(Téhéran) Les boîtes noires du Boeing ukrainien abattu en janvier au-dessus de Téhéran ont révélé que les pilotes étaient toujours vivants après que l’avion a été touché par le premier des deux missiles, ont déclaré dimanche des responsables iraniens.

Agence France-Presse

Les forces armées iraniennes ont reconnu le 11 janvier avoir abattu « par erreur » trois jours plus tôt le Boeing assurant le vol PS 752 d’Ukraine International Airlines entre Téhéran et Kiev, peu après son décollage de l’aéroport international de Téhéran.

L’enregistreur vocal de la cabine de pilotage a capturé une conversation entre le pilote, le copilote et un instructeur « jusqu’à 19 secondes après que le premier missile a touché l’avion », a indiqué le chef de l’aviation civile de la République islamique, Touraj Dehghani Zanganaeh,  cité par le site de la télévision d’État Iribnews.

« L’instructeur indique que l’avion a un problème électronique et que l’alimentation auxiliaire a été activée », a-t-il ajouté, faisant part pour la première fois des données des boîtes noires extraites par le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) à Paris.

« Les pilotes ont été informés que les deux moteurs de l’avion étaient allumés », a précisé M. Dehghani Zanganaeh.

Les boîtes noires ont cessé de fonctionner 19 secondes après la première frappe. « L’analyse des conséquences du deuxième missile ne peut pas être obtenue à partir des boîtes noires », a affirmé M. Dehghani Zanganaeh.

Selon une source proche des investigations, les déclarations du chef de l’aviation civile iranienne sont cohérentes et ne constituent pas une surprise.

« On ne pouvait rien trouver d’autre », selon cette source pour qui les causes de l’accident [qui a tiré, pourquoi] ne seront jamais connues par l’exploitation des boîtes noires.

Le drame a coûté la vie aux 176 personnes à bord de l’appareil, en majorité des Iraniens et des Canadiens, pour beaucoup binationaux.

Après des passes d’armes diplomatiques entre le Canada et l’Ukraine, qui réclamaient que les boîtes noires soient envoyées à l’étranger pour analyse, le BEA français a indiqué fin juin que l’Iran lui avait officiellement demandé son assistance technique pour réparer et télécharger les données qu’elles contenaient.

Le jour de l’accident, les défenses aériennes de l’Iran étaient en état d’alerte maximale par crainte d’une attaque américaine.

L’Iran s’attendait à une réplique de Washington après avoir attaqué une base utilisée par l’armée américaine en Irak en riposte à l’élimination, dans une frappe américaine à Bagdad, du général Qassem Soleimani, artisan de la stratégie régionale de l’Iran.