(Téhéran) L’Iran a accusé mardi la Corée du Sud de retenir « en otage » sept milliards de dollars US de fonds lui appartenant tout en assurant que la saisie la veille d’un pétrolier sud-coréen par la République islamique n’était pas une mesure de représailles.

Agence France-Presse

Les Gardiens de la Révolution iraniens, armée idéologique du pays, avaient annoncé lundi avoir arraisonné dans les eaux du Golfe un pétrolier battant pavillon sud-coréen qui aurait, selon les autorités iraniennes, enfreint « les lois sur l’environnement marin ».

Séoul demande la libération du navire, le Hankuk Chemi, et de ses 20 hommes d’équipage, et a indiqué qu’un destroyer transportant des membres de son unité de lutte contre le piratage était arrivé dans les eaux proches du détroit d’Ormuz où il « effectue une mission pour garantir la sécurité » des ressortissants sud-coréens.

Parallèlement, le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères, Choi Young-sam, a annoncé qu’une délégation serait « envoyée en Iran le plus tôt possible pour essayer de résoudre le problème lors de négociations bilatérales ».

Le Hankuk Chemi a été saisi sur la base d’une décision de justice après que ce navire-citerne eut « provoqué une pollution pétrolière dans les eaux du golfe Persique », a déclaré le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii lors d’une conférence de presse à Téhéran.

« Nous ne sommes pas des preneurs d’otages », a-t-il ajouté. « Nous avons l’habitude de faire l’objet de telles accusations. Mais […] c’est le gouvernement de Corée qui a pris en otage, sans raison valable, sept milliards de dollars à nous. »

D’après M. Rabii, la Corée du Sud a refusé à l’Iran la possibilité d’utiliser ses fonds « même pour (l’achat de) biens qui ne font pas l’objet de sanctions » de la part des États-Unis.

L’incident autour du Hankuk Chemi constitue la première saisie d’un navire d’envergure par l’Iran depuis plus d’un an.

En juillet 2019, les Gardiens avaient saisi le Stena Impero, un pétrolier suédois battant pavillon britannique que l’Iran avait accusé d’avoir ignoré des appels de détresse et d’avoir éteint son transpondeur après être entré en collision avec un bateau de pêche.  

L’arraisonnement de ce pétrolier était survenu après une annonce de la prolongation de la saisie d’un pétrolier iranien par les autorités de Gibraltar, territoire britannique à l’extrême sud de l’Espagne.

Le Stena Impero avait été libéré après que les autorités de Gibraltar eurent laissé repartir le pétrolier iranien. Téhéran a toujours démenti que les deux affaires étaient liées.