(Gaza) Le président palestinien Mahmoud Abbas veut « faire taire » ses détracteurs pour « rester au pouvoir », a accusé mercredi son rival Mohammed Dahlane, assurant sa détermination à représenter une « nouvelle voie » sans confirmer sa candidature à la présidentielle.

Agence France-Presse

Les Palestiniens sont appelés à voter le 22 mai pour des législatives et le 31 juillet pour une présidentielle, les premiers scrutins en 15 ans dans les Territoires sur fond de divisions fratricides au sein du parti laïc Fatah du président Abbas, qui aura 86 ans à la fin du mois.

Mohammed Dahlane, un frondeur du parti exilé depuis des années aux Émirats arabes unis et qui a l’intention de présenter sa propre liste aux législatives, a accusé mercredi soir le président Abbas, au pouvoir depuis 2005, d’avoir « échoué à faire ce qu’il avait promis ».

PHOTO MOHAMAD TOROKMAN, ARCHIVES REUTERS

Le président Mahmoud Abbas durant une allocution à Ramallah, le 18 août 2020.

« Sous son règne, les divisions se sont renforcées et les conditions de vie des citoyens sont devenues déplorables », a-t-il affirmé dans un rare entretien, à la chaîne saoudienne Al-Arabiya réalisé dans son bureau d’Abou Dhabi, où il agit à titre de conseiller spécial de l’influent cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane (MBZ).

« Tout ce qui préoccupe Abbas c’est de rester au pouvoir, de tourmenter ses opposants et de faire taire toute voix contraire », a-t-il accusé, citant l’exemple de Nasser al-Kidwa, ancien chef de la diplomatie palestinienne, qui a été exclu la semaine dernière du Fatah après avoir notamment critiqué le leadership palestinien.

« Personne ne m’arrêtera, même si c’est quelqu’un d’important », a assuré M. Dahlane, sans annoncer sa candidature à la présidentielle du 31 juillet qui sera déterminée « en temps voulu dans le cadre de son mouvement », mais affirmant vouloir mettre fin aux divisions pour travailler à un « projet national pour le futur ».

« Je n’ai pas arrêté de travailler au service des Palestiniens », a-t-il indiqué, en référence à l’envoi de quelque 60 000 doses de vaccins contre le coronavirus russe Spoutnik V depuis les Émirats arabes unis jusqu’à la bande de Gaza, territoire palestinien dont il est originaire et qui est sous contrôle depuis 2007 des islamistes du Hamas.

« Nous ne sommes pas des alliés du Hamas, mais au moins nous ne sommes pas en conflit avec eux », a ajouté M. Dahlane, dont l’un des membres de son « courant réformiste », Rachid Abou Chbak, est retourné cette semaine dans la bande de Gaza après des années en exil.