(Téhéran) Les autorités sanitaires ont annoncé lundi 162 morts supplémentaires provoqués par la maladie de COVID-19 en Iran, le plus haut nombre de décès quotidiens liés au virus depuis le début de l’épidémie en février.

Agence France-Presse

Le précédent bilan record de 158 morts avait été enregistré début avril dans ce pays le plus touché du Proche et Moyen-Orient.

À plusieurs reprises, les chiffres du gouvernement ont été mis en cause par des experts étrangers ainsi que par certains responsables iraniens qui les soupçonnent d’être largement sous-estimés.

« Cette augmentation est en vérité le reflet de notre action globale, tant en termes de réouverture qu’en termes du respect des protocoles sanitaires », a regretté Sima Sadat Lari, porte-parole du ministère de la Santé, lors de son point-presse quotidien retransmis à la télévision d’État.

Le nouveau bilan de décès quotidien porte à 10 670 le nombre de morts liés au nouveau coronavirus dans le pays, a-t-elle précisé.  

Au cours des dernières 24 heures, 2536 nouveaux cas de contamination ont été recensés, amenant à 225 205 le total des cas confirmés en Iran, a-t-elle ajouté.

Selon les chiffres officiels fournis par les autorités, l’Iran avait enregistré son plus bas bilan journalier début mai avant d’être confronté ces dernières semaines à une nouvelle hausse, faisant craindre une deuxième vague épidémique, ce que les autorités réfutent.

La République islamique n’a jamais imposé de confinement obligatoire à sa population mais a annulé tout évènement public et fermé les commerces non essentiels en mars, avant de lever progressivement les restrictions à partir d’avril pour tenter de ranimer son économie.

D’après Mme Lari, les provinces du Khouzestan, d’Hormozgan, du Kurdistan, de Kermanshah, Bouchehr, l’Azerbaïjan Occidental et Oriental et du Khorassan-é-Razavi sont classées rouge – plus haut niveau de risque selon le code couleur établi par les autorités.

La situation dans celles d’Ilam, du Lorestan et du Golestan reste critique, a-t-elle dit.

L’Iran a décrété samedi que le port du masque sera obligatoire dans « les espaces couverts où il y a des regroupements » à partir du 4 juillet.

Le même jour, le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déploré que les efforts pour freiner la maladie aient « diminué, en ce qui concerne certaines personnes et autorités », avertissant que les problèmes économiques du pays empireraient en cas de propagation non maîtrisée de l’épidémie.

Le rial iranien a ainsi plongé à de nouveaux plus bas face au dollar américain ces derniers jours en raison de la fermeture temporaire de l’économie, de la clôture des frontières et de l’arrêt des exportations non pétrolières, selon des analystes.

Les problèmes économiques de la République islamique se sont aggravés depuis 2018, après le retrait unilatéral de Washington en mai de l’accord sur le nucléaire iranien et la réimposition de sanctions américaines contre Téhéran.