la cérémonie.

Après la quatrième place de la veille au 4 x 200 m libre, la nageuse torontoise est encore débarquée en coup de vent vendredi. La tenante du titre n’était pas si déçue d’avoir raté la chance de monter sur le podium et d’ainsi passer à l’histoire en tant qu’athlète olympique du Canada la plus décorée.

En réalité, elle a très bien nagé. Son chrono de 52 s 59, un record national, lui aurait également permis de gagner l’or à Rio.

Trois nageuses ont simplement été plus rapides. Emma McKeon a été à la hauteur de son statut de grande favorite en menant l’épreuve de bout en bout. En 51 s 96, une marque olympique, l’Australienne de 27 ans s’est imposée de justesse devant la Hongkongaise Siobhan Haughey, médaillée d’argent en 52 s 27.

McKeon est ainsi devenue la deuxième femme sous les 52 secondes après Sarah Sjöstrom, cinquième de cette finale.

Après s’être écroulée lors de la finale de Rio (sixième), l’Australienne Cate Campbell, voisine de couloir d’Oleksiak, a cette fois tenu son bout pour cueillir le bronze en 52 sec 52. La Canadienne a donc raté le podium par sept centièmes.

Honnêtement, je suis contente que la finale ait été si rapide. Cela ne fait que démontrer que les femmes, au 100 m libre en particulier, continuent de vraiment progresser. C’est plus vite chaque année et ça m’emballe de le nager en 2024, de comprendre la course un peu plus et de voir comment je peux atteindre les 51 secondes. En 2024, toutes les finalistes pourraient nager en 51, on ne sait jamais.

Penny Oleksiak

Elle se promettait de visionner sa prestation pour déterminer où elle pourrait s’améliorer. À chaud, elle se reprochait une culbute hésitante.

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Le chrono de 52 s 59, un record national, aurait permis à Penny Oleksiak de gagner l’or à Rio, en 2016. Mais ce ne fût pas assez à Tokyo, en 2021.

« Durant le virage, je savais que ce n’était pas mon meilleur. J’étais un peu frustrée, mais j’ai vraiment essayé de revenir fort. J’ai fait du mieux que j’ai pu pour y arriver. Si j’ai fini quatrième, j’ai fini quatrième. Ça reste quatrième au monde, alors je ne me plains vraiment pas ! »

Entourée de toutes ces nageuses de renom dans la chambre d’appel, la double médaillée de Tokyo (argent au relais 4 x 100 m libre, bronze au 200 m libre) a eu à chasser la nervosité. La veille, l’athlète de 6 pi 1 po s’était réveillée toutes les deux heures pour penser à sa course.

Comme la gymnaste Simone Biles ou la nageuse Katie Ledecky, fait-elle partie de ces championnes condamnées à la perfection ? s’est-elle fait demander.

« Jusqu’à un certain point, tu dois maintenir un niveau de perfection en tant qu’athlète professionnelle parce que c’est pourquoi les meilleures au monde sont les meilleures au monde, a-t-elle affirmé. En même temps, on doit réaliser qu’il faut séparer cela de ta vie de tous les jours. Plusieurs athlètes peuvent vraiment essayer de s’en tenir à ce standard quand ils font des choses de la vie quotidienne ou ce qu’ils font avec leur corps jour après jour. Ça peut devenir écrasant. »

Sans l’obséder, la possibilité de dépasser la patineuse de vitesse Cindy Klassen et la patineuse de vitesse et cycliste Clara Hughes lui trotte dans la tête.

« J’ai six médailles olympiques, il n’y a que trois personnes au Canada qui peuvent dire ça ! a-t-elle précisé. Je ne m’en fais pas trop. Si j’ai six médailles olympiques, j’ai six médailles olympiques. Peu importe ! »

Sa dernière occasion de s’installer seule au sommet à Tokyo se présentera dimanche avec la finale du relais 4 x 100 m quatre nages, pour laquelle les Canadiennes tenteront de se qualifier ce vendredi soir. Sinon, cela attendra à Paris, en 2024.

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Kylie Masse

Masse et Ruck en finale

Les Canadiennes ont conclu la soirée avec brio dans les demi-finales 200 m dos. Kylie Masse (4e en 2 min 7 s 82) et Taylor Ruck (7e en 2 min 8 s 73) ont toutes deux atteint la finale de samedi matin. Masse détient déjà une médaille d’argent au 100 m. Pour Ruck, 21 ans et octuple médaillée aux Jeux du Commonwealth de 2018, il s’agira d’une première finale olympique individuelle.

En début de session, le jeune Josh Liendo, 18 ans, a pris le 11rang des demi-finales du 100 m papillon, ratant une qualification pour la finale par deux dixièmes. L’athlète de Markman, qui représente l’avenir de la natation canadienne masculine, est également passé à un dixième de son record national établi aux Essais olympiques le mois dernier.

Dans sa vague, l’Américain Caeleb Dressel s’est annoncé comme l’immense favori de la finale de samedi matin en oblitérant la référence olympique en 49 sec 71. Son principal rival sera le Hongrois Kristof Milak, titré au 200 m, qui avait lui-même réalisé le record (50 s 31) dans la vague précédente. Dressel visera une troisième médaille d’or après ses victoires au 100 m et au relais 4 x 100 m libre.