(Montréal) Des centaines de jeunes, et même quelques moins jeunes, de la communauté de Montréal-Nord ont accueilli en triomphe le héros local et champion de la NBA, Chris Boucher, qui s’est arrêté au parc Le Carignan, vendredi midi.

Ugo Giguère
La Presse canadienne

Comme il l’a répété à de nombreuses reprises, l’ailier des Raptors de Toronto tenait personnellement à apporter le trophée Larry O’Brien, emblème du championnat de la NBA, là où tout a commencé pour lui.

PHOTO RYAN REMIORZ, LA PRESSE CANADIENNE

« C’est vraiment un moment important dont je vais me souvenir toute ma vie », a-t-il déclaré en point de presse avant d’être assailli par les demandes de photos et d’autographes.

« Il y a tellement de jeunes, ici, qui ont du talent et qui veulent exceller dans la vie, alors si je peux être un exemple pour eux de continuer à pousser, alors pourquoi pas », a commenté l’athlète de six pieds et dix pouces qui a encouragé les jeunes à trouver leur passion et à croire en eux.

Son collaborateur et ancien entraîneur, Ibrahim Appiah, a confirmé que la demande de tenir un tel rassemblement public venait directement de Chris Boucher.

« Il m’a dit qu’il voulait venir à Montréal-Nord, parce que c’est très important pour lui de redonner à la communauté. Il comprend l’impact qu’il peut avoir sur les jeunes dans la position où il se trouve aujourd’hui », a souligné M. Appiah.

Wilman Edouard du Club de basketball Montréal-Nord voit en Chris Boucher un symbole d’espoir et de résilience pour les jeunes.

« Quand on parle de l’égalité des chances et des inégalités sociales, le basketball réussit à rééquilibrer les choses et amener les jeunes à vivre d’espoir. C’est ce que M. Boucher vient de démontrer », a mentionné celui qui se souvient d’avoir vu jouer le basketteur professionnel sur les terrains extérieurs.

Pour Ricardo Telamon, coordonnateur du programme de basketball à l’école secondaire Henri-Bourassa, la visite de Chris Boucher représente un exemple de ce qu’il répète à ses jeunes athlètes étudiants.

« Là, ils voient que le rêve est possible parce qu’il y a un gars de Montréal-Nord, qui a joué sur ce terrain-là, qui a grandi ici et qui a réussi. Ça fait toute la différence parce que mon message est vrai pour eux maintenant », a dit celui qui constate déjà une nette augmentation dans la motivation et l’ardeur au travail de ses jeunes.

L’un de ceux-là se nomme Raphaël Constant, membre de l’équipe championne provinciale des Béliers de l’école Henri-Bourassa. « De voir qu’on a deux gars de Montréal-Nord maintenant qui sont rendus-là, c’est une motivation de plus », a-t-il reconnu en parlant de Luguentz Dort qui vient tout juste de signer un premier contrat professionnel avec le Thunder d’Oklahoma City. Il se réjouit de voir Chris Boucher revenir chez lui pour donner des conseils à la relève.

Du riz et du griot !

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Des jeunes de Montréal-Nord regardent le trophée Larry O’Brien

Au cours de l’événement, des jeunes ont eu l’occasion de poser des questions directement au champion de la NBA.

Grâce à la jeune Anissa, le public a notamment pu apprendre l’aliment secret qui a permis au jeune Chris de grandir et devenir un grand joueur de basketball : « J’ai mangé beaucoup de riz et du griot ! », a lancé la vedette qui a bien fait rire la foule.

En réponse à une autre question, on a appris qu’après sa blessure subie à sa dernière année avec les Ducks de l’Université de l’Oregon, dans la NCAA, ainsi qu’après avoir été libéré par les Warriors de Golden State à la fin de la saison 2018, il a cru que sa carrière pouvait se terminer.

« J’ai utilisé ces moments, où je me sentais faible et où je sentais que je n’y arriverais pas, pour revenir toujours plus fort », a-t-il partagé.

Une chance à saisir

La prochaine saison pourrait être la bonne pour que l’on assiste à l’éclosion de Chris Boucher avec les Raptors de Toronto. Le principal intéressé entend tout faire pour obtenir plus de temps de jeu et démontrer son talent.

« Depuis la Summer League, j’ai commencé à montrer ce que je suis capable de faire, mais le plus important c’est que le coach croit en moi en ce moment. Tout ce que j’ai à faire, c’est de continuer à travailler fort et de continuer à montrer l’exemple », a commenté le numéro 25 des Raptors.

Au cours de la saison dernière, Chris Boucher a pris part à 28 parties avec les Raptors ainsi qu’à 28 autres matchs avec l’équipe de développement du Raptors 905 en G-League. Même s’il n’a participé qu’à un peu plus de la moitié des rencontres, l’ailier de 26 ans a été nommé joueur par excellence de la G-League ainsi que meilleur joueur défensif de la saison 2018-2019.

Le Montréalais a également prêté main-forte aux Raptors lors de leur conquête du championnat en séries éliminatoires. Il a été impliqué dans deux parties, amassant cinq points, un rebond et un tir bloqué.

Cet été, il fait partie des 29 joueurs invités au camp d’Équipe Canada en vue de la Coupe du monde de basketball. Deux autres Montréalais, Luguentz Dort et Khem Birch, ont également reçu l’appel de l’entraîneur-chef Nick Nurse.

Un parcours atypique

Natif de l’île de Sainte-Lucie, Chris Boucher a grandi à Montréal et a développé ses aptitudes au basketball dans l’académie de basketball dirigée par Igor Rwigema lorsque celle-ci était établie à Alma, au Lac-Saint-Jean.

Il s’est ensuite exilé aux États-Unis pour poursuivre sa progression avec le New Mexico Junior College, le Northwest College, au Wyoming, et finalement avec les excellents Ducks de l’Université de l’Oregon en première division de la NCAA.

Une blessure au genou, en mars 2017, a mis fin abruptement à sa dernière saison universitaire et a fait en sorte que les équipes de la NBA l’ont ignoré au repêchage.

Les Warriors de Golden State lui ont tout de même offert un contrat à deux volets qui lui a permis de faire ses débuts le temps d’un match dans la NBA en 2017-2018. Puis, les Raptors de Toronto lui ont offert une chance au dernier camp d’entraînement et lui ont accordé un contrat à deux volets.