La maison nous rappelle quelque chose. La Floride peut-être? «En plein ça!», confirme joyeusement la propriétaire Michelle Caroli en ouvrant la porte.

Marie-Andrée Amiot LA PRESSE

On est pourtant à Saint-Placide, au bord du lac des Deux Montagnes, à mille lieues de la Floride. Les surprises ne faisaient que commencer.

Michelle, voyez-vous, n'a pas un parcours conventionnel. D'abord, la sexagénaire a passé le plus clair de sa vie adulte à Saint-Placide, à diriger une ferme où elle élevait des chevaux. Jusqu'ici, rien d'extraordinaire, mais quand on apprend qu'elle a grandi dans les grandes maisons d'Outremont et de Westmount, bien loin de la campagne, on tend l'oreille.

Puis, quand elle raconte le chemin qui l'a menée ici, on écoute attentivement cette femme qui a de l'aplomb à revendre et qui semble connaître tout le monde.

Michelle s'est mariée à 17 ans («presque 18!») avec Italo Caroli, le jeune homme qui avait accompagné sa soeur aînée aux bals des Débutantes, ces rites de passage qui ponctuent la vie mondaine des jeunes filles de bonne famille. «Italo était charmant, gentil et me trouvait drôle. On a cliqué tout de suite.»

Michelle, peu portée vers les mondanités, s'est retrouvée à travailler dans un studio d'enregistrement de publicités grâce à son amie Janette Bertrand. 

«Mon mari travaillait très fort dans l'usine qu'il venait de fonder, et moi aussi. On était deux workaholics. On venait d'avoir une petite fille et on devait prendre une décision. Qui de nous abandonnerait sa carrière pour s'occuper de notre Francesca? Il m'a fait une proposition: et si on achetait une ferme dont je m'occuperais? J'ai dit oui tout de suite.

- Vous aviez déjà fait cela?

- Pantoute!»

Apparemment, ça n'avait pas d'importance. Italo connaissait sa femme.

Le couple a trouvé à Saint-Placide. «J'ai accroché tout de suite.»

Au fil des ans, la ferme Caroli est devenue un véritable domaine équestre avec ses 150 acres et ses 35 chevaux de dressage. Michelle a fait construire des bâtiments, des enclos et des manèges. Les chevaux remportaient les honneurs dans les compétitions internationales et Francesca était devenue une cavalière émérite. Tout allait pour le mieux.

Puis, en 2001, c'est le drame. Italo meurt subitement, foudroyé par une crise cardiaque, à 59 ans. «Pendant deux ans, j'étais inconsolable. Heureusement qu'il y avait les animaux.»

Le couple avait acquis des propriétés un peu partout, dont une à West Palm Beach que Michelle aimait particulièrement. «J'ai finalement décidé de vendre la ferme et de me faire construire une maison comme celle de la Floride.» Elle a acheté un grand terrain au bord du lac auprès de son ami, Richard Petit, propriétaire de Kébecson (quand on vous disait qu'elle connaît tout le monde!).

Elle a mandaté un autre ami, l'entrepreneur Marc Perreault d'Équipe Landco, qui l'avait souvent visitée en Floride.

Le résultat est une maison qui pourrait très bien se retrouver au bord de la mer. «Marc a construit une copie conforme de l'autre.»

L'extérieur est typiquement floridien avec son revêtement pâle et ses nombreuses fenêtres. Le toit en pavillon est en métal tandis que le plafond est en bois peint en blanc comme les surfaces verticales. Un lanterneau percé d'ouvertures servant à éclairer les lieux complète le look.

La propriété s'étend sur un seul palier, sauf que M. Perreault a ajouté un sous-sol. En plus, il a créé des combles qui ne faisaient pas partie des plans initiaux de Michelle. «On ne peut pas gagner toutes les batailles», philosophe la propriétaire.

Dans la cuisine, il y a assez d'armoires et de tiroirs pour ranger tout l'équipement de Michelle. «Le designer pensait que l'îlot serait un peu grand [49 po x 112 po], mais c'est ce que je voulais. Tout le monde finit toujours par flâner dans la cuisine!» Elle a aussi réussi à intégrer un vieux frigo recouvert de lattes en bois, une merveille de design qui vient d'un ancien bar. «Il me suit partout, ce frigo, je n'étais pas prête à m'en défaire.»

Michelle aime sa maison et son formidable terrain. Elle y a planté des centaines de fleurs, de graminées et d'arbres. Il y a des trottoirs en bois qui rappellent les plages. Ils mènent vers un foyer extérieur et une pergola. Un long quai s'avance sur le lac et un immense garage détaché semblable à la maison pourrait être converti en appartement. Michelle y range sa collection de cannes à pêche et son bateau. Oui, parce qu'elle aime taquiner l'achigan.

Tout le monde la connaît dans son patelin et c'est réciproque. Pourquoi alors quitter cette maison qu'elle aime tant? Parce qu'elle possède aussi une maison à Saint-Martin. «L'ouragan Irma a ravagé les Caraïbes l'an dernier. J'adore cet endroit et je veux faire partie de la reconstruction de l'île.» Un nouveau projet, ça ne peut que faire du bien.

Photo fournie par Sotheby’s International Realty Québec

L'arrière de la maison est entièrement fenêtré. Cette photo a été prise au printemps et les fleurs de la rocaille avaient doublé en taille lors de notre visite en août.

La propriété en bref

Prix demandé: 978 000 $

Année de construction: 1997

11 pièces comprenant 2 chambres, 2 salles de bains, 1 foyer au gaz, garage séparé, sous-sol aménagé

Superficie du terrain: 43 466 pi2; 139 pi en bordure du lac

Évaluation municipale: 689 000 $

Impôt foncier: 4508 $

Taxe scolaire: 1788 $

Courtiers: Bea Jarzynska, 514 373-2075, et Stéphane Larrivée, 514 287-7434, Sotheby's International Realty Québec

> Consultez la fiche de la propriété: https://www.centris.ca/fr/maison~a-vendre~saint-placide/27704687

Photo fournie par Sotheby’s International Realty Québec

Le terrain en bordure de l'eau est grand et longe le lac sur près de 140 pi. La propriétaire s'est amusée en le divisant en plusieurs secteurs. Ici, elle a fait construire une pergola.