Lorsque les Raptors ont été balayés par Washington au premier tour des séries de 2015, Kyle Lowry s’est fait un devoir de lire tous les mots cinglants écrits à son sujet.

Lori Ewing
La Presse Canadienne

« Ç’a m’a servi de motivation », a dit Lowry.

La saison la plus longue, la plus étrange et, à certains égards, celle attirant le plus la sympathie de l’histoire du club s’est terminée vendredi soir, quand Boston a remporté le match ultime de cette demi-finale de l’Est.

Pascal Siakam a été blâmé. Après avoir mené l’équipe pour les points avant la pause due à la pandémie, il n’a pas réussi à trouver un rythme offensif à Disney.

Mais peu après la défaite, Kyle Lowry a eu des mots d’encouragement pour son coéquipier. Comme lors des jours douloureux qui ont suivi l’élimination par les Wizards, le joueur de 34 ans estime que Siakam peut utiliser la critique comme carburant.

« C’est le conseil que je lui donnerais, a dit Lowry. Il peut en retirer quelque chose. Je pense que ça va faire de lui un meilleur joueur et un meilleur homme. Je ne serais pas surpris de le voir revenir en lion, encore plus affamé. »

Siakam a récolté en moyenne 22,9 points par match en saison régulière, se voyant nommé parmi les étoiles de l’Est pour une première fois.

Mais quelque chose clochait une fois les Raptors réunis en Floride. Contre Boston, il n’a récolté en moyenne que 13 points par match.

Siakam a longuement parlé de prendre le blâme, vendredi. Ce qui est important, a-t-il dit, c’est de savoir comment il peut s’en sortir.

« Allez-vous le prendre comme un homme, comme une expérience vécue, ou juste vous prendre en pitié ?, a dit Siakam, 26 ans.

« Personne ne va vous prendre en pitié. Je viens d’un milieu où vous travaillez dur et vous vous taillez une place, peu importe l’adversité. Je crois que c’est une étape de plus pour moi. »

L’athlète de 6 pieds 9 pouces a été une des principales raisons du succès de l’équipe en saison régulière. Les Raptors n’étaient plus vus comme membres de l’élite suite au départ de Kawhi Leonard, mais ils ont fait fi d’une série de blessures pour finir deuxièmes dans l’Est, avec le meilleur taux de victoires dans l’histoire de l’équipe.

Menés par un bourreau de travail en Lowry et croyant beaucoup au partage des points à l’attaque, les Raptors étaient encore plus attachants qu’en 2018-19.

« Je suis vraiment fier d’eux, a dit l’entraîneur Nick Nurse. Ils représentent la ville, le pays, l’organisation. La plupart des soirs, gagne ou perd, vous sortiez de là en sachant que ces gars-là vous ont donné tout ce qu’ils ont. C’est toujours triste qu’une saison se termine. Ce club-là est spécial. »

La formation pourrait être bien différente la saison prochaine.

« Vous ne savez pas si vous reverrez certains des gars, si vous allez rejouer avec eux, alors oui, c’est difficile, a dit Fred VanVleet. C’est dur. »

VanVleet, Serge Ibaka et Marc Gasol seront joueurs autonomes. VanVleet commandera sans doute un prix très élevé.

Lowry a encore un an à son contrat, tout comme Nurse et son personnel.

Le président des Raptors, Masai Ujiri, pourrait choisir de rebâtir complètement. Ce serait une fin douce-amère à une période de deux ans qui a captivé le Canada.

Nurse était ému et triste que la saison se termine, ainsi que désolé des départs potentiels.

Il a cru jusqu’à la dernière seconde que les siens avaient au moins une autre série dans le réservoir.

« J’y pense et l’équipe me manque déjà, vous savez, a dit Nurse, entraîneur de l’année dans la NBA. Ç’a été un parcours fabuleux, ces deux dernières saisons. Il y a eu des moments incroyables. Tout le monde devrait être vraiment fier d’eux. »