(Beyrouth) Neuf familles de réfugiés syriens sur dix au Liban vivent dans des conditions d’extrême pauvreté, selon un rapport des Nations unies publié vendredi.  

Agence France-Presse

« La crise économique, la forte inflation, la COVID-19 et enfin l’explosion à Beyrouth ont poussé les communautés vulnérables au Liban, dont les réfugiés syriens, au bord du gouffre », peut-on lire dans le rapport, en référence à une explosion ayant fait début août plus de 200 morts et ravagé une partie de la capitale.  

Le Liban est englué dans sa plus grande crise économique depuis des décennies, avec une dépréciation historique de sa monnaie, une hyperinflation, des licenciements massifs et une pauvreté croissante.

Le pays dit accueillir sur son territoire 1,5 million de Syriens, dont près d’un million inscrits auprès de l’ONU comme réfugiés ayant fui le conflit en Syrie voisine.

Selon le rapport des agences onusiennes pour les réfugiés (HCR) et l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM), 89 % des familles de réfugiés syriens au Liban vivent actuellement dans l’extrême pauvreté, contre 55 % en 2019.  

Les réfugiés syriens vivent désormais avec moins de 309 livres libanaises par personne et par mois, est-il précisé, soit environ 262 dollars canadiens au taux de change officiel, mais autour de 49 dollars canadiens selon le taux actuel du marché noir.  

Le montant moyen de la dette d’une famille de réfugiés syriens a augmenté de 18 %, « l’achat de nourriture » étant la première raison d’accumulation de dettes, toujours selon le rapport qui précise que les prix de la nourriture au Liban ont « presque triplé » depuis octobre 2019.

La moitié des familles étudiées souffre d’insécurité alimentaire, une augmentation de 28 % en un an.  

Les agences onusiennes alertent sur les « stratégies d’adaptation » auxquelles ont recours les familles, dont le mariage précoce des enfants ou leur retrait de l’école pour les envoyer travailler.  

« La situation des réfugiés syriens au Liban se détériore depuis des années, mais les résultats de l’étude […] montrent de façon dramatique combien il est devenu difficile pour eux de survivre », affirme la représentante du HCR au Liban, Mireille Girard.