(Montréal) Le risque de mort prématurée attribuable à une maladie cardiovasculaire est presque trois fois plus élevé chez les fumeurs que chez ceux qui n’ont jamais fumé, démontre une nouvelle étude publiée par le Journal of the American Heart Association.

Jean-Benoit Legault
La Presse Canadienne

En revanche, les fumeurs qui écrasent pour de bon avant l’âge de 40 ans, et idéalement bien avant l’âge de 40 ans, peuvent réduire leur risque de 90 %.

« L’étude vient confirmer que même si vous avez fumé jusqu’à l’âge de 40 ans et que vous arrêtez à 40 ans, vous allez éliminer votre risque cardiovasculaire presque complètement, a commenté le docteur Martin Juneau, de l’Institut de cardiologie de Montréal. C’est très intéressant. »

L’étude pilotée par un épidémiologiste de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni, a regroupé près de 400 000 adultes — fumeurs et non-fumeurs — âgés entre 25 et 74 ans. Les chercheurs se sont intéressés aux antécédents médicaux, aux modes de vie et aux caractéristiques démographiques des sujets.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Le docteur Martin Juneau, qui a commenté l’étude du Journal of the American Heart Association, travaille à l’Institut de cardiologie de Montréal.

Seuls les fumeurs à temps plein ont été inclus dans cette étude, et ils ont été regroupés selon l’âge auquel ils ont commencé à fumer.

Le risque de mort prématurée attribuable à une maladie cardiovasculaire était le plus élevé chez ceux qui avaient commencé à fumer avant l’âge de 15 ans, et il culminait chez ceux (heureusement très rares) qui avaient commencé avant l’âge de dix ans.

Toutefois, les fumeurs qui avaient cessé de fumer entre les âges de 15 et 34 ans avaient essentiellement le même risque que les non-fumeurs de succomber à une maladie cardiovasculaire ou à un accident vasculaire cérébral.

Ce risque était environ 20 % plus élevé chez ceux qui avaient écrasé entre les âges de 35 et 44 ans ; environ 60 % plus élevé chez ceux qui avaient cessé de fumer entre les âges de 45 et 54 ans ; et environ 70 % plus élevé chez ceux qui s’étaient débarrassés de leur mauvaise habitude entre les âges de 55 et 64 ans.

Plusieurs fumeurs de longue date croient à tort que les dommages sont faits et qu’il est inutile pour eux d’arrêter, rappelle le docteur Juneau. La chance d’améliorer leur santé très rapidement peut toutefois être un argument puissant pour les inciter à écraser.

« Même si vous avez 60 ans, en un an vous réduisez votre risque cardiaque de moitié. Ce n’est pas rien, a-t-il dit. Et en quelques années, sept ou huit ans, vous allez rejoindre les non-fumeurs pour le risque cardiaque. »

« Quand on parle juste du long terme, c’est moins puissant, a-t-il ajouté au sujet des patients qu’il côtoie quotidiennement. Quand on dit que c’est très rapide, c’est très vendeur. »

Et les bienfaits ne s’appliquent pas uniquement aux maladies cardiovasculaires, poursuit le docteur Juneau : un fumeur qui arrête avant l’âge de 40 ans abaisse en une vingtaine d’années son risque de mortalité de toute cause pratiquement au niveau de celui d’un non-fumeur.