C'était un sombre split level de mille-neuf-cent-tranquille. C'est devenu une résidence contemporaine et ensoleillée. Une métamorphose architecturale qui a requis deux ans de planification et de travaux.

Publié le 7 janv. 2012
Valérie Vézina, collaboration spéciale LA PRESSE

Cette maison à vendre se trouve à la frontière de Ville-Marie, près d'Atwater, à flanc de colline.

Une large ouverture encadre le boisé situé en face. «C'est une forêt protégée, elle le restera même avec [la réalisation du projet] Marianopolis», indique Fadi Coussa, architecte à qui les propriétaires ont confié cette transformation extrême.

La résidence est passée de deux à cinq chambres. Aucune n'est en sous-sol; en effet l'étage le plus bas donne accès à une terrasse en rez-de-jardin, à l'arrière de la propriété.

La première impression de l'architecte quand il est entré dans l'ancienne maison? Celle d'être dans un labyrinthe! Les pièces cloisonnées du rez-de-chaussée, le plafond relativement bas: plusieurs éléments concouraient à rendre l'intérieur sombre et peu avenant.

Sa première intervention a été d'ajouter un mur rideau en vitre du côté sud-ouest de la maison. Du coup l'entrée de lumière a été multipliée et ce, sur les quatre demi-niveaux puisque cette sorte de tour vitrée ceinture le nouvel escalier.

Épure contemporaine

De l'extérieur, la construction a passablement changé, à commencer par les accès. Deux portes en acajou ont remplacé l'ancienne porte. L'entrée du garage a été élargie.

Et si la brique du revêtement a été conservée, de la pierre Indiana a été ajoutée aux façades. Ce matériau et du bois torréfié recouvrent les extensions.

Le bois torréfié forme d'ailleurs les deux balcons dont le plus grand prolonge la salle à manger du côté sud, au-dessus de la cour. Des garde-corps transparents laissent voir un grand conifère poussant là et la partie ouest de la ville au-delà.

La décision d'installer de grandes baies vitrées le long du salon s'est imposée pour profiter de ces vues sur Montréal, dit M. Coussa.

Pour ouvrir encore davantage l'espace, l'architecte a décloisonné tout le rez-de-chaussée, et rehaussé les plafonds à «dix pieds». Seules deux poutres de renfort viennent briser ce plan complètement ouvert. De simples colonnes, peintes en blanc comme la plupart des murs. «Aucune arche», précise M. Coussa.

Dans le même esprit d'épure et de transparence, il n'y a pas de contremarches dans l'escalier. Celui-ci est fait de verre et d'acier inoxydable. Les marches sont en chêne blanchi comme les parquets. «Les planchers sont vernis, mais avec peu de vernis parce qu'autrement cela jaunit (le bois)», dit M. Coussa.

Cuisine Poggenpohl

Une cuisine de rêve meuble la partie située à l'avant du rez-de-chaussée. C'est une cuisine Poggenpohl faite sur mesure. Elle inclut un réfrigérateur Viking, un four double (Bosh), un lave-vaisselle Thermador, une plaque de cuisson Bertazzoni avec 6 brûleurs, un cellier et une machine à espresso encastrée. Les plans de travail en quartz réfléchissent la lumière, comme la laque des armoires.

Du marbre pâle habille les dosserets ainsi que la majeure partie des surfaces de la salle de bains des maîtres, qu'on trouve au quatrième et dernier niveau.

Là, il y a une baignoire Wet et une grande douche décorée de mosaïque. Cette grande salle de bains jouxte la chambre principale.

Deux autres chambres dotées de rangements muraux intégrés et une salle de bains tout aussi luxueuse complètent cet étage. L'aire de circulation consiste en une mezzanine ouverte sur le hall d'entrée, deux niveaux plus bas.

Le niveau intermédiaire (au-dessus du garage) contient une grande pièce qui pourrait être aménagée en salle familiale, en espace de travail, en salle de jeux, bref n'importe quoi. Avec ses deux larges ouvertures, c'est l'une des pièces les plus spectaculaires de la maison.

Le premier niveau habitable - car il y a un sous-sol de service - offre encore beaucoup d'autre luminosité, grâce à la construction en pente. Murs immaculés et lumière naturelle caractérisent aussi la salle de lessive.

Dorothy Karkoukly et Santa Aquilino ont piloté ce projet de transformation. Elles demandent 3,5 millions pour cette maison «qui avait besoin d'un nouveau souffle, ayant été habitée pendant plus de 40 ans par une même famille».

Les deux investisseuses n'habitent pas cet endroit, cela dit, pour faire bon effet, elles ont meublé (minimalement) plusieurs pièces. Elles se sont approvisionnées chez Roche Bobois, Indiport, Au Courant. Elles ont loué des tableaux à la galerie d'art montréalaise Joyce Yahouda pour enjoliver ce décor tout neuf et tout blanc comme une première neige.