(Beyrouth) Des combats opposent les forces du régime syrien à des djihadistes et des rebelles dans une ville stratégique du nord-ouest et ses environs, où le pouvoir de Bachar al-Assad poursuit son offensive, a rapporté une ONG.

Agence France-Presse

Les forces gouvernementales sont entrées mercredi soir dans la ville de Saraqeb, à la jonction de deux autoroutes stratégiques dans la province d’Idleb, et les djihadistes ont lancé une contre-offensive pour entraver leur progression, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

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Un nuage de fumée noire s'élevant d'une banlieue d'Idleb après une attaque aérienne syrienne.

La Turquie, qui a des troupes déployées dans le nord-ouest où elle soutient des groupes rebelles, a envoyé dans la nuit de mercredi à jeudi des blindés à Idleb, selon l’OSDH.

« Des combats se déroulent dans la ville de Saraqeb », a indiqué à l’AFP le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Des affrontements opposant les forces gouvernementales aux djihadistes et rebelles se poursuivent aussi sur « plusieurs axes » au nord, à l’ouest et au sud de la ville, d’après l’OSDH.

Les Turcs bombardent-ils l'armée syrienne ?

M. Abdel Rahmane a affirmé à l’AFP que les djihadistes et les rebelles « bénéficient d’un appui de l’artillerie turque », mais Ankara n’a pas évoqué un tel soutien.

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L'armée turque a fait entrer beaucoup de matériel militaire dans la province d'Idleb depuis une semaine, comme ce tank faisant partie d'un convoi qui a traversé la ville de Dana, à 38 km de la ville d'Idleb, le 2 février.

Le commandement de l’armée syrienne a aussi fait état jeudi de l’envoi de blindés turcs dans la région. Les véhicules se sont déployés dans des localités au nord de Saraqeb, notamment Taftanaz et Binnich, « pour protéger les terroristes » et « entraver l’avancée de l’armée », accuse le haut commandement syrien dans un communiqué.

La tension est montée d’un cran ces derniers jours entre Damas et Ankara, culminant lundi avec des combats d’une violence inédite entre soldats syriens et turcs ayant fait une vingtaine de morts dans les deux camps, selon l’OSDH.

Le pouvoir de Bachar al-Assad a lancé en décembre une offensive dans la province d’Idleb et ses environs pour en reprendre le contrôle.

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Une famille de réfugiés syriens dans un camp de fortune près de Biniche, dans la province d'Idleb.

Plus de la moitié de cette province et des secteurs attenants des régions voisines d’Alep, Hama et Lattaquié, sont dominés par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’Al-Qaïda).

Cette région abrite aussi d’autres groupuscules djihadistes et diverses factions rebelles.

Les civils paient le prix

Jeudi encore, six civils ont péri dans des bombardements du régime ou de son allié russe sur des villages à Idleb et Alep, selon l’OSDH.

Entre le 1er décembre et le 2 février, quelque 586 000 personnes ont été déplacées à cause des hostilités, selon un nouveau bilan fourni jeudi par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha).

Le conflit en Syrie a fait plus de 380 000 morts depuis 2011 et jeté sur la route de l’exil des millions de civils.