Un an après l’explosion au port de Beyrouth, survenue en pleine crise économique, le Liban est au bord du précipice. La nourriture est hors de prix. Les pannes d’électricité s’intensifient. Les médicaments sont introuvables. Et l’enquête sur l’explosion piétine. De Beyrouth à Montréal, des Libanais en colère sonnent l’alarme. Un dossier de Janie Gosselin

Janie Gosselin
Janie Gosselin La Presse

« Tout le monde est sur le mode survie »

PHOTO MOHAMED AZAKIR, ARCHIVES REUTERS

File d'attente devant une boulangerie de Beyrouth. Les Libanais doivent composer avec des pénuries chroniques de toutes sortes, couplées à une hyperinflation. Plus de la moitié des Libanais vivent maintenant sous le seuil de pauvreté.

À l’hôpital Saint-Georges de Beyrouth, les fenêtres dans les chambres des patients sont toujours placardées, un an après l’explosion au port, raconte Chady Kharrat, résident en médecine. La majorité des ascenseurs de l’établissement ne fonctionnent pas. Les marques laissées par les débris sont un rappel quotidien sur les murs.

« La destruction était inimaginable », raconte l’homme de 24 ans au téléphone.

L’an dernier, La Presse avait rencontré Chady Kharrat dans son logement de Jal el Dib, au nord de Beyrouth, quelques jours après l’explosion de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium entreposées dans le port. Il avait été blessé à un genou, au dos et au front quand l’impact de la déflagration avait détruit une partie de l’hôpital, où il se trouvait ce 4 août 2020.

PHOTO FOURNIE PAR CHADY KHARRAT

Chady Kharrat, résident en médecine, que nous voyons ici administrer un vaccin contre la COVID-19

Un an plus tard, ses blessures physiques sont guéries. Mais les questions sur l’explosion demeurent sans réponse, malgré l’aveu des autorités indiquant que le matériel avait été entreposé dans un hangar du port « sans mesure de précaution » –, provoquant une importante déflagration lorsqu’un incendie s’y était déclenché. Le nitrate d’ammonium semble avoir été entreposé dans le port pendant près de 6 ans, lorsqu’un cargo transportant la matière a dû accoster à Beyrouth. L’enquête sur l’évènement qui a fait plus de 200 morts, 6500 blessés et dévasté plus de la moitié de la capitale n’a toujours donné aucun résultat concret (voir autre texte).

  • L'immense cratère laissé par l'explosion du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth.
La photo a été prise au lendemain de la tragédie.

    PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

    L'immense cratère laissé par l'explosion du 4 août 2020 dans le port de Beyrouth.
La photo a été prise au lendemain de la tragédie.

  • L'onde de choc a tout balayé sur son passage.

    PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

    L'onde de choc a tout balayé sur son passage.

  • Plus de la moitié de la capitale a été dévastée.

    PHOTO PATRICK BAZ, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

    Plus de la moitié de la capitale a été dévastée.

  • Un homme attend des soins devant un hôpital de Beyrouth le soir du drame.

    PHOTO IBRAHIM AMRO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

    Un homme attend des soins devant un hôpital de Beyrouth le soir du drame.

  • La tragédie a fait plus de 200 morts et 6500 blessés.

    PHOTO ANWAR AMRO, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

    La tragédie a fait plus de 200 morts et 6500 blessés.

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Grave crise

L’explosion, conjuguée à la pandémie et à la paralysie politique, a aggravé la crise économique déjà importante depuis octobre 2019, actuellement l’une des plus graves du monde depuis le milieu du XIXsiècle, selon la Banque mondiale.

« La crise actuelle est une tempête parfaite, comme on n’en a jamais vu nulle part, parce qu’on a différents scénarios en même temps : une crise de la dette, une crise du système bancaire, une crise politique », résume au téléphone Simon Neaime, professeur d’économie et de finance à l’Université américaine de Beyrouth.

Il montre du doigt « une combinaison de mauvaises décisions économiques, avec un gouvernement corrompu », des politiques en cours depuis la fin de la guerre civile, au début des années 1990.

Les impacts de la crise se font sentir partout dans la société. Plus de la moitié des Libanais vivent maintenant sous le seuil de pauvreté. Et les anciens nantis sont aujourd’hui les nouveaux pauvres.

PHOTO FOURNIE PAR FADIA KARAM

Fadia Karam

Il faut dépenser de l’argent fou pour avoir juste le minimum. Le pain, l’huile… La viande est inaccessible, inabordable. Tout est extrêmement cher.

Fadia Karam, 65 ans

Autrefois enseignante, Fadia Karam, aujourd’hui retraitée, gagnait bien sa vie. Elle s’inquiète maintenant de voir fondre ses économies, en plus d’être limitée dans l’accès à son argent, les banques ayant plafonné le nombre de retraits autorisés par périodes.

