(Paris) Les grossesses sont plus souvent perturbées par la COVID-19, avec notamment plus de risques de naissances prématurées, montre une étude relayée mardi par les hôpitaux de Paris (APHP).

Publié le 14 déc. 2021
Agence France-Presse

« Nous avons observé des liens entre un diagnostic de COVID-19 et plusieurs morbidités maternelles (dont) des naissances prématurées, des prééclampsies (élévation de la tension artérielle associée à une hausse des protéines dans les urines, NDLR), des hémorragies au moment de l’accouchement et des naissances par césariennes », résume cette étude menée en France par l’APHP et publiée fin novembre dans la revue PLOS.

Ces conclusions vont dans le sens de précédentes études. Elles témoignent d’un risque plus élevé de troubles de la grossesse et de l’accouchement, quand la mère est atteinte de la COVID-19.

L’étude de l’APHP correspond au début de la pandémie, soit la première moitié de 2020.

Les chercheurs ont examiné a posteriori le déroulement de la grossesse de patientes atteintes de la COVID-19 et l’ont comparé avec des femmes enceintes épargnées par la maladie. Cela concerne au total près de 250 000 accouchements.

Parmi les principales conclusions, la proportion de naissances prématurées avant 37 semaines — huit mois et demi — est deux fois plus importante chez les patientes COVID-19.

En revanche, l’étude ne remarque pas de cas plus fréquents d’enfants mort-nés chez une mère atteinte de la maladie.

Cette étude, qui a l’intérêt d’avoir examiné un grand nombre de cas, a toutefois des limites liées à son principe.

En étudiant après coup la situation des femmes enceintes, elle ne peut pas prouver un lien direct de cause à effet entre la COVID-19 et les problèmes rencontrés.

Parmi les autres limites, seules les patientes présentant des symptômes ont été classées parmi les cas de COVID-19. L’étude ne peut donc se prononcer sur le risque plus élevé de problèmes chez les patientes positives à la COVID-19, mais asymptomatiques.

Enfin, ce travail ne se penche que sur les grossesses déjà entrées dans leur second trimestre. Les chercheurs n’ont donc pas pu déterminer s’il y avait un risque plus élevé de fausse couche en début de grossesse.