(Vienne) Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a assuré lundi de sa « fermeté » à l’égard de l’Iran, alors que les médias iraniens ultraconservateurs criaient victoire au lendemain d’un compromis entre les deux parties.

Agence France-Presse

« Depuis le premier jour, j’ai eu une approche ferme et juste avec l’Iran », a déclaré Rafael Grossi devant la presse à Vienne, un journaliste lui demandant s’il n’était pas temps de durcir le ton.

L’arrangement annoncé dimanche donne aux inspecteurs de l’instance onusienne la possibilité de vérifier le matériel de surveillance dans les installations iraniennes relevant de l’accord de 2015.

Ils vont désormais pouvoir se rendre sur place pour changer les disques durs, réparer ou remplacer les caméras si nécessaire… Mais il s’agit uniquement de maintenance et ils ne repartiront pas avec les données.

Depuis février, Téhéran refuse de fournir les images des caméras, mais s’est engagé à les transmettre si les négociations diplomatiques pour sauver l’accord, torpillé en 2018 par le retrait des États-Unis, aboutissent.

La presse iranienne conservatrice se félicitait lundi du fait que l’AIEA n’aura toujours pas accès aux cartes mémoire des caméras, alors que dans le même temps le programme nucléaire iranien monte en puissance.  

« Les yeux grands fermés », titrait ainsi le journal Vatan-é Emrouz, tandis que le quotidien Javan lançait : « L’Iran n’a pas révélé ses secrets à l’agence ».

Interrogé sur l’ampleur de la tâche quand viendra le temps de passer en revue l’ensemble des images, M. Grossi a admis qu’il s’agissait d’une opération « qui n’avait jamais été faite, dans une certaine mesure ».  

Mais « nos équipes techniques en ont la capacité […], sans aucun doute », a-t-il affirmé.  

Il a par ailleurs redit ses inquiétudes concernant quatre sites non déclarés, où des matières nucléaires ont été détectées.

À ce sujet, il espère avoir « une conversation très claire » avec le nouveau gouvernement iranien, à l’occasion de sa prochaine visite à Téhéran prévue pour « très bientôt ».

Le président ultraconservateur Ebrahim Raïssi a succédé au modéré Hassan Rohani, artisan de l’accord nucléaire de 2015, du côté iranien.

Malgré « la ligne dure » de la nouvelle administration sur la question nucléaire, « nous devons aller de l’avant » et « régler ensemble » ces problèmes, a estimé le responsable de l’AIEA.

M. Grossi s’exprimait à l’ouverture de la réunion trimestrielle du Conseil des gouverneurs de l’agence. La menace d’une résolution sanctionnant l’Iran est « a priori » levée, a confié à l’AFP une source diplomatique.