« Jusqu’à maintenant, j’arrive à survivre, mais ce n’est pas suffisant », dit celle dont l’appartement a été endommagé par l’explosion.

« Catastrophique »

La livre libanaise a perdu quelque 90 % de sa valeur par rapport au dollar américain sur le marché « parallèle », régulé selon l’offre et la demande, contrairement au taux officiel. Or, les biens et denrées sont principalement importés. Ils sont donc payés à l’étranger en dollars américains, mais vendus dans la monnaie locale, faisant bondir les prix.

Les Libanais manquent de tout. Le prix des aliments est exorbitant, l’essence se raréfie, les médicaments sont difficiles à trouver.

  • Cohue dans une station-service en banlieue sud de Beyrouth, le 27 juin dernier

    PHOTO HASSAN AMMAR, ASSOCIATED PRESS

    Cohue dans une station-service en banlieue sud de Beyrouth, le 27 juin dernier

  • Des camions bloquent un boulevard dans la ville côtière de Saïda, dans le sud du pays, pour protester contre la pénurie de carburant, le 12 juillet dernier.

    PHOTO MAHMOUD ZAYYAT, AGENCE FRANCE-PRESSE

    Des camions bloquent un boulevard dans la ville côtière de Saïda, dans le sud du pays, pour protester contre la pénurie de carburant, le 12 juillet dernier.

  • Ruée de clients vers une maison de torréfaction à Beyrouth, le 23 juin, à la suite d'une hausse soudaine des prix du café.

    PHOTO HUSSEIN MALLA, ASSOCIATED PRESS

    Ruée de clients vers une maison de torréfaction à Beyrouth, le 23 juin, à la suite d'une hausse soudaine des prix du café.

  • Les pharmacies du pays ont fermé dans le cadre d'une grève nationale, le 9 juillet dernier, pour dénoncer les pénuries de médicaments dans le pays.

    PHOTO IBRAHIM CHALHOUB, AGENCE FRANCE-PRESSE

    Les pharmacies du pays ont fermé dans le cadre d'une grève nationale, le 9 juillet dernier, pour dénoncer les pénuries de médicaments dans le pays.

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Selon l’Observatoire de la crise de l’Université américaine de Beyrouth, le budget d’un ménage consacré à la nourriture s’élève maintenant à cinq fois le salaire minimum. À 675 000 livres libanaises par mois, celui-ci représente officiellement environ 560 dollars canadiens. Avec l’hyperinflation, cette somme vaut maintenant un peu moins de 40 $.

Les pharmacies ont aussi du mal à s’approvisionner.

C’est vraiment catastrophique. Beaucoup de médicaments sont introuvables. Presque tous les gens qui viennent aux urgences avec, disons, des maladies traitables, on leur indique les médicaments à prendre. Ils vont à la pharmacie et ils ne trouvent pas.

Chady Kharrat, médecin résident

Les Libanais font la queue pendant de nombreuses heures pour pouvoir mettre un peu d’essence dans leur voiture, dans un pays où les transports collectifs font défaut.

Déjà fragile, le réseau d’électricité peine à fonctionner en raison des pénuries de carburant, avec des pannes pouvant durer 23 heures par jour.

Les hôpitaux craignent les conséquences s’ils ne peuvent plus alimenter les génératrices. Le syndicat des hôpitaux privés a sonné l’alarme à ce sujet la semaine dernière.

« L’enfer »

« Ce que nous vivons est proche de l’enfer, lance M. Neaime. Nous avons l’hyperinflation, une monnaie qui ne vaut plus rien, les économies qui ont disparu parce que les banques commerciales ont prêté l’argent des Libanais à un gouvernement corrompu. »

La pratique a été comparée par les critiques du gouvernement à une pyramide de Ponzi. Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salamé, fait d’ailleurs face à une enquête sur détournement de fonds publics et évasion fiscale. Il conteste les allégations.

PHOTO HANNAH MCKAY, ARCHIVES REUTERS

Un homme observant, l'an dernier, les dégâts causés par l'explosion dans le port, tout près d'un graffiti : « Mon gouvernement a fait cela »

Le gouvernement libanais a demandé une aide au Fonds monétaire international, qui exige des réformes en échange d’argent.

Or, les réformes sont difficiles à envisager sans la mise en place d’un gouvernement, puisque le premier ministre Hassan Diab a démissionné après l’explosion d’août 2020.

Un nouveau premier ministre, Najib Mikati, a été chargé cette semaine de former un gouvernement, après que son prédécesseur eut jeté l’éponge.

PHOTO MOHAMED AZAKIR, REUTERS

Le premier ministre désigné, Najib Mikati

Chady Kharrat tente de ne pas perdre espoir devant les difficultés, même si le désir de quitter le pays est de plus en plus pressant.

