Robert Viau travaille dans le domaine du courtage hypothécaire. Des maisons, il connaît ça; des maisons, il aime ça. À la fin des années 70 et au début des années 80, il a été témoin de l'exode des anglophones qui voulaient pratiquement donner leur propriété à Montréal et quitter la Belle Province. Robert Viau a donc beaucoup transigé et profité de cette période d'effervescence immobilière. Au point de se faire construire, au tournant du siècle, une belle maison à Sainte-Anne-des-Lacs, pour laquelle il avait fait appel à l'architecte Yves Gagné et à ses amis dans le domaine de la construction.

Pierre Deschênes LA PRESSE

En 2001, il entretenait une relation avec une femme qui avait deux jeunes enfants. L'heure était aux grands projets pour s'installer à demeure. «Je suis un magasineux et un fouineux. C'est le bout que j'aime», explique-t-il. Il se lance donc dans son activité préférée, à part le golf et les sports de glisse, en devenant entrepreneur général pour sa nouvelle résidence.

Tout d'abord, il découvre, toujours grâce à un ami, spécialiste en excavation et fin connaisseur des Laurentides, un terrain sur le flanc d'une haute colline à Morin-Heights. Il s'agit d'un mont qui a été acheté en entier par un promoteur; Robert y a trouvé un espace qui lui plaît, tout en haut. Il devra d'ailleurs entretenir à ses frais la route qui y mène les trois premières années, car le vendeur n'est pas rendu au sommet dans son développement.

Robert Viau commence littéralement à remuer mer et monde: il doit remblayer une partie du terrain. Pour ce faire, il paie 400 voyages de terre à 100 $ l'unité: «En partant, j'ai défoncé mon budget de 125 000$»! Il fait construire un mur en pierre sèche d'une trentaine de pieds de hauteur par endroits, sur une distance de 300 pi. Les pierres, «parfois aussi grosses qu'une Volkswagen», sont transportées depuis Val-David, une ou deux à la fois, dans certains cas. Il érige sur le lot, avec ses complices habituels, un bâtiment de trois étages d'une superficie totale de 4800 pi2. «On a été dans l'abus total», calcule-t-il.

Mais le résultat en vaut la peine: la vue de la vallée s'offre à tous les étages, dans toutes les pièces. Ce qui est surprenant, c'est que si cette vaste maison ne comprend pas une quantité exagérée de pièces, elle offre cependant des aires très spacieuses et aérées, dont les hauts plafonds ajoutent à cette impression d'ampleur. Et que dire des panoramas époustouflants qui nous sont donnés? Aucun arbre n'obstrue la vue d'est en ouest, des monts Habitant et Saint-Sauveur, en passant par le golf Balmoral et la station de ski Morin-Heights en face, pour se fondre aux couchers de soleil du côté de Saint-Faustin. En avant-plan, pour faire carte postale, une piscine creusée avec ses chaises longues...

Aujourd'hui, Robert Viau vit seul. Inutile de dire qu'il trouve la maison beaucoup trop grande. Elle ne convient plus du tout à son actuel style de vie, d'autant qu'il se qualifie d'homme modeste. Il se mettra donc à la recherche d'un autre emplacement pour s'en construire une plus petite et mieux adaptée à ses besoins. Fin d'une époque, fin de l'épisode.

La propriété en bref

>Prix demandé: 998 000$

>Année de construction: 2003

>Pièces: une douzaine dont cinq chambres et deux salles de bains et une salle d'eau

>Comprend: électroménagers, accessoires de piscine, aspirateur central, habillages des fenêtres

>Évaluation municipale: 895 800$

>Impôt foncier: 5913$

>Taxe scolaire: 1117$

>Courtier: Marie-Claire Rémillard, Profusion immobilier, 514 975-5731