Brad Treliving aurait sans doute souhaité un meilleur départ pour ses Flames de Calgary, ne serait-ce qu’un point vaillamment acquis comme le Canadien l’a fait hier soir en Caroline.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Les Flames ont perdu 5-3 au Colorado, mené par deux buts de Mikko Rantanen, le jour où leur DG a reçu une jolie prolongation de contrat. 

Treliving aurait pu subir un sort semblable à celui de Peter Chiarelli à Edmonton, mais il a connu un gros été en 2018, encore plus spectaculaire que celui de Marc Bergevin. 

Notre homme a hérité d’un club en pleine déroute à son arrivée en 2014. L’équipe venait de rater les séries cinq années de suite. Mais il y avait des éclaircies à l’horizon. Bob Hartley avait promu la saison précédente le sixième choix au total du club Sean Monahan et Johnny Gaudreau s’apprêtait à passer à la LNH après avoir terrorisé les gardiens de la NCAA (80 points en 40 matchs à sa dernière saison à Boston College). 

Menés par leur dynamique coach Hartley, les Flames ont surpris les observateurs en 2014-2015 avec une participation en séries. Ils ont même remporté une ronde. 

Treliving a commencé à rêver un peu grand, un peu tôt. Même si les Flames commençaient à croître, il a sacrifié en juin 2015 un choix de première ronde et deux choix de deuxième pour obtenir le défenseur Dougie Hamilton. 

Si les Bruins avaient été plus avisés, ils auraient mis la main sur Mathew Barzal, Kyle Connor, Thomas Chabot ou Brock Boeser avec ce choix de première ronde. Roope Hintz, Jordan Greenway et Vince Dunn étaient encore disponibles pour les choix de deuxième ronde.

Les attentes sont subitement devenues trop élevées à Calgary et les jeunes leaders n’étaient pas encore parvenus à maturité. Les Flames ont raté les séries dès la deuxième année en poste de Treliving et Hartley a été injustement sacrifié. Heureusement, leur saison de misère leur a permis de repêcher Matthew Tkachuk au sixième rang.

Treliving, comme son autre collègue Peter Chiarelli en Alberta, a encore pêché par impatience. Il a cédé un choix de deuxième ronde aux Sénateurs d’Ottawa pour Curtis Lazar en 2017. Ottawa est bien heureux d’avoir pu mettre la main sur Alex Formenton avec ce choix. Après une saison de 12 points en 65 matchs, Lazar a été envoyé dans la Ligue américaine pour ne plus jamais la quitter. 

Quelques mois plus tard, en juin 2017, le DG des Flames a donné aux Islanders un choix de première et deux choix de deuxième ronde pour le défenseur Travis Hamonic. Long Island a pu mettre la main sur son joyau Noah Dobson avec ce choix de première ronde. Il est encore trop tôt pour prédire l’avenir des choix de deuxième ronde sacrifiés en 2018 et 2019. 

Malgré ces raccourcis, les Flames ont raté les séries pour une deuxième fois en trois ans en 2018. Hamonic a connu deux années difficiles, quoique la dernière était meilleure.

Heureusement pour lui, Treliving a été touché par la grâce à l’été 2018. Il a pu mettre la main sur l’un des entraîneurs les plus sous-estimés de la LNH, Bill Peters. Celui-ci a accepté de quitter les Hurricanes de la Caroline pour se rapprocher de la maison. Peters est né à Three Hills, une ville située à 132 kilomètres de Calgary. 

Treliving a aussi réussi le meilleur échange de l’année. Il a obtenu le jeune défenseur Noah Hanifin et l’attaquant Elias Lindholm des Hurricanes pour Micheal Ferland, Dougie Hamilton et Adam Fox. Il a sûrement été aiguillé par Peters !

PHOTO JEFF MCINTOSH, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Elias Lindholm (28) et Noah Hanifin (55)

Lindholm, 24 ans, incapable de dépasser la barre des 45 points à ses cinq premières saisons, a connu l’année de sa carrière avec 78 points au sein du premier trio avec Monahan et Gaudreau. Hanifin, 22 ans seulement, a joué en moyenne presque 23 minutes par match et amassé 33 points. 

Matthew Tkachuk a aussi explosé avec 34 buts et 77 points, Mark Giordano a connu la saison de sa vie en défense et les Flames ont terminé au deuxième rang du classement général, avant de subir l’élimination aux mains de l’Avalanche en première ronde.

L’échange a été moins heureux pour les Hurricanes. Ferland a déjà quitté l’équipe en profitant de son statut de joueur autonome. Adam Fox a refusé de signer un contrat en Caroline et il a été échangé aux Rangers contre deux choix de deuxième ronde (un de ces choix se transformera en choix de troisième si Fox ne dispute pas 30 matchs à New York cette année). Hamilton pourrait être le prochain à partir. Les rumeurs d’échange ont circulé tout l’hiver à son sujet.

Mais les Hurricanes ont d’autres ressources, on l’a vu hier lors de cet excitant match contre le Canadien. Leur vitesse est impressionnante, comme celle du CH d’ailleurs. S’ils jouent ainsi tout l’hiver, Montréal et la Caroline surprendront bien des clubs. 

Pendant que Treliving frappait ses deux coups de circuit en 2018, Chiarelli se contentait de mettre la main sur les joueurs autonomes Mikko Koskinen et Kyle Brodziak. Pendant que Jesse Puljujarvi, quatrième choix au total en 2016, peinait à s’accrocher à la LNH, Tkachuk, choisi deux rangs plus tard, obtenait 77 points. On ne peut blâmer les Oilers pour ce choix, unanimement salué, mais il a contribué à couler Chiarelli. 

À lire

Les plus optimistes diront que le Canadien a gagné un précieux point à l'étranger. Les pessimistes qu'ils en ont perdu un. Il n'empêche que le CH a impressionné par sa vitesse et sa fougue, les Hurricanes aussi. Guillaume Lefrançois a raison de rappeler l'impact du trio de Jonathan Drouin, Jesperi Kotkaniemi et Joel Armia, trois joueurs pointés du doigt au camp d'entraînement, surtout les deux premiers. Alexandre Pratt n'a pas aimé le travail des défenseurs. D'accord avec lui. Dans un match aussi rapide, Shea Weber paraissait souvent en retard en récupération de rondelle. Son jeune partenaire Victor Mete a souffert aussi.