(Jérusalem) L’armée israélienne a indiqué lundi avoir déjoué « une tentative d’infiltration d’une cellule terroriste » et ouvert le feu sur des hommes armés, juste après qu’ils ont franchi la frontière nord avec le Liban.

Claire GOUNON
Agence France-Presse

Le Hezbollah, groupe armé libanais pro-iranien, ennemi de l’État hébreu et très influent de l’autre côté de la frontière, a réfuté toute tentative d’incursion.

« Nous avons pu déjouer avec succès une tentative d’infiltration d’une cellule terroriste en Israël », a déclaré à des journalistes le porte-parole de l’armée israélienne Jonathan Conricus, précisant avoir « une confirmation visuelle selon laquelle les terroristes sont retournés au Liban ».

Les faits se sont produits « dans la région du mont Dov », a précisé M. Conricus, en référence à un versant du mont Hermon revendiqué de longue date par le Liban qui nomme le secteur « fermes de Chebaa » et que l’ONU considère comme faisant partie du plateau du Golan syrien, occupé par Israël depuis 1967.

L’armée israélienne a indiqué qu’un groupe de trois à cinq personnes, munies de fusils, avait pénétré de quelques mètres au-delà de la Ligne bleue séparant Israël du Liban et que « les forces de sécurité ont ouvert le feu ».

Dans un communiqué en hébreu, l’armée a dit ignorer si elles avaient été blessées et a précisé qu’il n’y avait pas eu de blessés côté israélien.

« Les forces de l’armée sont en état d’alerte et prêtes à réagir en fonction de la situation », est-il précisé dans ce texte.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a prévenu que « le Hezbollah jouait avec le feu ».

PHOTO PTAL SHAHAROOL, REUTERS

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou

« Le Hezbollah et le gouvernement libanais portent la responsabilité de cet incident et de toute attaque venant du territoire » libanais, a affirmé M. Nétanyahou lors d’une conférence de presse au ministère de la Défense à Tel-Aviv. « Le Hezbollah joue avec le feu, notre réaction sera très forte », a-t-il prévenu.

« Totalement faux »

La chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah a rapporté le retour au calme dans le secteur après « des tirs d’artillerie israéliens qui ont duré une heure ».

« Jusqu’à maintenant la Résistance islamique n’a pris part à aucun accrochage, n’a pas ouvert le feu durant les évènements du jour », a aussi réagi le Hezbollah dans un communiqué.

« Tout ce que les médias ennemis rapportent à propos d’une opération d’infiltration depuis le Liban qui aurait été déjouée […] est totalement faux », a-t-il ajouté.

Des correspondants de l’AFP de chaque côté de la frontière avaient plus tôt rapporté des explosions. L’un deux a rapporté des dizaines de frappes d’artillerie israéliennes dans un secteur des fermes de Chebaa, à proximité d’une position militaire israélienne.

La FINUL, force de maintien de la paix de l’ONU dans le sud du Liban, a appelé à « la plus grande retenue », précisant dans un bref communiqué que les tirs avaient cessé.

Après plusieurs conflits, Israël et le Liban demeurent techniquement en état de guerre et la FINUL est déployée dans le sud du Liban pour faire tampon entre les deux pays.

Cette poussée de fièvre intervient quelques jours après des frappes en Syrie imputées à Israël qui ont tué cinq combattants pro-Iran le 20 juillet. Le lendemain, le Hezbollah annonçait la mort d’un de ses combattants, Ali Kamal Mohsen, dans ces raids.

Poids lourd de la vie politique libanaise, le Hezbollah est militairement impliqué dans le conflit syrien au côté du régime de Bachar al-Assad, tout comme l’Iran, autre ennemi d’Israël.

« Si les Israéliens décident de lancer une guerre, nous allons leur faire face et nous allons répondre », a martelé dimanche dans un entretien télévisé le numéro deux du Hezbollah, Naïm Qassem.

L’armée israélienne avait indiqué la semaine dernière avoir « élevé son niveau de préparation contre diverses actions ennemies potentielles ».

Le dernier grand affrontement entre le Hezbollah et Israël remonte à 2006 et avait fait en un mois plus de 1200 morts côté libanais essentiellement des civils, et 160 côté israélien en majorité des militaires.