De grands changements sont en vue dans l'est du Quartier des spectacles et dans le Quartier latin, au centre-ville de Montréal. L'arrondissement de Ville-Marie est en train de mettre au point son plan d'action qui guidera leur revitalisation.

Danielle Bonneau LA PRESSE

Le secteur visé s'étend de la rue Jeanne-Mance à la rue Saint-Hubert. Il est délimité au nord par la rue Sherbrooke Est et au sud, par le boulevard René-Lévesque. Comprenant les stations de métro Saint-Laurent et Berri-UQAM, il fera l'objet d'un Programme particulier d'urbanisme (PPU), qui sera soumis à une consultation publique le printemps prochain.

«On veut donner un nouveau dynamisme à ces deux quartiers qui regroupent des institutions importantes comme l'Université du Québec à Montréal (UQÀM), le cégep du Vieux Montréal et la Grande Bibliothèque, explique Marc Labelle, directeur de l'aménagement urbain et des services aux entreprises de l'arrondissement. On y trouve aussi les Habitations Jeanne-Mance et l'Îlot Voyageur, de même que le parc Émilie-Gamelin, qui connaît une nouvelle effervescence depuis la création du Quartier des spectacles.»

Cette revitalisation passe notamment par l'arrivée de nouveaux résidants, qui encouragera de nouveaux commerces à s'installer dans le coin. L'effet se fera sentir sur les activités économiques, mais aussi culturelles et sociales.

Aux prises avec un grand nombre de terrains vagues et de stationnements, l'arrondissement souhaite stimuler la construction d'édifices. La solution? Augmenter les hauteurs et densités dans certains secteurs du centre des affaires et à son pourtour. Pour ce faire, un Cadre de révision des hauteurs et densités du centre-ville vient parallèlement d'être produit. Ce dernier sera soumis à la consultation publique cet automne.

«On veut donner un élan à ces terrains vacants, tout en respectant les principes fondateurs qui ont guidé la création du centre-ville de Montréal, précise M. Labelle. Cela nous évitera d'y aller au cas par cas, comme c'est le cas actuellement.»

Le Metropol

Le Metropol, qui s'élèvera en face de l'hôpital Saint-Luc et du futur CHUM, se trouvera justement dans le Quartier latin. L'immeuble de 15 étages, qui sera construit à l'intersection de la rue Saint-Denis et du boulevard René-Lévesque, remplacera l'édifice centenaire qui a abrité tour à tour Desjardins Fourrures, le Vieux Munich, puis le Medley.

«C'est notre plus important projet construit en une seule phase, révèle Paul Martin, vice-président ventes et marketing chez Samcon. C'est aussi le plus haut. Mais il est bien placé. Il faut densifier le terrain.»

Un vaste espace commercial occupera le rez-de-chaussée. Au-dessus prendront place 199 appartements en copropriété, qui seront tous dotés d'un balcon privé ou d'une terrasse. Les condos seront variés: il y aura des petits studios de 480 pieds carrés (197 900$ taxes en sus), des appartements avec deux chambres d'une superficie variant entre 800 et 1100 pieds carrés (à partir de 316 900$ taxes en sus) et des appartements terrasses de plus d'un million.

Pour que les prix demeurent le plus accessibles possible, toutefois, les condos compteront surtout une chambre. D'une superficie variant entre 620 et 680 pieds carrés, ils seront offerts à partir de 228 800$ (taxes en sus).

Une piscine extérieure, un espace pour le barbecue, un coin détente avec un foyer à l'éthanol, un chalet urbain et une salle d'exercice seront aménagés sur le toit. Tous pourront donc profiter de la vue dégagée sur le centre-ville et le mont Royal. Le stationnement souterrain, réparti sur quatre niveaux, comptera quant à lui 107 places.

L'ancien immeuble ayant déjà été démoli, la construction du Metropol débutera incessamment. Les premiers copropriétaires devraient commencer à emménager en juillet 2013.

Le dernier-né de Samcon a fait l'objet d'un projet particulier. «Sur le boulevard René-Lévesque, il aurait fallu faire un édifice de 10 étages pour respecter la continuité urbaine, mais cela n'avait aucun sens», indique Maurice Gareau, vice-président développement chez Samcon.

Pour pouvoir hausser la hauteur et la densité de l'immeuble, l'entreprise a dû s'engager dans un long processus qui l'a amenée en consultation publique. Une procédure que tous ne sont pas disposés à faire.

«C'est très lourd quand on veut faire une modification au plan d'urbanisme, précise M. Gareau. Il faut régler la question de la hauteur et de la densité des édifices au centre-ville, pour créer un contexte où il est possible de faire des projets de plus grande envergure. Il faut donner une plus grande marge de manoeuvre aux promoteurs pour réaliser des projets urbains.»