« Nous ne savons pas ce qui va arriver, lance-t-il. Jour après jour, nous perdons notre humanité. Nous devenons seulement des survivants. Tout le monde veut juste avoir sa nourriture, son eau, son essence… Nous nous battons pour les premières nécessités. Tout le monde est sur le mode survie. »

 Avec l’Agence France-Presse et The New York Times

« Nous ne savons toujours pas ce qui s’est passé »

PHOTO AGENCE FRANCE-PRESSE

Affrontement devant la résidence du ministre de l'Intérieur, le 13 juillet : les manifestants accusent le gouvernement de faire traîner l'enquête sur l'explosion du 4 août 2020.

Le 4 août, Melvine Kassab participera à une grande cérémonie à Beyrouth à la mémoire de sa mère, Magida Saadeh Kassab. La femme de 52 ans fait partie des victimes de l’explosion au port de Beyrouth. Elle se trouvait au chevet de sa mère malade à l’hôpital lorsqu’elle a été tuée par les débris projetés dans la déflagration.

« Je ne veux pas que les gens oublient, dit au téléphone la jeune femme de 25 ans. C’est quelque chose qui ne devrait pas être oublié. »

La Presse l’avait rencontrée dans la maison familiale l’an dernier. L’employée en marketing était alors tourmentée par les questions concernant les circonstances de la mort de sa mère, que son père et elle avaient trouvée inerte sur le sol de la chambre de sa grand-mère malade.

PHOTO FOURNIE PAR MELVINE KASSAB

Melvine Kassab avec sa mère Magida Saadeh Kassab,
tuée dans l’explosion

« Nous avons encore le cœur brisé, confie-t-elle. Nous ne savons toujours pas ce qui s’est passé. Et avec notre gouvernement très corrompu, je ne crois pas que l’enquête va mener quelque part. »

Enquête

Le juge d’abord nommé pour l’enquête, Fadi Sawan, a inculpé en décembre le premier ministre Hassan Diab – qui a remis sa démission peu après l’explosion, mais continue de gérer les affaires courantes faute de nouveau gouvernement – et trois anciens ministres pour « négligence et avoir causé des centaines de morts ». Son mandat a été révoqué deux mois plus tard, son impartialité ayant été remise en question puisque sa propriété a subi des dommages dans l’explosion.

Le mois dernier, une cinquantaine d’ONG ont demandé une enquête de l’ONU sur l’explosion.

  • Le 13 juillet dernier, des manifestants brandissent des portraits de proches morts dans l'explosion du 4 août 2020. Ils exigent que les vrais responsables soient jugés et dénoncent l'incurie de la classe politique.

    PHOTO ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

    Le 13 juillet dernier, des manifestants brandissent des portraits de proches morts dans l'explosion du 4 août 2020. Ils exigent que les vrais responsables soient jugés et dénoncent l'incurie de la classe politique.

  • Un Libanais qui a perdu des proches dans l'explosion avait tapissé sa voiture de photos de victimes lors d'une manifestation le 23 juillet à Beyrouth.

    PHOTO BILAL HUSSEIN, ASSOCIATED PRESS

    Un Libanais qui a perdu des proches dans l'explosion avait tapissé sa voiture de photos de victimes lors d'une manifestation le 23 juillet à Beyrouth.

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Le nouveau juge d’instruction chargé de l’enquête, Tarek Bitar, a demandé cet été la levée de l’immunité parlementaire pour les trois anciens ministres, « en vue de les inculper et d’intenter des poursuites pour potentielle intention d’homicide », mais aussi pour « négligence et manquements ».

Le bureau du Parlement et la commission de la justice ont demandé des preuves avant de se prononcer pour déterminer si l’immunité sera levée.

Cette décision a causé la colère et mené à des heurts entre manifestants et policiers.

Scepticisme

La nomination cette semaine d’un nouveau premier ministre chargé de former un gouvernement n’a rien fait pour calmer l’inquiétude. Najib Mikati, un politicien milliardaire, a fait l’objet d’une enquête il y a deux ans pour « enrichissement illicite ».

« Même s’il formait un gouvernement, si [les politiciens] ne sont pas prêts à faire des changements radicaux, ça ne changera pas et ça ne fonctionnera pas », estime Marie-Joëlle Zahar, professeure de sciences politiques à l’Université de Montréal.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Marie-Joëlle Zahar, professeure de sciences politiques à l’Université de Montréal

Ayant elle-même de la famille au Liban, elle suit les évènements de près. Elle aimerait voir les différents pays, dont le Canada, geler les actifs à l’étranger des politiciens libanais, comme pour les dirigeants tunisiens en 2011. « La seule chose qui ferait changer les choses aujourd’hui, c’est de les toucher dans leur sécurité économique », explique-t-elle.

Avec l’Agence France-Presse

En quelques dates

17 octobre 2019

La colère explose après l’annonce d’une nouvelle taxe sur les appels WhatsApp. Début d’un mouvement souvent désigné comme la « révolution ».

