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L'état du marché: surenchère à Montréal

En ce qui concerne les plex, on note... (Photo Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse)

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En ce qui concerne les plex, on note une diminution du parc immobilier en raison de la transformation de plusieurs logements en condos.

Photo Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse

Julie Roy

Collaboration spéciale

La Presse

Les vendeurs font de bonnes affaires à Montréal, où le marché immobilier se porte à merveille. Pour la deuxième année de suite, la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) y observe même de la surenchère: une propriété sur dix s'y vend désormais plus cher que le prix demandé.

Paul Cardinal, économiste à la FCIQ, explique qu'il y a surenchère lorsque les vendeurs ont le pouvoir de négociation et qu'ils se retrouvent souvent avec des offres multiples, ce qui met une pression à la hausse sur le prix.

Les segments des deuxièmes et troisièmes acheteurs, qui ont des ressources financières plus importantes, sont les plus dynamiques en la matière. « Les nouvelles règles hypothécaires ont eu un impact sur les premiers acheteurs, mais les règles n'ont pas été suffisamment contraignantes pour les autres. »

Pourquoi les gens sont-ils prêts à payer un prix supérieur à celui initialement demandé ? « Il y a une effervescence du côté de l'emploi. Il s'est créé 105 000 emplois à Montréal de 2016 à 2017. C'est sans parler du solde migratoire qui est positif. Il faut bien que ces gens habitent quelque part. Il y a aussi le fait qu'on ne choisit pas uniquement une maison, mais également un quartier. D'où la popularité de certains secteurs. La confiance des consommateurs est aussi à son sommet depuis 15 ans. Tout cela a un impact sur le marché immobilier », soutient Paul Cardinal.

Ce sont les plex de deux à cinq logements ainsi que les maisons unifamiliales qui sont surtout l'objet de la surenchère. En cas de surenchère, en moyenne, les acheteurs qui ont remporté la mise ont payé 15 072 $ de plus que le prix demandé par les vendeurs. « Certains secteurs de l'Ouest-de-l'Île comme Pointe-Claire (31 %), Kirkland (26 %) et Beaconsfield (26 %), etc. affichent des niveaux impressionnants de surenchère. La demande est très forte pour les maisons, et celles-ci sont rares », explique Paul Cardinal.

En ce qui concerne les plex, on note une diminution du parc immobilier en raison de la transformation de plusieurs logements en condos. Ce repli de l'offre et une demande toujours aussi forte expliquent le phénomène. « Dans les secteurs centraux comme Rosemont, le Plateau, les plex sont tellement prisés que le prix de vente de plus du quart des transactions conclues dans ce segment a dépassé le prix demandé », dit l'économiste.

La surenchère n'a toutefois pas touché le secteur du condo, puisqu'il y a une abondance de l'offre sur le marché.

En bref

Un frein à venir ?

Paul Cardinal ne s'inquiète pas outre mesure de cette surenchère et croit que les prochaines hausses de taux d'intérêt vont freiner doucement les acheteurs. Du côté des vendeurs, l'économiste pense que ces derniers vont s'adapter et afficher des prix plus élevés. « En ce moment, certains demandent un prix plus bas pour créer une sorte d'engouement. Pour eux, c'est une stratégie de vente. »

Pas un cas unique

Montréal n'est pas un cas unique au Québec. La surenchère a été observée dans plusieurs régions métropolitaines (RMR). C'est notamment le cas pour Québec (proportion de surenchère de 5,8 %), Sherbrooke (4,6 %) et Trois-Rivières (5,5 %), où ce sont majoritairement les plex qui ont fait l'objet de surenchère. Dans le secteur de Gatineau, ce sont plutôt les unifamiliales qui ont été touchées par ce phénomène (7,2 %).

Montréal toujours relativement abordable

La pression accrue sur le marché immobilier a certes fait augmenter de 5 % en moyenne le prix des propriétés à Montréal. Malgré tout, la métropole demeure abordable si on la compare aux autres grandes villes canadiennes. « En comparaison avec Montréal, les propriétés sont 2,3 fois plus chères à Toronto et 2,8 fois plus chères à Vancouver. L'économie va bien là-bas aussi », constate Paul Cardinal.




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