Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente.

Christiane Desjardins Christiane Desjardins
Collaboration spéciale

Assise bien carré à l’angle des rues Saint-André et du Rosaire, cette maison du quartier Villeray a toujours été différente des autres. C’est encore plus vrai aujourd’hui, alors que cette centenaire bien particulière vient de subir une transformation extrême.

PHOTO FOURNIE PAR NICOLAS ROVERSELLI DE ROYAL LEPAGE URBAIN

Le duplex avant sa transformation. Dans la nouvelle version, le balcon et les escaliers de l’étage ont disparu.

Elle est maintenant noire, mais ceux qui la connaissaient déjà — j’en suis — la reconnaissent, car elle a gardé sa silhouette et ses principaux attributs. Les autres, ceux qui ne l’ont jamais vue avant, pourraient facilement croire qu’elle vient de sortir de terre. Ce modernisme qu’elle affiche à l’extérieur incite à se demander ce qui se trouve à l’intérieur. Un petit indice : ce n’est plus un duplex, c’est maintenant une unifamiliale.

« On a tout dégarni à l’intérieur », explique Dominique Jacquet, artisan de ce changement avec sa conjointe, Anne-Sophie Goneau. Lui est concepteur architectural, elle est designer d’intérieur. Ce n’est pas le premier projet de rénovation majeure qu’ils réalisent dans le bouillonnant quartier Villeray. Dans le cas qui nous occupe, ils ont été charmés par l’emplacement, la forme unique et cubique du bâtiment, son orientation intéressante, sa solidité et son garage double, rareté absolue dans le quartier. Ils ont acheté l’immeuble l’an passé. Leur but était de créer au cœur de ce quartier populaire montréalais une résidence ayant les atouts qu’on trouverait dans des milieux de vie moins denses. Cela, sans l’entretien du terrain. De fait, ici, il n’y a pas un centimètre carré de gazon à tondre. Il faut dire que depuis toujours, presque tout l’espace de la propriété est occupé par la maison et le garage. Il restait une petite cour, qui est toujours là, et qui a désormais une fonction bien définie, comme nous le verrons plus tard.

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Une fois entré par la porte avant, on se retrouve dans cet espace qui sert de transition entre l’extérieur et les aires de vie. De discrets crochets permettent aux visiteurs de suspendre leurs manteaux.

Parmi les premiers travaux entrepris par les nouveaux propriétaires figurait la modification de la couleur extérieure du bâtiment.

Estimant que la propriété avait l’air terne et effacée à côté de son imposante voisine qu’est l’église Notre-Dame-du-Rosaire, le couple Jacquet-Goneau a décidé de faire teindre la brique beige/grise en noir. Ce qui donne à la maison un caractère bien affirmé. Impossible de ne pas la remarquer !

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Les aires de vie se concentrent au rez-de-chaussée, dans un espace complètement décloisonné.

Cette maison que je connais

Avant d’entrer à l’intérieur, je vais révéler un petit quelque chose. Cette maison, je l’ai bien connue, puisque j’y ai passé toute mon enfance et mon adolescence avec ma famille. Du milieu des années 50, jusqu’en 1971. Nous étions quatre enfants et habitions le cinq-pièces du bas avec nos parents qui louaient au propriétaire, le Dr Jarry. Ce dernier, descendant d’une célèbre famille du quartier (qui a donné son nom au parc), a vendu la maison en 1978 à un couple qui l’a habitée pendant 40 ans, avant de la mettre en vente à son tour, il y a deux ans. 

J’ai eu le plaisir de revisiter le logement de mon enfance à ce moment-là. La maison avait été bien entretenue, mais tout était parfaitement reconnaissable : l’emplacement des pièces avec les mêmes divisions, les mêmes petits placards aux mêmes petits endroits, l’arche qui séparait le passage de la salle à manger, le renfoncement dans le passage où logeait autrefois la fournaise à gaz… Oh, mais le temps file, le passé s’arrête ici. Il est temps d’entrer au 7751, rue Saint-André pour voir ce qu’il en est aujourd’hui.

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Un foyer au gaz apporte de la chaleur à l’ensemble.

Les mêmes ouvertures

L’entrée originale du rez-de-chaussée, qui donne sur la rue Saint-André, a été conservée, mais la porte a changé de côté. On se retrouve dans un passage où de discrets crochets permettent aux visiteurs d’accrocher leurs manteaux. « Cet espace a été créé pour faire une transition plus douce entre le domaine public et le domaine privé », explique M. Jacquet. On continue et nous voilà dans l’espace principal où sont concentrées les aires de vie. Exit, les divisions. Tout est décloisonné et aéré. Le style épuré et minimaliste donne le ton avec des points d’intérêt qui accrochent l’œil. La lumière naturelle s’invite un peu partout. Pourtant, toutes les ouvertures des portes et des fenêtres ont été conservées dans leurs grandeurs originales, précise M. Jacquet. Toutes, hormis la fenêtre de la salle à manger, qui a laissé place à un mur entièrement vitré. Il s’agit de portes coulissantes qu’on peut ouvrir pendant la belle saison. On accède alors à la cour intérieure, qui est désormais une terrasse. L’intimité de celle-ci est assurée par un haut treillis de métal, sur lequel courra bientôt de la vigne.

L’ancienne cuisine, qui jouxte le garage, est devenue une salle de lavage et un vestiaire (mudroom), dotés de rangements multiples et dissimulés. On arrive avec les sacs d’épicerie ou avec les enfants qui reviennent du match de hockey et hop, tout disparaît vite.

