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Équipe Canada junior: la discrimination, un mythe?

D'abord, la vraie histoire. On a beaucoup fait état ces derniers jours - comme... (Illustration: La Presse)

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Illustration: La Presse

D'abord, la vraie histoire. On a beaucoup fait état ces derniers jours - comme à chaque année lorsqu'on écarte des Québécois de l'équipe nationale junior - du fait que Dave King a boudé Mario Lemieux pour le Championnat mondial junior en 1984.

J'avais interviewé King sur cette question peu de temps après son embauche à titre d'entraîneur associé du Canadien, en 1997. Sa version était différente. «On m'a accusé d'avoir retranché Mario Lemieux de mes équipes, mais ce ne fut pas le cas, m'avait confié King. Je suis même l'homme qui l'a recruté (en 1983). Mais à l'époque où je dirigeais l'équipe nationale junior, Lemieux avait seulement 16 ans, son style était strictement axé sur l'attaque, mes adjoints et moi avions décidé de l'employer dans certaines situations de jeu. Mario ne l'avait pas accepté. Toute cette histoire a pris des proportions énormes dans les journaux. Je dois toutefois admettre aujourd'hui mon erreur. Mario Lemieux est un grand joueur. J'aurais dû l'employer plus souvent.»

Mario Lemieux avait tout de même obtenu 10 points en sept matchs lors de ce Championnat mondial junior de 1983.

Lemieux a été invité l'année suivante mais il a choisi de demeurer avec les Voisins de Laval puisque King était encore l'entraîneur-chef de l'équipe. Par rancoeur sans doute, mais aussi pour battre des records dans la LHJMQ. L'histoire avait fait tout un boucan et la Ligue de hockey junior majeur du Québec l'avait même suspendu pour la durée du Championnat mondial junior. Lemieux et son agent Gus Badali avaient finalement eu gain de cause en Cour supérieure.

Mario Lemieux était d'ailleurs revenu sur ces incidents, quelques années plus tard. «King et les autres se sont trompés dans cette affaire. Par contre, à l'époque, je méritais aussi ma part de blâme. Ma défensive était effectivement très ordinaire. J'étais jeune et je ne savais pas comment réagir devant un tel affront.»

On peut se demander si Lemieux était bien conseillé à l'époque. D'ailleurs, il avait refusé d'endosser le chandail de Pittsburgh après que ceux-ci en eurent fait leur premier choix au repêchage en 1984

Le propriétaire des Penguins de Pittsburgh n'est pas le seul à avoir connu des démêlées avec Hockey Canada. Le troisième buteur de l'histoire de la LNH, Brett Hull, a choisi de se joindre à l'équipe nationale junior américaine parce qu'on ne voulait pas de lui au Canada. Comme Lemieux, on peut soupçonner que ses «carences» en défensive étaient à la base des inquiétudes de l'équipe canadienne.

On a employé le phénomène John Tavares sporadiquement l'an dernier pour les mêmes raisons, même chose avec Crosby quelques années plus tôt. Il y a d'autres exemples. Mais, au bout du compte, on a peu utilisé Lemieux parce qu'on ne le trouvait pas fiable défensivement, et non pas parce qu'il était québécois.

D'ailleurs, Dave King n'a rien d'un raciste. King est un homme ouvert d'esprit qui a fait le tour du monde pour enseigner le hockey, entre autres en Russie et au Japon.

C'est drôle comme le sentiment d'injustice est différent d'un coin de pays à l'autre. En Ontario, par exemple, on peine encore à comprendre comment l'équipe canadienne a pu ignorer le jeune attaquant Taylor Hall, qui détient le premier rang des compteurs de la Ligue avec 55 points en 32 matchs... trois de plus que John Tavares. Hall vient à peine d'avoir 17 ans et on dit de lui qu'il est l'éventuel premier choix de la LNH en 2010.

Pourtant, qui a entendu parler de Taylor Hall au Québec cette semaine? Pas grand-monde. Pas plus qu'on n'a parlé au fil des ans des Ron Francis, Scott Stevens, Owen Nolan, Mike Green, Justin Williams, Jonathan Cheechoo, Adam Deadmarsh, Devin Setoguchi, Ray Whitney, Todd Bertuzzi et tant d'autres qui ont été écartés parce que leur style de jeu ne cadrait pas avec la philosophie de l'équipe.

Les joueurs québécois sont-ils victimes d'injustice systématique au sein de l'équipe canadienne junior? Avec trois entraîneurs-chef francophones parmi les 10 derniers en poste (et un quatrième, Benoit Groulx, s'il avait accepté le poste cette année), difficile de l'affirmer hors de tout doute.

Si on établit la liste des meilleurs joueurs québécois ou francophones dans la LNH à l'heure actuelle, très peu ont été ignorés. À l'attaque, Simon Gagné, Jean-Pierre Dumont, Vincent Lecavalier, Mike Ribeiro, Alex Tanguay, Patrice Bergeron, Pierre-Marc Bouchard, Benoit Pouliot et Daniel Brière ont tous participé au tournoi.

Martin Saint-Louis et Jason Pominville n'ont pas été retenus mais ils se sont développés sur le tard. Ils ont d'ailleurs tous les deux été soumis au ballottage par leurs équipes respectives en début de carrière. Derick Brassard aurait pu être sélectionné au sein de l'équipe à sa dernière année junior mais une blessure à l'épaule l'a tenu à l'écart tout l'hiver. Reste David Perron et Steve Bernier. Je ne crois pas qu'ils ont été retranchés parce qu'ils parlaient français.

Chez les défenseurs, d'abord, il faut noter que le Québec n'en produit pas beaucoup. Ignorer Marc-Édouard Vlasic il y a quelques années a été une erreur. Mais il y avait trois francophones parmi les défenseurs de l'équipe cette année-là, Kristopher Letang, Luc Bourdon et Sasha Grenier-Pokulok. François Beauchemin, Philippe Boucher et Stéphane Robidas ont également été ignorés mais on parle de trois défenseurs qui sont arrivés à maturité plus tard que la moyenne.

Côté gardiens, presque tous les bons gardiens québécois ont participé au tournoi à l'exception de Martin Brodeur, il y a 19 ans.

Peut-être qu'à talent égal, dans certains cas, quelques joueurs de soutien francophones ont été écartés au profit d'anglophones. Mais pas assez pour crier au loup à chaque année. Il faudrait peut-être commencer à examiner notre système de hockey mineur, comme plusieurs l'ont suggéré depuis une semaine.

Bon Championnat mondial junior à tous!




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