Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente.

Christiane Desjardins Christiane Desjardins
Collaboration spéciale

Dans une maison patrimoniale de 180 ans comme celle-ci, on pourrait croire que quelques vieux esprits viennent y rôder, voire qu’ils y font la fête, surtout à l’approche de l’Halloween. Mais la propriétaire actuelle de la maison Ephraïm-Mott, à Saint-Jean-sur-Richelieu, n’a jamais rien vu ni rien entendu de tel.

PHOTO FOURNIE PAR DUPROPRIO

Une fois passées les imposantes portes en bois, on se retrouve dans un hall dégagé, ouvert sur le salon au cachet d’antan.

Même Nelson Mott, qui, en 1848, est devenu le premier maire du village de Saint-Jean, ne revient pas faire un petit tour dans la demeure que son père, Ephraïm, a fait construire. Ou s’il le fait, ne serait-ce que par simple curiosité, c’est en toute discrétion. Ni vu ni connu.

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Comme l’immeuble avait été transformé en duplex dans le passé, il n’y avait plus d’escalier intérieur. L’escalier qu’on voit ici a été installé lors des rénovations, il y a une dizaine d’années.

En revanche, Nathalie Madore, elle, est bien présente et bien connue, à Saint-Jean-sur-Richelieu. Avocate de profession et femme d’affaires, elle s’est impliquée dans différents domaines, particulièrement la revitalisation du Vieux-Saint-Jean, qui lui tient tant à cœur. Elle a d’ailleurs été présidente de l’association Rues Principales Vieux-Saint-Jean pendant six ans. « J’aime les maisons anciennes et le Vieux-Saint-Jean », lance Mme Madore avec conviction. L’immeuble dont il est question ici se qualifiait sur les deux plans quand elle l’a acquis, il y a une dizaine d’années.

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La plaque rappelle les origines de la maison Ephraïm-Mott, ainsi que celles d’une voisine, la maison McGinnis. On y apprend que Samuel Mott, agriculteur loyaliste du Vermont, est venu s’établir dans la région vers 1788. Son fils Ephraïm, commerçant, a offert le premier service de traversier entre Saint-Jean et Iberville, en 1797. Le fils de ce dernier, Nelson, commerçant lui aussi, est devenu le premier maire du village de Saint-Jean, en 1848.

Construit en 1841 et de facture néoclassique, il est situé rue Jacques-Cartier Nord, dans le Vieux-Saint-Jean. Au moment de l’achat, il s’agissait d’un duplex qui nécessitait beaucoup de réparations, se souvient-elle. Par contre, l’immeuble était solide, présentait un grand potentiel et était à deux pas de ses bureaux et de tous les services. L’idée de Mme Madore était de redonner à l’immeuble sa vocation initiale d’unifamiliale, de le moderniser dans le respect de son ADN et de s’y installer avec sa famille. Il a fallu huit mois de travaux et pas mal de « bidous » pour y arriver.

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Les pièces du rez-de-chaussée sont séparées, tout en étant ouvertes. Ici le coin dînette, adjacent à la cuisine, que l’on aperçoit à gauche.

Travaux et surprises…

Parmi les travaux, on note l’ajout d’un garage double et d’un étage habitable au-dessus, la réfection des murs de brique, l’isolation, la pose d’un drain français, l’enlèvement de l’escalier extérieur et l’aménagement d’un escalier intérieur, le remplacement de portes et de toutes les fenêtres, l’installation de thermopompes quatre zones, la rénovation des salles de bains et l’ajout d’une nouvelle. La cuisine a elle aussi été complètement refaite et est maintenant dotée d’un plancher chauffant.

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La cuisine a été entièrement refaite. Les armoires de bois ajoutent à son cachet, tout comme les électroménagers de marque Heartland, qui s’intègrent parfaitement dans le décor.

Rénover une maison ancienne apporte son lot de surprises. C’est ainsi qu’en abattant un mur de gypse dans la cuisine, un ancien four à pain en briques est apparu. Même s’il ne peut plus remplir ses fonctions initiales, Mme Madore a décidé de le conserver et même de le mettre en valeur. Même chose pour les calorifères en fonte qui sont toujours à l’œuvre. « C’est le meilleur chauffage », indique la maîtresse des lieux. Dans le cas présent, le système de chauffage à eau chaude est alimenté au gaz naturel.

