(Kaboul) Les talibans ont appelé vendredi la communauté internationale à envoyer une aide humanitaire d’urgence à l’Afghanistan « sans aucun parti pris politique », de récentes intempéries compliquant encore les conditions de vie des Afghans.

Publié le 7 janvier
Agence France-Presse

Depuis la chute de l’ancien gouvernement afghan soutenu par les États-Unis et leurs alliés mi-août, les pays occidentaux ont coupé le robinet d’aides qui maintenaient le pays à flot et des milliards de dollars d’avoirs afghans sont gelés.

Au bord de la famine

Les Nations unies ont prévenu que l’Afghanistan était au bord d’une des pires catastrophes humanitaires au monde, plus de la moitié des 38 millions d’Afghans risquant d’être touchés par la famine, selon plusieurs ONG internationales.

PHOTO MOHD RASFAN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Kaboul, qui n’avait pas connu de chutes de neige régulières ces dernières années, est recouvert depuis mardi d’un épais manteau blanc qui a, un temps, paralysé la ville.

Alors que plusieurs régions du sud sont touchées par des inondations et que la neige tombe sur une partie du nord et du centre de l’Afghanistan, le vice-premier ministre des talibans a demandé vendredi l’aide de la communauté internationale dans une vidéo.

« En divers endroits en ce moment, les gens n’ont pas de nourriture, de logement, de vêtements chauds ou d’argent », a déclaré Abdul Ghani Baradar dans ce message diffusé par les médias publics.

Cofondateur des talibans, Abdul Ghani Baradar a ajouté que « le monde doit soutenir le peuple afghan sans aucun parti pris politique et s’acquitter de ses obligations humanitaires ».

Selon lui, le mauvais temps a compliqué la « situation déjà délicate » du peuple afghan, même s’il a assuré que les talibans sont prêts à faire face à cette « situation d’urgence ».

« Ne pas oublier nos pauvres gens »

« Nous demandons à la communauté internationale, aux ONG et à tous les pays de ne pas oublier nos pauvres gens », a poursuivi M. Baradar.

Si les talibans ont plusieurs fois demandé le dégel des avoirs bloqués et le retour de l’aide, c’est le premier appel direct à l’aide d’un haut dirigeant face à la crise humanitaire.

Kaboul, qui n’avait pas connu de chutes de neige régulières ces dernières années, est recouvert depuis mardi d’un épais manteau blanc qui a, un temps, paralysé la ville.

Plusieurs grands axes à travers le pays ont été coupés et de fortes précipitations dont des chutes de neige sont encore attendues dans les prochains jours, selon les services météorologiques cités par les médias afghans.

Selon les médias afghans, au moins onze personnes sont décédées depuis le début de la semaine dans des avalanches ou des inondations. De nombreux Afghans n’ont en outre plus les moyens de se chauffer alors que le pays subit de régulières coupures de courant.

Aucun pays n’a encore reconnu le gouvernement taliban et la communauté internationale tente de trouver des moyens de faire parvenir l’aide sans soutenir le régime.

En décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution qui facilite pendant un an l’aide humanitaire à l’Afghanistan, une décision présentée comme « un bon pas » par les talibans.

Les 57 pays de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ont eux promis de mettre en place un fonds de donation et de tenter de débloquer une partie des avoirs du pays.