(Téhéran) La propagation de la COVID-19 repart en flèche en Iran après les congés du Nouvel An persan : les nouvelles contaminations y étaient lundi au plus haut depuis quatre mois et la capitale, Téhéran, est placée en alerte « rouge ».

Agence France-Presse

En 24 heures, 13 890 nouveaux cas ont été recensés dans les centres de dépistage du pays, selon la porte-parole du ministère de la Santé, Sima Sadat Lari.

Selon les autorités, l’Iran, pays du Proche et du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie affronte une « quatrième vague » de COVID-19.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens est à son plus haut depuis le 4 décembre (13 922) et s’approche du pic de 14 051 nouveaux cas confirmés atteint le 28 novembre.

Le pays affronte « l’une des vagues du coronavirus les plus graves », a déclaré le ministre de la Santé, Saïd Namaki.

« Malheureusement, personne ne m’a écouté à propos de (la nécessité de limiter) les voyages (pendant les congés du Nouvel An) et nous faisons maintenant face à de grandes difficultés », a-t-il ajouté selon le site internet de son ministère.  

Selon les chiffres communiqués par Mme Lari, le nombre de décès quotidiens dus au nouveau coronavirus est remonté à 172 lundi, son niveau le plus élevé depuis le 23 décembre.

La ville de Téhéran est maintenant classée « rouge », soit le plus haut niveau sur l’échelle nationale du risque épidémiologique : seules les activités économiques dites essentielles (alimentation, santé…) sont autorisées.

« Première cargaison Covax »

Le niveau d’alerte avait été relevé d’un cran, à orange, le 28 mars dans la capitale, ce qui avait entraîné la fermeture des cinémas et des salles de théâtre.

Les autorités avaient alors fait état d’une hausse alarmante des infections par le « variant anglais » dans cette ville de près de 9 millions d’habitants.

« Il est très préoccupant qu’un patient sur trois atteint de la COVID-19 présente des symptômes aigus » à Téhéran alors même que « de nombreux centres administratifs et commerciaux sont fermés » du fait des vacances de Norouz (le Nouvel An persan), avait ainsi déclaré Aliréza Zali, chargé de la coordination contre l’épidémie dans la province de Téhéran.

Fin mars, Aliréza Raïssi, vice-ministre de la Santé, avait déploré une baisse importante du respect des consignes sanitaires à l’échelle nationale et regretté que la population ait fait peu de cas des recommandations du gouvernement demandant de renoncer à voyager pendant le congé du Nouvel An (du 18 mars au 2 avril).

Les Iraniens ont fêté Norouz le 21 mars. Les deux semaines qui suivent sont habituellement l’occasion de voyages dans le pays et de retrouvailles familiales.

« Depuis un an, les gens se sont lassés et ils ne suivent plus comme il faut les protocoles sanitaire », a déclaré à l’AFP une habitante de Téhéran, femme au foyer.

Face à la maladie, les autorités n’ont jamais imposé de confinement généralisé à sa population de quelque 82 millions d’habitants.

Comme tant d’autres pays, l’Iran compte sur vaccins pour sortir de la crise sanitaire, mais la campagne de vaccination, lancée début février n’avance pas aussi vite que l’auraient souhaité les autorités, qui espèrent lancer rapidement la production d’un ou plusieurs vaccins iraniens actuellement en phase d’essais cliniques.

Dimanche, Kianouche Jahanpour, directeur des relations publiques du ministère de la Santé, a fait part sur Twitter de l’expédition, au départ d’Amsterdam, de « plus de 700 000 doses du vaccin AstraZeneca/Oxford ».

Il s’agit, a-t-il précisé, de la « première cargaison de vaccins via Covax », le programme international qui vise à garantir un accès équitable à 19 vaccins anti-COVID-19 disponibles, et par lequel l’Iran envisage d’acheter « plus de 16,8 millions de doses au total ».

M. Jahanpour n’a pas précisé quand ce stock devait arriver en Iran.

Au total, selon les chiffres officiels iraniens, largement sous-évalués, la COVID-19 a fait 63 332 morts sur 1 945 964 personnes contaminées.