Ce n’est pas tous les jours qu’on entend quelqu’un révéler ses dépendances, Encore moins sa dépendance au sexe. Et pourtant. Lamar Odem, star américaine du basket, était de passage à Montréal hier soir, précisément pour cela.

Silvia Galipeau
Silvia Galipeau La Presse

Le double champion de la NBA, que l’on connaît aussi à titre d’ex-mari de l’une des sœurs Kardashian (Khloé), était l’invité vedette du Festival Au contraire, festival de cinéma voué à la déstigmatisation de la maladie mentale, qui se déroulait toute la semaine, au cinéma du Musée des beaux-arts.

Devant une salle hétéroclite et pleine à craquer, ce monstre du basket est venu livrer un témoignage bref, mais touchant, sur sa « maladie ». Parce que c’en est une : « La dépendance est une maladie. C’est ce que j’ai appris en désintox », a-t-il confié d’emblée, d’une voix douce, à peine audible. « C’est la chose la plus importante que j’ai apprise en désintox : il n’y a pas de honte à prendre des médicaments pour soigner sa maladie. »

Briser le mythe de la vie parfaite

Non, son discours ne passera pas à l’histoire. Son courage ? Probablement que si. Parce qu’il en faut, pour briser le mythe de la vie parfaite, et confier ainsi ses démons. Tout particulièrement ceux-ci.

« Je suis vraiment nerveux », a-t-il commenté, dans une rare pointe d’humour, au début de son discours. Si l’on dit d’ordinaire qu’il faut imaginer la foule devant soi flambant nue pour se déstresser, « comme je vous parle de dépendance au sexe, je vais plutôt vous imaginer en longs manteaux de fourrure… ».

Du haut de ses deux mètres, et en se penchant sur son lutrin, Lamar Odom a ensuite (et tout doucement toujours) brièvement fait le récit de sa vie : son enfance difficile (dans un quartier pauvre, abandonné par son père, toxicomane), la perte de sa mère (qui a succombé à un cancer du côlon, « on me l’a enlevée quand j’avais à peine 12 ans, c’était hier »), le décès d’un de ses trois enfants (à 6 mois, de la mort subite du nourrisson), l’assassinat de son cousin, etc.

Sur le même ton monocorde, il a ensuite enchaîné avec sa carrière, cette fois florissante, en basket, avant de revenir rapidement sur ses souffrances. 

La vie était bonne. Mais je gérais beaucoup de souffrance…

Lamar Odom

Il n’a pas raconté de détails. Encore moins fait de dessins. C’est que ses frasques sont connues de tous. Et ont fait l’objet de maints topos dans les journaux à potins. Fraîchement séparé, il a en effet été retrouvé complètement intoxiqué et surtout à moitié mort en 2015, dans un bordel du Nevada. « J’ai fait douze AVC et trois crises cardiaques, résume l’homme, qui vient aussi de publier ses mémoires (Darkness to Light, best-seller du New York Times). Si Dieu m’a sauvé, c’est pour une raison. Pour que je vienne vous parler ici ce soir. »

Son message ? « Il n’y a pas de honte à avoir une dépendance, a-t-il répété. Pas de honte à chercher des médicaments pour soigner sa dépendance. »

Tous les profits de la soirée d’hier seront versés à Chabad Lifeline, un centre de désintoxication de Montréal.

> Consultez le site Chabad Lifeline