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Ce mur en lamelles de bois est en fait un rangement pour bouteilles de vin. Derrière, on voit l’espace salon, et les grandes portes-fenêtres qui donnent sur la cour intérieure, devenue terrasse. De la vigne viendra bientôt recouvrir le haut treillis, qui la sépare du trottoir, afin d’assurer l’intimité.

L’étage et ses fonctions

On monte à l’étage par un nouvel escalier, placé exactement à l’endroit où était situé celui de l’ancien logement du haut. Arrivé là-haut, on se retrouve dans un bel espace qui sert de salon secondaire. C’est clair et aéré comme le reste, mais ici, c’est le jardin intérieur qui vole la vedette. Des plantes se prélassent sous un puits de lumière, dont la fonction est exacerbée par un miroir. M. Jacquet signale que lorsque la nuit tombe, un éclairage par en dessous prend la relève et crée un sentiment différent.

C’est donc à cet étage que sont concentrées les quatre chambres. Trois sont restées aux emplacements initiaux, puisqu’elles profitaient déjà d’une très belle luminosité, indique, M. Jacquet. Une salle de bains complète leur est allouée. La quatrième chambre, la principale, a été aménagée plus au nord, à l’endroit où se trouvait auparavant une remise. La pièce, qui a été refaite et agrandie, est abondamment éclairée. Elle est dotée elle aussi de grandes portes vitrées coulissantes, qui donnent sur le toit du garage. Ce toit cumule une nouvelle fonction : celle de seconde terrasse. Une salle de bains spacieuse et translucide vient compléter le quartier des maîtres des lieux.

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Le blanc et le gris dominent dans cette maison. La surprise est donc totale quand on entre dans la salle d’eau du rez-de-chaussée.

Pour le moment, il n’y a aucun habillage de fenêtres. Il reviendra aux prochains propriétaires de décider ce qu’ils veulent pour assurer leur intimité, et filtrer le soleil, au besoin.

M. Jacquet résume ainsi la démarche pour la conception et l’aménagement de la maison : « Peu de fioritures, mais des volumes qui s’agencent et s’harmonisent, pour créer des environnements qui sont à la fois différents de ce qu’on peut voir à l’origine, mais dans une optique d’intégration dans le quartier. »

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L’ancienne cuisine a fait place à une salle de lavage et à un espace de rangements multiples qui cachent bien leur jeu. Ce couloir relie la maison au garage double, chauffé.

Des surprises

Transformer une maison, centenaire de surcroît, représente tout un défi et il faut s’attendre à des surprises. « Malgré le fait que l’état général était bon, on a eu de grosses surprises en dégarnissant », admet M. Jacquet. Parmi les bonnes, il y a eu le fait de découvrir qu’il n’y avait aucun mur porteur à l’intérieur. Le concepteur architectural explique que ce sont des poutres d’acier surdimensionnées de plus de 20 po d’épaisseur qui tenaient la structure. C’est logique, puisque selon ses informations, la bâtisse a été construite en 1910 pour y entreposer et réparer des calèches. « On devine qu’il fallait une grande ouverture pour les faire entrer », dit-il. 

Quoi qu’il en soit, les poutres, cadeau bénit, ont bien sûr été conservées. Par contre, il a fallu changer les colonnes d’extrémité sur lesquelles elles s’appuyaient. « Avec le temps et l’humidité, elles avaient pourri. » En cours de travaux, on a aussi découvert que la dalle de béton était cassée. Celle-ci a donc été refaite. « On a tout reconsolidé la structure, bien qu’elle ait été parfaitement droite », explique le propriétaire. Et en se basant sur l’historique du bâtiment, le couple a décidé d’opter pour un sol en béton. Le plancher a été isolé, et est chauffé avec des câbles.

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Nous voici rendus à l’étage. Un salon secondaire y a été aménagé. Un grillage de type industriel sert de garde-fou. Les chambres, orientées à l’ouest, sont fermées par des portes coulissantes.

Des travaux ont aussi été effectués dans le garage qui, avec ses 680 pi2, peut accueillir facilement deux véhicules en plus d’offrir un bel espace de rangement. Il permet d’accéder directement à l’intérieur de la maison, sans passer par l’extérieur.

Et voilà, on a fait le tour de cette maison qui amorcera bientôt une nouvelle tranche de sa longue vie. Avantageusement située à distance de marche des métros Jean-Talon et Jarry, puis tout près des écoles et de nombreux services, elle pourrait intéresser une jeune famille ou un couple qui a besoin d’espace, mais apprécie la vie en ville.

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Le voilà, le jardin intérieur. Il est constitué de plantes en pot qui sont encastrées dans le sol. Un puits de lumière apporte tout l’éclairage nécessaire.

« Beaucoup de gens décident de quitter les centres urbains, car ils manquent d’espace, de chambres, de salles de bains… On voulait présenter une unifamiliale qui pouvait pallier un peu ces lacunes, mais en plein centre d’un quartier populaire », dit M. Jacquet

La propriété en bref

Prix demandé : 1 950 000 $

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La chambre principale est abondamment fenêtrée et donne sur une seconde terrasse qui, elle, est sur le toit du garage. La paroi translucide que l’on voit sur la gauche apporte de la lumière à la salle de bains des maîtres des lieux.

Évaluation : 459 700 $

Impôt foncier : 4279 $

Taxe scolaire : 546 $

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Une partie de la salle de bains « des maîtres »

Description : Cottage de 2575 pieds carrés, sur coin de rue, complètement refait à l’intérieur, garage double chauffé avec accès direct à la maison, et deux terrasses. Aires de vie au rez-de-chaussée avec foyer au gaz et salle d’eau. Quatre chambres et deux salles de bains complètes à l’étage.

Courtier immobilier : Nicolas Roverselli, Royal LePage Urbain

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