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Le four à pain découvert derrière un mur de gypse lors des rénovations a été conservé et mis en valeur par un artisan maçon. La cuisinière au gaz s’y trouve maintenant comme dans un écrin.

La maison compte 14 pièces de bonnes dimensions. Les divisions ont été conservées, sauf en quelques endroits. À l’étage, par exemple, on a réuni deux pièces pour en faire la chambre principale. Celle-ci s’étend d’un bout à l’autre de la maison et profite désormais d’une immense salle de bains, qui se trouve à être au-dessus du garage. Un grand walk-in y est annexé. Deux autres chambres, ainsi qu’une autre salle de bains et une salle de lavage, complètent l’étage. Mais ce n’est pas tout. On peut monter encore plus haut et accéder au grenier, où se trouvent une salle familiale, une chambre d’amis et un autre espace de rangement.

Touche personnelle

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La salle à manger occupe une pièce près de la cuisine et donne vue sur le jardin.

Si les rénovations ont évidemment nécessité l’intervention d’ouvriers spécialisés, c’est Mme Madore elle-même qui s’est occupée du design et de la décoration. Propriétaire d’une quinzaine d’immeubles dans Saint-Jean, situés presque tous au centre-ville, elle aime bien mettre sa touche personnelle dans ses propriétés. Et ça tombe bien, elle a du goût. « J’aime ça faire ça moi-même. J’ai l’impression de faire quelque chose de beau. Et ça me change de ma pratique », dit l’avocate, qui œuvre en droit de la famille.

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Nous voici rendus à l’étage, dans la chambre principale qui occupe deux pièces.

Elle a un penchant certain pour les maisons en brique rouge, avec des portes vertes, attributs qui caractérisent sa maison, mais aussi celle d’en face, qui lui appartient également. Il s’agit d’un duplex qui n’avait pas du tout cette fière allure quand elle l’a acheté, il y a quelques années. Mme Madore l’a complètement rénové, lui aussi. Rénover pour revitaliser, toujours.

Rester dans le quartier

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Le blanc et le noir s’accordent avec bonheur et élégance dans la vaste salle de bains principale. Le cabinet de toilette est à part et est fermé par sa propre porte.

Pourquoi vendre maintenant ? Pour les raisons classiques, indique la propriétaire. Ses deux filles devenues adultes ayant quitté le nid familial, la maison est devenue trop grande. Mme Madore n’ira cependant pas bien loin. « Je ne quitte pas ma maison parce que je n’aime pas mon quartier. Je vais rester dans le quartier. Je n’irais jamais rester dans un nouveau développement, où il n’y a pas de trottoirs où marcher », résume celle qui s’apprête à se faire construire une maison plus adaptée à ses besoins, tout près. La nouvelle maison sera dans le même style que sa maison actuelle, pour bien s’intégrer dans le Vieux-Saint-Jean, mais plus petite. Elle devrait avoir un bel esprit, et sera assurément en brique rouge, avec des portes vertes.

La maison en bref

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Les vêtements trouvent vite leur place dans ce walk-in, et il y a tout ce qu’il faut pour bien les entretenir. Détail astucieux : le meuble au centre de la pièce, recouvert d’un tissu résistant, sert à la fois de rangement et de table de repassage. À noter que la salle de lavage est au même étage.

Prix : 925 000 $

Évaluation municipale : 510 600 $

Année de construction : 1841

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L’étage compte deux autres chambres, dont celle-ci.

Maison ancestrale au cachet d’antan, mais qui offre tout le confort moderne. Située dans le Vieux-Saint-Jean, près des services et des pistes cyclables, de la rivière Richelieu, du cégep et du Collège militaire royal de Saint-Jean. Le zonage permet d’y exploiter un bureau d’affaires.

Taxes municipales : 4744 $

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La propriété vue de côté. Le garage double a été ajouté par la propriétaire lors des rénovations, mais il s’intègre parfaitement à l’ensemble. L’étage au-dessus du garage accueille la salle de bains principale et le walk-in.

Taxe scolaire : 498 $

Dimensions du terrain : 11 776 pi2 (1094,03 m2)

Aire habitable, sous-sol exclu : 4285 pi2 (398,09 m2)

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La cour arrière est de belle dimension. Le patio avec son coin repas a trouvé sa place, tout près de la maison.

À vendre par la propriétaire, par l’entremise de duProprio

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