(Gaza) La tension reste vive autour de la bande de Gaza, d’où des ballons incendiaires ont été de nouveau lancés mercredi vers Israël, plusieurs heures après des frappes israéliennes sur l’enclave palestinienne en riposte à des lancers similaires.

Mai YAGHI Agence France-Presse

Il s’agit des premières violences depuis la fin de 11 jours de guerre le 21 mai entre l’armée israélienne et le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, un petit territoire paupérisé de quelque deux millions de Palestiniens auquel Israël impose un blocus depuis plus de 15 ans.

Avant l’aube, l’aviation israélienne a ciblé des positions du Hamas dans l’enclave après que de premiers ballons incendiaires eurent été lancés depuis Gaza vers le sud d’Israël limitrophe, en soutien aux Palestiniens de Jérusalem-Est, le secteur palestinien de la Ville sainte occupé par Israël depuis 1967.

Ces ballons ont provoqué une vingtaine d’incendies dans des régions du sud d’Israël, mais n’ont pas fait de victimes.

De nouveau mercredi en fin de journée, les pompiers israéliens ont dit dans un communiqué lutter « contre plusieurs foyers d’incendie autour de la bande de Gaza […] déclenchés par des ballons incendiaires ».

Un porte-parole des pompiers a précisé qu’il s’agissait de nouveaux ballons lancés dans l’après-midi depuis l’enclave.

Les frappes aériennes israéliennes ont visé des sites du Hamas, utilisés notamment pour des « réunions », d’après l’armée. Elles n’ont pas fait de victimes.

« Enjeux sécuritaires »

Les frappes étaient les premières menées par l’État hébreu depuis l’entrée en fonction dimanche d’un nouveau gouvernement mené par l’ex-ministre de la Défense Naftali Bennett, qui a mis fin à 12 ans de pouvoir ininterrompu de Benyamin Nétanyahou.

Selon un communiqué du bureau du premier ministre, M. Bennett a évoqué mercredi avec le chef d’état-major Aviv Kochavi les « enjeux sécuritaires actuels ». Ils « ont discuté des leçons à tirer de l’opération dans la bande de Gaza » en mai.

Pendant cette guerre de 11 jours, 260 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, dont des combattants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 13 morts, dont un soldat, d’après la police et l’armée.

Depuis, les tensions restent vives.

Mercredi, le ministère de la Santé en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël, a rapporté la mort d’une Palestinienne tuée par l’armée israélienne. Celle-ci a affirmé que la femme avait tenté d’attaquer des soldats avec un couteau.

Mardi, une marche de militants nationalistes et de l’extrême droite israélienne à Jérusalem-Est avait fait craindre la reprise des hostilités entre Israël et le Hamas.

Le mouvement islamiste, qui a fait de la défense de Jérusalem son cheval de bataille, ces dernières semaines, avait menacé Israël de représailles si cette marche gagnait notamment le quartier musulman de la Vieille Ville.

Des cris de « Mort aux Arabes [Palestiniens] » ont été scandés pendant la marche qui s’est déroulée dans le calme.

Le conflit de mai avait éclaté le jour où cette marche devait avoir lieu, mais qui avait été finalement repoussée.

En solidarité avec les centaines de Palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est, le Hamas avait lancé un barrage de roquettes vers de grandes villes d’Israël, suscitant une riposte de l’armée qui avait mené des frappes musclées.

Le conflit a cessé à la faveur d’une médiation de l’Égypte voisine.