Devenir entrepreneur général pour continuer à vivre dans la maison de son enfance tout en visant l'amélioration de la vie du quartier. C'est l'objectif de Nadine Landry et de ses parents, ainsi que d'un couple d'amis et associés, Réjean Paquette et Isabelle Girard.

Marie-France Léger LA PRESSE

Devenir entrepreneur général pour continuer à vivre dans la maison de son enfance tout en visant l'amélioration de la vie du quartier. C'est l'objectif de Nadine Landry et de ses parents, ainsi que d'un couple d'amis et associés, Réjean Paquette et Isabelle Girard.

 Depuis le mois de mai, une affiche intrigante trône devant le 7247, de Gaspé, non loin du marché Jean-Talon. On nous annonce la construction des Condos du marché à cet endroit et à la place des deux maisons connexes. On veut y construire trois bâtiments de quatre unités de condos, d'un peu plus de 1000 pieds carrés chacun, pourvues de deux chambres à coucher et dont le prix de base est fixé à 175 000$.

Avec l'aide de ses associés, Nadine Landry a transformé une partie de son logement en bureau des ventes, petit mais efficace, et pourvu de l'essentiel: plans et maquettes avec échantillon grandeur nature du comptoir de la cuisine et de la vanité de salle de bains. Réjean Paquette, technicien en architecture, habitué de la surveillance de chantier, a dessiné l'enveloppe extérieure, les plans et déterminé les matériaux. La réponse des citoyens a été très bonne. L'intérêt est grand parmi les gens du quartier, parmi les gens à loyer et les préretraités, affirment les nouveaux entrepreneurs.

 Pourquoi bâtir du neuf?

 La maison de Nadine Landry est une maison minimale à toit plat, idem pour celle de ses parents. La troisième construction est une maison à deux étages, mais qui a été partiellement détruite par le feu. Nadine Landry et ses parents voulaient continuer à vivre dans le même quartier, mais rénover et agrandir les maisons existantes relevaient d'un mauvais choix. «Les fondations n'étaient pas assez solides pour entreprendre un tel travail», explique Réjean Paquette.

 Le dossier a été présenté officiellement à la Ville en avril dernier. La mairesse de l'arrondissement, Anie Samson, a été rencontrée. Il ne manquait, au moment d'écrire ces lignes, que le permis de démolition du bâtiment endommagé et dangereux. Placardé de toute part, le 7241, de Gaspé ne donne pas en effet une belle image sur ce bout de rue. «C'est un bâtiment qui n'a aucune valeur architecturale, précise Réjean Paquette. Il faut creuser rapidement à l'automne pour mettre la couverture et les fenêtres. Les entrepreneurs généraux sont choisis.» Sa conjointe, Isabelle Girard, déplore de son côté la lenteur du processus administratif.

Marier qualité de vie et habitat

 Il a fallu montrer patte blanche auprès de la Régie du bâtiment du Québec: monter un dossier solide et obtenir une licence d'entrepreneur, adhérer à l'APCHQ, lancer une Garantie de maison neuve de cinq ans. «Il a fallu que je parte ma compagnie et que je m'associe à Réjean, qui a les compétences techniques. Moi, j'ai les compétences de gestionnaire», souligne Nadine Landry.

 Avec la création de cette petite entreprise, les associés ont été capables d'aller chercher de très bons prix car il n'y avait pas d'intermédiaires à payer ou de frais fixes importants à régler. «On n'est pas des fils de millionnaires. Mais des épargnants conservateurs peuvent y arriver. J'ai mis tout mon bas de laine là-dedans. C'est pour ça que je veux un travail de qualité», poursuit Nadine Landry. Prochaine étape: démolition souhaitée en septembre afin d'aller de l'avant en prévision du printemps 2008 pour la livraison des condos.

 Pour en savoir plus: www.condosdumarche.com

 

Photo fournie par Réjean Paquette

Les maisons des 7241, 7247 et 7253, de Gaspé, dans leur état actuel.