(Ryad) Un haut responsable saoudien a rejeté mardi les accusations du chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif suggérant que le royaume aurait joué un rôle dans l’assassinat d’un éminent scientifique nucléaire iranien la semaine dernière.

Agence France-Presse

Mohsen Fakhrizadeh a été assassiné vendredi dans une attaque près de Téhéran, attribuée par la République islamique d’Iran à Israël, son ennemi juré. Israël n’a pas officiellement réagi à ces accusations.

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Le scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh

Lundi, Mohammad Javad Zarif a évoqué sur son compte Instagram une « conspiration » en mentionnant une rencontre secrète en Arabie saoudite entre le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane et le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Cette rencontre a eu lieu 22 novembre selon des sources israéliennes mais Riyad l’a démentie. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo se trouvait alors en Arabie saoudite.  

« Les visites précipitées de Pompeo dans la région, une réunion tripartite en Arabie saoudite et les déclarations de Nétanyahou illustrent toutes cette conspiration, qui s’est révélée malheureusement dans un acte terroriste lâche vendredi ayant donné lieu au martyre de l’un des prestigieux responsables du pays », a écrit le ministre iranien.

« Zarif veut à tout prix accuser le royaume de toute chose négative qui se produit en Iran. Va-t-il aussi nous accuser des prochains séismes ou inondations ? », a écrit sur Twitter le ministre d’État saoudien aux Affaires étrangères, Adel al-Jubeir.

« Ce n’est pas la politique de l’Arabie saoudite de se lancer dans des assassinats […] », a-t-il affirmé.

Contrairement à d’autres monarchies arabes du Golfe, le royaume saoudien n’a pas officiellement condamné l’assassinat du scientifique iranien.

L’Arabie saoudite, grand allié des États-Unis, et l’Iran, ennemi de Washington, entretiennent des relations très tendues. Riyad soutient la pression de l’administration de Donald Trump sur l’Iran, accusé malgré ses démentis de chercher à se doter de l’arme nucléaire et soumis à des sanctions américaines.

La rivalité entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite remonte à 1979, année du triomphe de la révolution islamique iranienne.

Les deux pays, dont les relations diplomatiques sont rompues depuis 2016, se sont livré plusieurs guerres par procuration, que ce soit au Liban, au Yémen, en Irak ou en Syrie.