Acheter une propriété à Montréal et y élever sa famille? C'est possible et même très avantageux, veulent démontrer plusieurs établissements de santé, qui se sont associés avec la Ville de Montréal et la Caisse Desjardins du Réseau de la santé pour le prouver.

Danielle Bonneau LA PRESSE

Leur défi commun: retenir leurs employés, qui acquièrent souvent une habitation en banlieue lorsqu'ils fondent une famille, puis changent d'emploi afin d'écourter le temps de transport et passer plus d'heures avec leurs enfants.

«Ces départs créent une instabilité dans les équipes et des frais connexes assez importants y sont associés, constate Rolande Marquès, directrice des ressources humaines au CSSS du Coeur-de-l'Île, qui regroupe l'hôpital Jean-Talon, les CLSC de La Petite-Patrie et de Villeray, ainsi que les Centres d'hébergement Paul-Gouin et Auclair. On veut vraiment prendre soin de nos employés et il faut être imaginatif pour les attirer et les garder.»

Pour connaître les besoins de ses employés en matière d'habitation, la Direction des ressources humaines du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, en collaboration avec la Ville de Montréal et la Caisse Desjardins du Réseau de la santé, a réalisé un sondage au printemps 2010. Un des constats? Beaucoup d'employés ne connaissent pas très bien les divers quartiers de Montréal et ignorent l'existence des programmes d'aide financière de la Ville, que ce soit pour accéder à la propriété ou rénover des logements existants.

«Ils sous-estiment aussi les bénéfices de vivre en ville avec des enfants, ainsi que les coûts réels de l'habitation en banlieue, précise Denise Bélanger, directrice des ressources humaines du CHU Sainte-Justine. Notre défi, c'est d'amener les gens à voir autrement la vie de famille sur l'île. Ils n'auront pas nécessairement une cour, mais ils pourront profiter des parcs et des nombreux services offerts.»

Effet d'entraînement

Dans le cadre d'un projet-pilote, une première campagne d'information a été organisée l'an dernier au CHU Sainte-Justine. L'expérience ayant été concluante, plusieurs autres établissements de la santé emboîtent maintenant le pas. Cette semaine, des kiosques d'information ont été installés et des conférences ont été données dans les établissements du CSSS du Coeur-de-l'Île. La campagne Habiter Montréal, Vivre dans plus grand que soi se poursuivra ce mois-ci au CHU Sainte-Justine, à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, puis dans les hôpitaux du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). En mars, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) se prêtera à son tour à l'exercice.

Pour chacun des établissements, les projets résidentiels neufs et les duplex ou triplex rencontrant les critères du programme d'accession à la propriété, qui se trouvent à un maximum de 30 minutes en transport en commun, ont été clairement identifiés.

«Le choix de propriétés accessibles est plus grand qu'on pense, si l'on tient compte des programmes et des services offerts, constate Danielle Cécile, directrice associée à la Direction de l'habitation de la Ville de Montréal. Et il y a vraiment une grande diversité de types de logements.»

Pour la Ville de Montréal, qui veut garder ses travailleurs qualifiés et ses jeunes familles, une telle campagne d'information constitue un premier pas, révèle Martin E. Wexler, chef de division à la Direction de l'habitation de la Ville de Montréal.

La prochaine cible? Les 28 000 employés de la ville. La campagne Habiter Montréal pourrait ensuite s'étendre aux grandes institutions, comme les universités, et les grandes entreprises privées.