7 mars 2020

Pour la première fois, le Liban, qui doit quelque 92 milliards US, fait défaut sur le remboursement de sa dette.

4 août 2020

En début de soirée, une explosion détruit le port de Beyrouth et une partie de la capitale, faisant plus de 200 morts et plus de 6500 blessés.

10 août 2020

Devant les manifestations et les accusations de négligence, le premier ministre Hassan Diab annonce la démission de son gouvernement.

22 octobre 2020

Saad Hariri devient le premier ministre désigné, après que son prédécesseur, Moustapha Abid, eut jeté l’éponge un mois plus tôt.

15 juillet 2021

Après des mois de tractations pour former un gouvernement, Saad Hariri renonce à son tour à son poste. Le 26 juillet, Najib Mikati devient le nouveau premier ministre désigné.

Avec l'Agence France-Presse

Tout quitter et refaire sa vie à Montréal

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Sayde Jabra vivait au Liban lors de l’explosion du 4 août 2020. Elle a déménagé à Montréal au cours de l’année qui a suivi.

« Je n’ai jamais voulu quitter mon pays, confie Sayde Jabra. J’ai vécu là-bas toute ma vie, j’ai bâti ma carrière de zéro, j’y suis devenue la personne que je suis. »

La photographe de 37 ans a quitté le Liban le 22 août 2020 pour refaire sa vie à Montréal, avec son mari, un Libano-Canadien qui a habité une dizaine d’années au Québec dans sa jeunesse, et leurs fils de 9 et 7 ans.

« Quand les choses ont commencé à se détériorer, avec la valeur de l’argent, il n’y avait plus de sécurité chez nous au Liban, donc on avait peur des vols, des kidnappings… raconte-t-elle. On avait pris la décision vers avril, mai [de déménager à Montréal]. Je pleurais tous les jours. Comment je vais quitter mon pays, ma famille, mon travail ? »

L’explosion du 4 août 2020 l’a décidée à partir. Lors de la déflagration, elle se trouvait dans un centre commercial. Des éclats de verre lui ont entaillé la peau. Elle a vu des gens gravement blessés autour d’elle.

Les cauchemars l’ont poursuivie à Montréal.

Elle tenait à commémorer l’explosion, un an plus tard. « Je voulais rassembler la communauté libanaise », dit-elle.

La photographe a apporté une parcelle du Liban dans ses bagages, des images croquées au fil des ans. Le soir du 5 et du 6 août, elle présentera une série de ses photos, au café Chez Téta, sur le Plateau Mont-Royal, où elles doivent être exposées jusqu’au 22 août. Une partie des profits de la vente des photos est destinée à la Beirut Heritage Initiative, une association restaurant les bâtiments historiques, nombreux dans le secteur dévasté par l’explosion.

« Je voulais montrer le côté positif du pays », souligne la femme, qui exposera ses photos de différents paysages et non de la destruction laissée dans le sillage de l’explosion.

D’un port à l’autre

La chanteuse de jazz Randa Ghossoub, établie au Québec depuis plus de 30 ans, tient aussi à se recueillir en solidarité avec le peuple libanais. Le 4 août, à 11 h – heure de Montréal à laquelle l’explosion est survenue à Beyrouth –, elle sera dans l’entrée du port de Montréal pour commémorer l’évènement dans un rassemblement.

Juste le temps de dire à ces gens à Beyrouth que nous pensons à eux, et puis de dénoncer ce silence par rapport à ce crime.

Randa Ghossoub, Québécoise d'origine libanaise

L’activité se veut sans affiliation politique ni religieuse, précise-t-elle.

« C’est vrai que le Liban a fait couler beaucoup d’encre et que les gens en ont ras le bol, mais n’empêche qu’il y a des êtres humains là-bas qui souffrent énormément, qui sont très mal pris », ajoute-t-elle.

Comme plusieurs Libanais interviewés, elle note les drames successifs vécus dans son pays d’origine, petit bout de terre de 6,8 millions d’habitants.

La guerre civile, notamment, de 1975 à 1990, a poussé nombre de Libanais à fuir le pays.

C’est d’ailleurs ce conflit qui a convaincu la belle-famille de Sayde Jabra de s’exiler au Canada à l’époque. Mais même si l’an dernier, elle a elle aussi décidé de partir, comme d’autres parents avant elle craignant l’insécurité, elle garde espoir qu’une nouvelle génération de politiciens reprenne les rênes du pays, offrant une perspective de retour pour elle.

« Nous n’abandonnons jamais. Nous avons vécu beaucoup de choses, mais ça ne nous arrête pas », dit-elle fermement.

78 000

Nombre de personnes d’origine libanaise résidant au Québec, selon le recensement de 2016 de Statistique Canada