(Istanbul) Trois soldats turcs ont été tués dans le nord-ouest de la Syrie où Ankara et les forces du régime de Damas se font face, a indiqué jeudi le président Recep Tayyip Erdogan, estimant toutefois que la situation prenait une tournure « favorable ».

Agence France-Presse

« Nous avons trois martyrs […] Cependant, les pertes du régime (syrien) sont très lourdes », a déclaré M. Erdogan dans un discours à Ankara.

Peu avant, le ministère turc de la Défense avait fait état de deux soldats turcs tués et deux blessés dans une frappe aérienne dans la province d’Idlib.

En comptant les pertes annoncées jeudi, 20 soldats turcs ont été tués en février dans cette région.

Frappes aériennes russes

Damas, appuyé par des frappes aériennes des forces russes, a renforcé son offensive pour reprendre le dernier bastion rebelle et djihadiste d’Idlib, ce qui a provoqué une crise avec Ankara dont des militaires déployés dans cette région ont été tués par des frappes.

L’offensive déclenchée en décembre par le régime syrien a aussi provoqué une catastrophe humanitaire, avec près d’un million de déplacés coincés dans une étroite bande de territoire à la frontière turque.

Le régime et son allié russe ont mis les bouchées doubles ces dernières semaines et repris plusieurs localités dans la région d’Idlib.

Cependant, les groupes rebelles, dont certains sont appuyés par Ankara, ont contre-attaqué et repris jeudi la ville stratégique de Saraqeb, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Dans une apparente allusion à ce développement, M. Erdogan a estimé jeudi que « la situation prenait une tournure favorable » sur le terrain.

Fahrettin Altun, chef du service de presse de M. Erdogan, a sommé jeudi Damas dans une série de tweets de mettre fin à ses attaques.

Nous avons répliqué et continuerons à le faire. Si ces attaques se poursuivent, nous irons de l’avant avec l’intention d’empêcher le régime de tuer et de déplacer encore plus de personnes.

Fahrettin Altun, chef du service de presse du président turc.

L’offensive a aussi entraîné des tensions entre la Russie, principal allié du régime syrien, et la Turquie qui soutient, elle, plusieurs groupes rebelles dans la région.

Une délégation russe est arrivée mercredi à Ankara pour des discussions visant à trouver une issue. Les négociations se sont poursuivies jeudi.

Le ministère turc des Affaires étrangères a indiqué que la Turquie avait au cours de ces entretiens « souligné la nécessité d’assurer un cessez-le-feu immédiat et discuté des mesures qui pourraient être prises sur le terrain pour atteindre cet objectif ».

Le ministère a également indiqué avoir insisté sur la nécessité d’éviter une catastrophe humanitaire et des déplacements massifs de populations.

Les pourparlers « ont atteint un certain point. La situation deviendra plus claire aujourd’hui ou demain (vendredi). Nous déterminerons notre plan d’action en fonction du résultat », a déclaré jeudi le ministre turc de la Défense Hulusi Akar.

Il a indiqué qu’Ankara demandait notamment l’ouverture de l’espace aérien à Idlib, contrôlé par Moscou, aux drones turcs.

M. Akar a en outre déclaré qu’il aurait un entretien téléphonique avec son homologue américain Mark Esper jeudi soir.

Ces derniers jours, M. Erdogan a plusieurs fois sommé le régime syrien de retirer ses forces d’ici la fin février de certaines zones dans la région d’Idlib, menaçant sinon de recourir à la force.

Mercredi, le président Erdogan a exclu de faire « le moindre pas en arrière » à Idlib.